Evénements indésirables et médicaments pour le diabète

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De vastes études populationnelles sur une catégorie populaire de médicaments utilisés pour traiter le diabète de type 2 n’ont découvert aucun lien avec la pancréatite aiguë, mais un risque accru de développer une maladie du canal cholédoque et de la vésicule biliaire 

 

Les médicaments agissant sur les incrétines pour traiter le diabète de type 2 se sont révélés extrêmement populaires en raison de leur efficacité, sans hypoglycémie associée (un problème avec d’autres catégories de médicaments contre le diabète), et pour leurs effets bénéfiques sur le poids corporel. Bien qu’ils aient été prescrits à des millions de patients au cours de la décennie durant laquelle ils ont été sur le marché, leur profil d’innocuité a fait l’objet de controverses. Deux études dirigées par le docteur Laurent Azoulay, chercheur principal à l’Institut Lady Davis de l’Hôpital général juif et professeur agrégé au Département d’épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail et au Département d’oncologie Gerald Bronfman de l’Université McGill, ont démontré que ces médicaments ne sont pas associés à un risque accru de pancréatite aiguë, mais sont associés à un risque accru de maladie du canal cholédoque et de la vésicule biliaire. Les deux études sont publiées aujourd’hui dans la revue JAMA Internal Medicine.


« Nonobstant cette dernière constatation, l’ensemble des éléments de preuve accumulés à ce jour suggère que les médicaments agissant sur les incrétines sont efficaces et généralement sécuritaires », conclut le docteur Azoulay. « Néanmoins, il est important que les cliniciens et les patients soient bien informés sur les effets indésirables potentiels. Compte tenu du constat relatif à la vésicule biliaire, il serait prudent pour les médecins d’aviser leurs patients de se faire soigner s’ils éprouvent des symptômes comme de la douleur du côté droit. » 


Il existe deux types de médicaments agissant sur les incrétines : l’un sert à bloquer l’enzyme DPP-4 et est administré par voie orale; l’autre est un analogue du peptide GLP-1 et est un produit injectable. Ni l’un ni l’autre n’a été associé à une pancréatite aiguë, une inflammation du pancréas. Cet effet a été étudié sous l’égide du Réseau canadien pour l’étude observationnelle des médicaments (RCEOM) en réponse à une question posée par Santé Canada.


« Les études de dépistage précoce des effets indésirables laissaient croire qu’un tel lien pouvait exister. Le soupçon était crédible parce que ces médicaments agissent directement sur le pancréas et qu’il y avait des préoccupations selon lesquelles ils pourraient être responsables d’une inflammation », a expliqué le docteur Azoulay. « Cependant, notre étude est la plus grande étude jamais réalisée — comportant une cohorte de plus de 1,5 million de patients — pour répondre à cette question et il n’y a aucune preuve démontrant qu’un type ou l’autre de médicament agissant sur les incrétines provoque une pancréatite aiguë. » 


L’étude sur le canal cholédoque et la vésicule biliaire était la première étude populationnelle à examiner la possibilité d’un lien avec les médicaments agissant sur les incrétines. Dans ce cas, il a été démontré que les analogues du GLP-1 entraînaient un risque accru de 79 % — en d’autres termes, près de trois patients de plus sur 1000 présentaient des symptômes par rapport à ceux qui ne prenaient pas ce médicament. L’effet indésirable le plus fréquent était les calculs biliaires qui, bien que traitables, peuvent être très douloureux. Dans leur forme la plus grave, ils peuvent conduire à la nécessité d’une ablation chirurgicale de la vésicule biliaire. 
 

« Les essais cliniques constituent la norme de référence pour déterminer si les médicaments sont efficaces mais, en raison de la taille relativement petite des échantillons et des courtes durées du suivi, ils ne sont pas conçus pour évaluer le risque de la survenue d’événements indésirables rares mais cliniquement importants », a déclaré le docteur Azoulay. « C’est là que des études bien conçues, réalisées dans le monde réel, peuvent fournir des renseignements essentiels sur l’innocuité de certains médicaments. »


Association Between Incretin-Based Drugs and the Risk of Acute Pancreatitis. Laurent Azoulay, Ph. D.; Kristian B. Filion, Ph. D.; Robert W. Platt, Ph. D.; Matthew Dahl, B. Sc.; Colin R. Dormuth, ScD; Kristin K. Clemens, M.D., M. Sc.; Madeleine Durand, M.D., M. Sc.; Nianping Hu, M.D., Ph. D.; David N. Juurlink, M.D., Ph. D.; J. Michael Paterson, M. Sc.; Laura E. Targownik, M.D., MSHS; Tanvir C. Turin, M.D., Ph. D.; Pierre Ernst, M.D., M. Sc.; et les chercheurs du Réseau canadien pour l’étude observationnelle des médicaments (RCEOM). JAMA Intern Med. doi:10.1001/jamainternmed.2016.1522. Publié en ligne le 1er août 2016. 


Cette étude a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada et menée sous l’égide du Réseau canadien pour l’étude observationnelle des médicaments (RCEOM).
Association of Bile Duct and Gallbladder Diseases With the Use of Incretin-Based Drugs in Patients With Type 2 Diabetes Mellitus. Jean-Luc Faillie, M.D., Ph. D.; Oriana H. Yu, M.D., M. Sc.; Hui Yin, M. Sc.; Dominique Hillaire-Buys, M.D., Ph. D.; Alan Barkun, M.D., M. Sc.; et Laurent Azoulay, Ph. D. JAMA Intern Med. doi:10.1001/jamainternmed.2016.1531. Publié en ligne le 1er août 2016.
Cette étude a été financée par une subvention de la fondation des Instituts de recherche en santé du Canada.

 

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