Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), le 26 mars 2019

Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM)
Le rôle des universités dans un monde en profond changement
26 mars 2019

Montreal Council on Foreign Relations (CORIM)
The Role of Universities in a World Undergoing Profound Change
March 26, 2019

 

Bonjour à tous. Merci d’être ici aujourd’hui. Je suis très heureuse d’avoir le privilège de m’adresser à la tribune du CORIM.

Notre dernier échange remonte au printemps 2016 quand j’ai participé à un panel sur la 4e révolution industrielle.

Qu’on l’appelle 4e révolution industrielle ou autrement, il n’y a pas de doute que nous traversons une période de changement rapide et profond, qui se démarque par l’émergence continue de nouvelles technologies de rupture.

On n’a qu’à penser à l’intelligence artificielle, à la chaîne de blocs, à la médecine de précision, aux drones...

These are just a few examples among many others of disruptive technologies that will not only revolutionize global markets, but will also lead to serious challenges for us as a society.

Have we put in place the necessary regulatory and ethical framework to ensure that these technologies are being used for the greater good of society? Or are we already overwhelmed by the impacts that these technologies are having on our everyday lives?

Et pourtant, les avancées scientifiques à la base de ces technologies ne datent pas d’hier. Pensons à la médecine de précision : le projet de génome humain a vu le jour en 1990, il y a près de 30 ans.

Et que dire de l’intelligence artificielle? Nous avons assisté à ses débuts avec le Turing Test d’Alan Turing en 1950.

Nous voyons déjà les impacts de ces avancées technologiques sur le marché du travail.

De plus en plus, les industries se tournent vers l’automatisation.

Les ordinateurs et les robots sont en mesure d’accomplir rapidement des tâches complexes autrefois réservées à l’humain.

D’après une étude menée par le Forum économique mondial, plus de 50 % des entreprises prévoient que d’ici 2022, leurs besoins en matière de main-d’œuvre diminueront.

Pour le moment, seulement 29 % des tâches sont automatisées. D’ici 2022, on prévoit que cette proportion passera à 42 %.

Et même si les prédictions ne vont pas toutes dans le même sens, je crois que nous pouvons nous entendre pour dire que le marché du travail subit et continuera de subir des changements profonds.

À ces transformations majeures se conjuguent de nouveaux défis pour le Québec et le monde entier.

Je mentionnerais entre autres le besoin de repenser nos démocraties dans une société de cultures diversifiées, ou encore les changements climatiques.

Je pense aussi au vieillissement de la population dans certains pays, dont le nôtre.

En 2012, près d’un Canadien sur sept était âgé de 65 ans et plus. D’ici 2030, ce ratio devrait passer à une personne sur quatre.

Pour nos jeunes, les responsabilités et le fardeau sont donc bien réels.

Ils devront assurer la vitalité de l’économie, tout en soutenant la pression que cette population vieillissante aura sur nos infrastructures sociales, en particulier nos services et notre système de santé.

À la lumière de tous ces défis que la société sera appelée à relever, ma préoccupation première est de repenser le rôle des universités.

Comment pouvons-nous, nous, les universités, offrir aux étudiants une expérience d’apprentissage qui les prépare à faire face non seulement aux enjeux d’aujourd’hui, mais également au monde de demain, et à façonner ce monde pour notre bien-être collectif?

As we prepare to celebrate McGill’s 200th anniversary, it is the ideal time to rethink the role of our university, and think about what we want to achieve in our third century.

We consulted with our vast McGill community, and together, we have developed a vision for our future, which is built around four fundamental pillars.

Our first pillar is our commitment to offering our students opportunities that open doors.

We want their time at McGill to serve as a stepping stone towards extraordinary journeys, and to open up a world of possibilities for them – some which they may have never dreamed of!

Nous sommes engagés à accueillir des étudiants talentueux et ambitieux, peu importe leur situation financière, et à leur ouvrir des portes vers l’avenir.

Nous voulons former les leaders de demain, ceux et celles qui souhaitent exercer un impact réel sur le monde.

Le deuxième pilier correspond à la volonté de l’université de soutenir la recherche qui a un impact réel sur le monde du savoir et sur la vie de nos concitoyens.

Des travaux de recherche courageux et audacieux qui explorent les nouvelles frontières du savoir.

Des recherches qui vont au cœur des grands enjeux de la société et qui auront des retombées positives et durables sur le monde.

Le troisième pilier vise à stimuler l’innovation.

Nous voulons créer une culture et un espace au sein desquels nos membres disposent de toute la latitude voulue pour échanger de nouvelles idées et de nouvelles façons de faire.

Nous désirons que notre communauté ose et qu’elle ait le soutien et les outils pour le faire.

Nous veillons à ce que ces idées innovantes aillent au-delà de nos campus.

Nous voulons que ces idées et découvertes se concrétisent et que leurs retombées bénéficient aux entreprises et à la société dans son ensemble.

The fourth and final pillar is to provide students with an education that ensures that they are “future-ready”.

On nous répète que nos diplômés doivent être prêts à intégrer le marché du travail.

Mais dans un monde où le changement est la seule constante, il faut aussi les préparer à un monde que nous ne pouvons même pas imaginer.

Nous devons donc nourrir leur curiosité, leur créativité et leur pensée critique.

Et peut-être, au-delà de tout, nous devons les amener à découvrir leur énorme capacité d’apprendre pour que devant l’inconnu, ils puissent se relever les manches, acquérir de nouvelles compétences et affronter de nouveaux défis.

I met a young woman at the annual Davos WEF meeting who expressed in the best possible way what she expected from her university education: confidence - confidence in her learning capacity so that whatever comes her way, whatever new work challenge is presented to her, she can have the confidence to say “this is not something I have done before but don’t worry, I will figure it out”.

Et cela nous interpelle aussi à s’assurer qu’on offre à ceux qui sont déjà sur le marché du travail des programmes de formation et de perfectionnement bien adaptés à leur situation qui comprend non seulement des responsabilités au travail mais aussi à la maison.

Nous tous, ici présents, avons une responsabilité face à l’avenir.

Nous avons la responsabilité d’offrir aux prochaines générations les ressources, les outils et les tremplins pour qu’ils puissent, à leur tour, devenir les leaders de demain.

Le mois dernier, des amis très chers de notre université ont fait preuve d’une confiance extraordinaire dans les nouvelles générations d’étudiants en faisant un don de 200 millions de dollars afin de créer les toutes nouvelles Bourses McCall MacBain à McGill.

Il ne s’agit pas d’un simple soutien financier offert aux étudiants, mais d’un programme d’envergure qui permettra à notre université d’accueillir des jeunes talentueux et ambitieux et de leur donner tous les outils, l’encadrement et le soutien nécessaires pour faire d’eux les leaders de demain.

Évidemment, très peu d’entre nous avons la capacité de faire une telle contribution mais nous avons tous la possibilité d’offrir aux étudiants diverses expériences enrichissantes telles le mentorat ou un stage dans nos organisations.

Let’s all show our students that we believe in them, in their talent, leadership and engagement and that we know we can count on them to shape the future.

En contrepartie, ils doivent pouvoir compter sur nous.

Merci.

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