Glioblastome : Contrer la résistance aux traitements

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Une nouvelle étude clinique du CUSM laisse entrevoir des résultats prometteurs pour la survie des patients atteints de ce cancer du cerveau particulièrement agressif

Apprendre que l'on est atteint d'une tumeur maligne au cerveau est dévastateur pour les patients comme pour leurs proches. Si certains types de tumeurs répondent bien aux traitements, d'autres, comme les glioblastomes – la forme la plus commune et la plus agressive de tumeur cérébrale – sont connus pour leur caractère récurrent et très envahissant. Pour les patients à qui l'on a diagnostiqué ce type de cancer et qui suivent le traitement standard, la survie médiane est de 16 mois.

À partir de données récentes sur le fonctionnement de la chimiothérapie, une équipe de chercheurs du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a mis au point une nouvelle approche clinique permettant d'accroître l'efficacité du traitement des glioblastomes et porter ainsi le taux de survie des patients à 22 mois – une nouvelle source d'espoir très attendue par tous les patients souffrant de cette maladie particulièrement insidieuse. Les conclusions de la phase II de ces essais cliniques très prometteurs ont été publiées dans l’International Journal of Radiology Oncology.

« Les glioblastomes sont très difficiles à traiter », explique le Dr George Shenouda, radio-oncologue au CUSM et principal auteur de l'étude. « Ces tumeurs progressant et s'étendant rapidement dans le cerveau, il est très difficile de les retirer complètement par voie chirurgicale », ajoute-t-il.

Le traitement classique du glioblastome consiste à éradiquer un maximum de cellules cancéreuses au moyen d'une intervention chirurgicale, puis à supprimer les résidus de la tumeur par une combinaison de radiothérapie et chimiothérapie. Après l'opération, les patients doivent attendre quatre à cinq semaines pour commencer la radiothérapie. Malheureusement, au cours de cette période de convalescence, les cellules cancéreuses restantes continuent de proliférer. Pour compliquer les choses, ces cellules, principalement des cellules souches du cancer, peuvent être plus résistantes à la radiothérapie et à la chimiothérapie.

Grâce à leur nouvelle approche, qui consiste à administrer au patient une chimiothérapie appelée néo-adjuvante, c’est-à-dire avant le traitement par radiation, les chercheurs du CUSM ont freiné la progression de la maladie, augmentant ainsi l'espérance de vie des patients. Plus précisément, utiliser la chimiothérapie néo-adjuvante a permis de bloquer la progression de la tumeur pendant la phase de convalescence.

Après le traitement de chimiothérapie néo-adjuvante, les patients ont suivi une radiothérapie accélérée. « Nous avons pu mieux contrôler la tumeur en administrant globalement la même dose de radiation, mais sur un nombre de séances inférieur et dans des délais réduits. Ce faisant, le traitement a gagné en efficacité et nous pensons qu’il a ciblé les cellules souches responsables de la récurrence du cancer. En outre, le fait de réduire d'un tiers le nombre de séances de radiothérapie est moins lourd pour les patients. Enfin, cette approche représente une économie de coûts considérable », déclare le Dr Shenouda.

D’autres recherches sont nécessaires, mais les résultats obtenus jusqu'ici sont très prometteurs. « Cinquante pour cent des patients de notre étude sont encore en vie deux ans après leur diagnostic - c'est très encourageant et nous sommes très optimistes », conclut le Dr Shenouda.

À propos de l’étude

L’étude A Phase II trial of Neo-adjuvant Temozolomide followed by Hypofractionated Accelerated Radiotherapy with Concurrent and Adjuvant Temozolomide for Patients with Glioblastoma a été publiée dans le International Journal of Radiation Oncology et coécrite par George Shenouda MBBCh, PhD, FRCP, Luis Souhami MD, FASTRO, Kevin Petrecca MD, Scott Owen MD, Valerie Panet-Raymond MD, Marie-Christine Guiot MD, Andrea Gomez Corredor PhD, Bassam Abdulkarim MD PhD.

Provenant des départements de Radiation Oncology, Neurosurgery, Medical Oncology and Pathology, le Centre Universitaire de Santé McGill, l'Institut et hôpital neurologiques de Montréal et le Core Molecular Diagnostic Laboratory, Université McGill, Montréal, Canada. 

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