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Combattre la malnutrition chez les patients atteints d’un cancer avancé

  Une bourse d’études du RCR soutient la recherche ciblée pour aider les patients à guérir plus vite  

M. Di Tomasso qui présente des éléments de sa recherche à la conférence de Soins Palliatifs ASCO en 2014. [(c)ASCO -Todd Buchanan]

 Les patients atteints de cancer souffrent du taux de malnutrition le plus élevé parmi les patients hospitalisés. La malnutrition est reliée à de sévères et fréquentes complications dans le cadre du traitement contre le cancer, dont une baisse de qualité de vie et une hausse du taux de mortalité. En tant que récipiendaire inaugural de la bourse Kuok du RCR, le diététiste agréé Jonathan di Tomasso mène présentement des recherches visant à découvrir comment améliorer les soins nutritionnels contre le cancer.

Di Tomasso, un membre de la Clinique de réadaptation du cancer du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), explique que les patients reçoivent présentement du counseling nutritionnel pour aider à combattre leurs symptômes de manque d’appétit, de perte de poids, de fonction diminuée et de fatigue. Toutefois, comme le souligne Di Tomasso, « il n’existe pas d’évaluation systémique du statut nutritionnel des patients. S’il en existait une, on serait en mesure d’intervenir de façon plus efficace et donner des soins aux patients plus rapidement. »

Ses recherches, qui lui permettront d’obtenir une maitrise en Alimentation humaine de l’Université McGill, explorent comment les changements de statut nutritionnel du patient (que l’on mesure à l’aide d’un questionnaire) affectent les résultats de santé, comme la qualité de vie et le taux de survie.

Le questionnaire est une version abrégée de l’Évaluation globale subjective générée par le patient (aPGSGA) recommandée par l’American Dietetic Association et la Société de soins infirmiers oncologiques en cancérologie. Ses recherches se pencheront sur les réponses à l’aPGSGA pour voir comment elles sont liées aux résultats de santé. La plupart des recherches effectuées dans le domaine jusqu’à présent n’ont pas pris en considération l’évolution et le progrès des patients.

Les recherches de Di Tomasso viennent combler une lacune en analysant les données à partir d’un outil d’évaluation déjà utilisé auprès des patients atteints de cancer référés à la Clinique de réadaptation du cancer du CUSM.

« L’alimentation est importante, car si elle se détériore, il en va de même pour la santé et la survie. Au Canada, et même sur le plan international, les professionnels de soins de santé surveillent rarement le statut nutritionnel des patients au fil du temps et son impact sur la qualité de vie et la survie. On peut devenir des chefs de file dans ce domaine. »

Di Tomasso (2eme a gauche, rangée du fond) et l'équipe de Réhabilitation du cancer du CUSM.

Di Tomasso explique que les études démontrent que lorsque des médecins de soins palliatifs demandent aux patients de remplir un questionnaire portant sur leurs symptômes de manque d’appétit par exemple, les patients identifient 10 fois plus d’enjeux de santé et de bien-être qu’uniquement dans le cadre d’une entrevue.

« Profiler les expériences du patient en matière d’alimentation, de rendement et de qualité de vie peut aider les cliniciens à déterminer ce dont les patients ont besoin et concevoir des stratégies visant à distinguer les cas nécessitant une intervention de réadaptation, une intervention médicale, une intervention infirmière ou même une intervention de soins palliatifs », explique Di Tomasso.

Di Tomasso a déjà présenté des trouvailles reliées à ses recherches dans le cadre de quatre conférences, dont le Symposium portant sur l’oncologie et les soins palliatifs de l’American Society of Clinical Oncology. Lorsqu’il aura achevé son diplôme ce printemps, M. Di Tomasso partagera le fruit de ses recherches avec d’autres hôpitaux partenaires du RCR. Il espère également implanter un outil d’évaluation nutritionnelle, similaire à l’aPGSGA, dans le contexte de consultations externes en oncologie d’un bout à l’autre du CUSM.

« J’ai l’intention de saisir de nouvelles occasions d’approfondir mes recherches et devenir une personne-ressource pour aider d’autres professionnels alliés de la santé qui souhaitent mener des recherches visant à améliorer les soins contre le cancer. »

 

 

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