Le Conseil des Gouverneurs de l’Université McGill approuve un plan d’action visant à réduire l’empreinte carbone de ses placements

le 23 avril 2020

Chers membres de la communauté mcgilloise,

Les scientifiques ont prouvé hors de tout doute que les changements climatiques menaçaient sérieusement la vie sur Terre. À titre de plus haute instance dirigeante de l’Université, le Conseil des gouverneurs de McGill reconnaît la gravité de cette menace mondiale et l’urgence d’agir pour aider la société à adopter de nouvelles sources d’énergie.

Sur recommandation du Comité consultatif chargé des questions de responsabilité sociale (CCQRS) – à la suite du rapport adopté par le Conseil en décembre dernier – le Conseil a approuvé, lors de sa réunion du 23 avril 2020, un plan d’action ambitieux visant à réduire considérablement l’empreinte carbone des placements de son fonds de dotation. Cette série de mesures et d’échéanciers vise à accélérer la décarbonisation responsable du Fonds commun de placement de McGill, qui comprend plus de 60 mandats de placement et investissements dans des fonds. Par conséquent, l’Université retirera des investissements dans des sociétés à forte intensité de carbone, notamment dans les entreprises du secteur des énergies fossiles, les producteurs de ciment et d’acier ainsi que les centrales électriques au charbon et au gaz. Cette mesure importante entraînera une réduction de 33 % des émissions de carbone associées au portefeuille d’actions de sociétés cotées du fonds de dotation de l’Université, par rapport à l’indice de référence des actions de sociétés cotées du Fonds commun de placement de McGill. Compte tenu des positions dans le Fonds commun de placement en date du 30 septembre 2019, le plan prévoit une réduction des émissions de carbone de 38 tonnes de CO2 par million de dollars investis annuellement, comparativement à la réduction de 18 tonnes qui résulterait du désinvestissement des entreprises figurant dans le rapport The Carbon Underground 200™. La réduction sera ainsi plus de deux fois supérieure à celle qui résulterait du simple désinvestissement des entreprises citées dans le rapport The Carbon Underground 200™. À titre de comparaison, elle équivaut aux émissions générées par plus de 300 000 vols aller-retour entre Montréal et Toronto, ou à environ quatre fois les émissions produites annuellement par les déplacements en avion effectués par la communauté mcgilloise.

Le plan préconise également une augmentation marquée des investissements à retombées environnementales positives par l’allocation de plus de 75 millions de dollars provenant du Fonds commun de placement de McGill à des fonds axés sur les énergies renouvelables, les technologies propres, les installations écoénergétiques, les immeubles écologiques, la prévention de la pollution et la gestion durable des ressources en eau, ainsi qu’à d’autres fonds à faible empreinte carbone. Ces mesures et objectifs sont le fruit d’une analyse poussée et d’une vérification diligente d’options et de scénarios possibles.

À titre d'instance responsable de la gouvernance d’un établissement d’enseignement supérieur, le Conseil prend très au sérieux son obligation fiduciaire d’assurer une gouvernance et une administration saines des actifs financiers et immobiliers, ainsi que des ressources humaines de l’Université. Le Conseil reconnaît de façon égale le devoir de gérer tout aussi efficacement le Fonds commun de placement de McGill conformément à des principes et pratiques qui atténuent les répercussions négatives de l’activité humaine sur l’environnement. Conformément aux recommandations du CCQRS, l’Université prend les engagements suivants :

  • Réduire l’empreinte carbone du portefeuille d’actions de sociétés cotées du Fonds commun de placement de McGill de 33 % par rapport à l'indice de référence des actions de sociétés cotées du Fonds. Cette mesure donnera lieu à un retrait des investissements dans des sociétés à forte intensité de carbone, notamment les sociétés du secteur des énergies fossiles, les producteurs de ciment et d’acier ainsi que les centrales électriques au charbon et au gaz. La plus grande partie de cette réduction soutenue devrait survenir au cours des deux premières années après la mise en œuvre, et le reste d’ici 2025.
  • Augmenter les investissements à retombées environnementales positives en attribuant plus de 75 millions de dollars à des fonds à faible empreinte carbone et à des fonds qui contribuent à la décarbonisation – investissement représentant 5 % des actifs actuels du Fonds commun de placement de McGill – d’ici 2025. L’Université privilégiera les fonds dont la stratégie de création de valeur intègre des principes de développement durable – notamment des fonds immobiliers, des fonds destinés aux infrastructures et des fonds d’investissement à retombées environnementales positives visés par une décarbonisation importante – et les entreprises qui proposent des solutions aux problèmes causés par les changements climatiques, comme des énergies renouvelables, des technologies propres, des installations écoénergétiques, des constructions écologiques, des moyens de prévention de la pollution et des méthodes de gestion durable des ressources en eau.
  • Proposer une allocation de fonds visant à augmenter les sommes versées dans le fonds d’investissement sans énergie fossile, ainsi qu’un mécanisme de mise en œuvre efficace, d’ici deux ans. Le fonds d’investissement sans énergie fossile a été établi en 2017 avec un apport de 5 millions de dollars.
  • Continuer à augmenter le nombre de gestionnaires de fonds de l’Université qui se sont dotés d’une politique relative aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance ou qui sont signataires des Principes pour l’investissement responsable (PRI) des Nations Unies. Actuellement, 93 % des actifs de l’Université gérés par des gestionnaires de placements répondent à ce critère, comparativement à un peu plus de 70 % en 2016.
  • Proposer des modifications à l’Énoncé de politique de placement, notamment à la section portant sur l’objectif de placement afin qu’elle tienne compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.
  • Présenter un rapport annuel sur l’investissement socialement responsable. À compter du printemps 2021, le Comité des placements présentera au Conseil et au CCQRS un rapport indiquant le pourcentage d’actifs gérés par des gestionnaires qui se sont dotés d’une politique relative aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance ou qui sont signataires de l’initiative Principes pour l’investissement responsable (PRI) des Nations Unies. Le rapport mentionnera également les mesures absolue et relative des émissions de carbone associées au Fonds commun de placement de McGill, l’importance des investissements à retombées environnementales positives, ainsi que d’autres initiatives pertinentes pour les activités d’investissement socialement responsable liées au Fonds commun de placement.
  • Revoir les investissements socialement responsables tous les cinq ans. À compter du printemps 2025, le Conseil déterminera s’il doit ajuster le tir ou déployer d’autres mesures à cet égard, relativement au fonds de dotation de l’Université.
  • Affirmer son rôle de chef de file dans l’évaluation et la promotion des meilleures pratiques en matière d’investissement socialement responsable, en collaboration avec ses homologues du regroupement U15.

Nous vous invitons à consulter le rapport du Comité consultatif chargé des questions de responsabilité sociale en ligne.

L’Université McGill est parfaitement consciente de la responsabilité particulière que doivent endosser les universités pour soutenir les collectivités dans leur transition vers le développement durable. Elles doivent en effet transmettre les connaissances nécessaires à la création d’un avenir meilleur et former des citoyens et des leaders qui ont la capacité et la volonté de mettre ces connaissances en pratique. L’adoption d’un mode d’investissement plus soucieux de l’empreinte carbone s’inscrit dans sa démarche entourant l’atteinte de vastes objectifs relativement aux changements climatiques et au développement durable. Parmi ces objectifs, mentionnons celui de devenir – grâce aux efforts menés par l’ensemble des McGillois – une institution carboneutre d’ici 2040.

Nous souhaitons remercier les membres du CCQRS pour les efforts qu’ils déploient quant à cette question de la plus haute importance. Nous remercions également la communauté mcgilloise qui, par son précieux soutien, amène l’Université à consolider son engagement à l’égard du développement durable, et ce, dans l’ensemble de ses activités.

Cordialement,

Suzanne Fortier, principale et vice-chancelière

Ram Panda, président du Conseil des gouverneurs de l’Université McGill

 

 

 

 

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