Sommet de l’Alliance des leaders

Sommet de l’Alliance des leaders – Mot de la fin

Le 5 mai 2018

Chers amis et McGillois, 

Je vous remercie d’avoir accepté de partager avec nous votre sagesse, votre énergie et votre vision. J’aimerais souligner que certains d’entre vous se sont déplacés d’aussi loin que la Californie, Londres, Genève et même Shanghai.

Je tiens également à remercier nos commanditaires, la Banque Nationale et la Caisse de dépôt et placement du Québec, d’avoir investi dans l’avenir de notre université et de l’ensemble de la collectivité. J’adresse des remerciements particuliers aux étudiants qui ont agi à titre de panélistes, de conférenciers et d’ambassadeurs.

Alors que le sommet de l’Alliance des leaders tire à sa fin, je formule le souhait que chacun de nous puisse nourrir l’enthousiasme, l’esprit de collaboration et les liens que nous avons forgés durant l’événement.

Dans moins de mille jours, McGill aura 200 ans.

Notre université a accompli de grandes choses depuis sa fondation :

  • les contributions fondamentales à la médecine apportées par Sir William Osler, la Dre Maude Abbott et le Dr Wilder Penfield;
  • les travaux de recherche novateurs en physique atomique menés par Sir Ernest Rutherford et le legs intemporel de John Humphrey, auteur de la première ébauche de la Déclaration universelle des droits de l’Homme; et
  • la mise au point du premier traitement efficace dans la lutte mondiale contre le sida.

Et que dire de nos étoiles qui brillent aujourd’hui, notamment :

  • Vicky Kaspi, qui jette un nouvel éclairage sur notre compréhension de l’univers;
  • Isabelle Daunais, qui explore comment le roman illumine notre monde et notre histoire d’une manière tout à fait particulière; et
  • Alan Evans, qui dirige notre programme Un cerveau sain pour une vie saine.

Ces réalisations, parmi des milliers d’autres, donnent à McGill l’élan nécessaire pour se propulser vers son troisième siècle d’existence.

 

Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est que nous sommes tous convaincus que, dans un monde de plus en plus complexe, McGill doit continuer de nourrir de grandes ambitions afin de conserver son rang de chef de file. 

Nous avons la chance d’être situés dans une ville qui rassemble des personnes de toutes les cultures et de tous les continents.

Notre université attire des gens brillants d’ici et des quatre coins du monde :

  • étudiants autochtones, fiers représentants de nombreuses Nations du pays;
  • francophones et anglophones dont les racines familiales en terre québécoise remontent à des centaines d’années;
  • immigrants et leurs enfants;
  • étudiants provenant de plus de 150 pays; et
  • professeurs issus des meilleures universités du monde.

Ces communautés diverses ont un point en commun : leurs membres carburent aux défis.

À McGill, ils sont amenés à penser différemment, à remettre en question leurs présomptions, à explorer de nouveaux horizons du savoir.

À l’aube de notre troisième siècle d’existence, il nous incombe d’appuyer et de nourrir leurs aspirations à faire partie de ces gens qui façonneront le monde de demain.

La mondialisation, les nouvelles technologies et les transformations sociales rapides créent un climat d’incertitude. C’est pourquoi nous devons cultiver les esprits capables de dégager des possibilités de cette incertitude et d’ouvrir la voie à une compréhension plus approfondie de l’humanité, afin de bâtir une société meilleure et de mieux veiller sur la santé de notre planète.

Quatre thèmes se sont cristallisés au cours du présent sommet :

  1. Les possibilités qui ouvrent des portes
  2. La recherche qui change des vies
  3. L’innovation qui engendre le progrès
  4. L’enseignement qui prépare les étudiants pour l’avenir

Alors, comment McGill entend-elle mettre ces quatre grands thèmes au cœur de sa mission?

Voyons d’abord les possibilités qui ouvrent des portes.

De nombreuses personnes sont victimes d’inégalités et d’insécurité. Or, les transformations importantes du monde du travail, provoquées notamment par l’automatisation croissante, menacent de creuser l’écart entre les riches et les pauvres.

J’ai eu le privilège de prendre part à des discussions visant à promouvoir des sociétés inclusives où chaque citoyen peut trouver sa place et s’épanouir, tant dans le cadre du Forum économique mondial qu’à titre de membre du Conseil consultatif en matière de croissance économique du gouvernement du Canada.

L’éducation est toujours l’un des principaux facteurs de mobilité économique et sociale.

À McGill, nous avons appris à contribuer à un monde inclusif en plaçant l’excellence et l’accessibilité au cœur de notre vision, par des initiatives tels le Programme de bourses de la Fondation MasterCard, les Boursiers Loran et notre propre programme de bourses.  

Bâtir une université qui reflète la diversité du monde est l’un de nos grands objectifs à McGill.

Au cours de notre troisième siècle d’existence, nous tenons à ouvrir toutes grandes les portes aux étudiants qui font montre de talent, de détermination et d’ambition, sans égard à leur situation économique et sociale. 

 

Ce qui nous amène à notre deuxième thème : la recherche qui change des vies.

Nous nous posons d’abord la question suivante : « Où la recherche à McGill peut-elle avoir les plus grandes retombées? »

Nous croyons que l’Université peut-être un vecteur de changement social :

  • en transformant la grande quantité d’information que nous détenons sur le cerveau en véritables connaissances nécessaires au traitement de troubles neurologiques;
  • en dénouant l’enjeu complexe de la viabilité environnementale et en créant des moyens pour préserver l’avenir de notre planète;
  • en calibrant le système immunitaire pour qu’il combatte les maladies infectieuses qui ravagent les populations à l’échelle mondiale; et
  • en optimisant la production alimentaire afin de rendre les aliments sains accessibles à tous.

L’ensemble de ces objectifs repose d’abord et avant tout sur la profonde compréhension de l’humain et des sociétés dans lesquelles il évolue. Or, par l’intermédiaire de l’École de politiques publiques Max Bell, nous jetons des ponts entre les scientifiques, les décideurs et les collectivités.

Et l’atteinte de ces objectifs passe par la maîtrise de nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle, pour le bien de la société.

Ces domaines sont fort complexes et requièrent divers champs d’expertise.

Au cours de son troisième siècle d’existence, McGill nouera de nouveaux partenariats de recherche et adoptera de nouvelles démarches collaboratives, multidisciplinaires, communautaires et fondées sur des données probantes, voire des démarches que personne n’a encore envisagées.

C’est seulement de cette façon que nous pouvons veiller à ce que l’excellence de notre recherche serve la société dans toute la mesure du possible.

 

Notre troisième thème est l’innovation qui engendre le progrès.

L’honorable Kevin Lynch, ancien greffier du Conseil privé et ardent promoteur de l’innovation au Canada, a déjà dit : « L’innovation doit se fondre dans chacune de nos activités ».

En effet, l’innovation doit se propager aussi bien dans les milieux universitaires que dans le monde professionnel.

McGill entend promouvoir l’innovation sous toutes ses formes – notamment en inspirant des réflexions audacieuses ou en enseignant aux étudiants à donner vie à leurs idées.

Concrètement, cela se traduit en :

  • soutenant des projets pilotes;
  • allouant des espaces consacrés à l’innovation;
  • procédant à l’agrandissement du Centre Dobson pour l’entrepreneuriat; et en
  • intégrant l’entrepreneuriat social et commercial aux programmes offerts sur nos campus.

Pour stimuler l’innovation, nous devons renforcer nos partenariats avec l’industrie, afin que nos découvertes aient des retombées concrètes.

Il nous faut également faire preuve d’audace – expérimenter des manières de faire encore inexplorées.

L’Institut de science ouverte Tanenbaum illustre bien mon propos. Comme le fait remarquer le Dr Guy Rouleau, directeur de l’Institut neurologique de Montréal, depuis des dizaines d’années, personne n’est parvenu à mettre au point de nouveaux traitements contre des maladies neurologiques courantes, car « nous ne comprenons pas comment fonctionne le cerveau ».

Pour accélérer l’évolution de la science, les chercheurs renoncent à la protection de la propriété intellectuelle afin de rendre leurs données et les résultats de leurs travaux accessibles à tous.

De nouvelles idées audacieuses, des gens brillants qui aiment relever des défis et des partenaires résolument dynamiques : McGill a tout ce qu’il faut pour devenir un haut lieu de l’entrepreneuriat et de l’innovation créatrice.

Au cours de notre troisième siècle d’existence, nous consoliderons notre culture, nos outils et nos partenariats dans le but de dynamiser la capacité de McGill de transformer les idées innovantes en action concrète.

 

Notre quatrième et dernier thème est l’enseignement qui prépare les étudiants pour l’avenir.

Au moment d’entrer dans notre troisième siècle d’existence, la question la plus importante qui se pose à nous est la suivante :

Comment préparer les étudiants à exceller dans un monde où la seule constante est le changement?

Dans le contexte de l’importante transformation qui s’opère sur le marché mondial du travail, ce sont les diplômés de nos universités qui seront appelés à être à la barre.

Ils devront donc être fin prêts à affronter non seulement le monde du travail, mais également l’avenir.

Dans un marché de l’emploi en constante évolution, le travailleur doit posséder des compétences transférables, telles que la culture numérique, une pensée critique, un esprit de collaboration et de l’intelligence émotionnelle. Il en va de même des expériences d’apprentissage intégré au travail, notamment dans le cadre d’études sur le terrain, de stages ou de travail communautaire. 

Par-dessus tout, la préparation des étudiants à l’avenir qui les attend est fondée sur un environnement universitaire interactif et stimulant qui nourrit leur curiosité et leur créativité, les encourageant à approfondir leur exploration – un environnement où ils pourront affiner leurs qualités de meneurs et s’exercer à la prise de risque.

Ce milieu d’enseignement doit les aider à sonder leur grande capacité d’apprentissage, afin de se préparer à un avenir foisonnant de nouvelles possibilités et de nouveaux défis.

Et en cette ère de mondialisation, pour être prêt à affronter l’avenir, on doit être capable de s’adapter à la diversité, de se soumettre à de nouvelles expériences et d’être véritablement à l’écoute, pour ainsi diriger et servir avec empathie et compréhension.

L’acquis le plus important que les étudiants puissent conserver de leur formation à McGill est la confiance – la confiance en leur propre capacité d’apprendre et d’acquérir de nouvelles compétences.

Voilà le chemin qu’entend suivre McGill à ce tournant important de son histoire.

 

Depuis près de deux cents ans, les étudiants et les membres du personnel de McGill travaillent de concert avec les diplômés et autres chefs de file pour le bien de McGill et de la société.

Lorsqu’il est arrivé à McGill, en 1855, le principal Dawson a découvert une série de bâtiments inachevés entourés de vaches broutant de l’herbe. Les membres de la toute nouvelle Association des diplômés de l’Université McGill se sont retroussé les manches pour enjoliver le campus, et des capitaines de l’industrie ont versé les fonds ayant permis la construction d’installations de pointe pour l’enseignement et la recherche.

Puis, lorsque l’Université a ouvert ses portes aux femmes, en 1884, ce même principal Dawson a œuvré main dans la main avec les grands acteurs de la société montréalaise.

Au début de la Première Guerre mondiale, le doyen de la Faculté de médecine a formé une équipe de diplômés, d’étudiants et d’employés de l’Université pour aménager et exploiter l’Hôpital de campagne de l’Université McGill en France.

Voilà la communauté à laquelle nous appartenons tous – une communauté qui a amélioré la vie de millions de personnes.

 

S’il est vrai que nous sommes fiers de notre passé, c’est désormais vers l’avenir que nous sommes tournés.

De retour à mon alma mater à titre de principale, j’ai discuté avec de nombreuses personnes à McGill, et toutes partageaient la même vision : créer une université ouverte, connectée et déterminée. 

Nous entendons bien être à la hauteur de cette ambition : une communauté dont l’excellence répond aux besoins fondamentaux de la société, un milieu représentatif de la diversité du monde, un établissement ouvert au changement et à l’innovation.

Voilà l’objectif que devra poursuivre McGill au cours de son troisième siècle d’existence.

 

Et pour concrétiser cette vision, nous aurons besoin de votre aide.

Nous tous ici réunis avons une occasion sans précédent de façonner McGill et, du même coup, de façonner le monde.

Chacun d’entre nous est un meneur doté d’un réseau et de connaissances solides, que nous pouvons mettre à profit pour aider l’Université à accroître son incidence sur le monde.

McGill a besoin de votre sagesse et de vos précieux conseils pour guider la prochaine génération de dirigeants, orienter les facultés, ouvrir des portes aux étudiants et favoriser l’établissement de partenariats.

Le plus important, c’est que vous fassiez partie de notre équipe, que vous vous fassiez les champions de McGill. 

En réfléchissant à tout ce que nous pouvons accomplir, je me suis souvenue d’un passage d’Enlightenment Now, le dernier ouvrage de Steven Pinker, diplômé de McGill et professeur à l’Université Harvard, qui se lisait comme suit :

« Le monde ne sera jamais parfait, et il serait même néfaste d’y aspirer. Néanmoins, il n’y a pas de limite aux améliorations qu’on peut réaliser si on continue d’appliquer la connaissance à l’épanouissement de l’humanité. »

Ensemble, nous pouvons changer le monde.

Nous pouvons l’aider à s’épanouir.

Ensemble, nous pouvons propulser McGill vers son troisième siècle d’existence.

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