Peptides sur demande : grâce à la nouvelle chimie verte, un chercheur de McGill réalise l’impossible

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Simple et rapide , une «technologie habilitante» à la disposition du monde entier

Le professeur Chao-Jun (C.J.) Li, qui enseigne la chimie à l’Université McGill, est reconnu mondialement comme l’un des pionniers de la chimie verte, une approche scientifique novatrice qui consiste à rejeter les solvants toxiques et les produits pétrochimiques en faveur des substances élémentaires comme l’eau et de nouvelles façons de fabriquer les molécules.

Les avantages d’une approche verte pour l’environnement sont évidents et cruciaux, mais s’écarter des chemins battus peut aussi s’avérer rentable, scientifiquement parlant. Leurs méthodes alternatives ont permis au Pr Li et son entourage de découvrir un moyen absolument inédit de réaliser la synthèse des peptides à l’aide de simples réactifs, un processus impensable en chimie classique. Les conclusions de cette étude para î tront dans l’édition en ligne de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) le 27 février.

Les peptides sont de courts enchaînements oligomériques et polymériques composés de deux acides aminés ou plus. Les protéines – aussi nommées polypeptides – sont des chaînes plus longues de peptides. Bien que les peptides aient un rôle capital à jouer en recherche biologique et protéomique, la chimie classique n’offre pas de moyen facile de les synthétiser, d’où le potentiel considérable de la découverte.

«À l’heure actuelle, pour générer des peptides il faut s’équiper d’un synthétiseur de peptides, une pièce de haute technologie», explique le Pr Li, titulaire de la chaire de recherche du Canada en chimie verte. «Il faut acheter séparément toutes les unités d’acide aminé qui entrent dans la composition du peptide et les faire entrer une à une dans la machine pour qu’elle les assemble. Chaque fois qu’il vous faut un nouveau peptide, vous devez recommencer la synthèse à zéro.»

Par contraste, le nouveau procédé du Pr Li permet au chercheur de construire le «squelette» d’un peptide qu’il pourra, selon ses besoins, transformer en n’importe quel autre peptide en lui ajoutant un simple réactif.

«Si vous voulez fabriquer un peptide, ou 20 ou 100 peptides, vous n’avez qu’à employer chaque fois un réactif différent», explique le Pr Li. «Vingt différents réactifs vous donneront vingt peptides différents.»

Ce genre de découverte serait impensable en chimie classique», affirme-t-il. «Une unité d’acide aminé ressemble énormément à toute autre unité d’acide aminé, et la chimie classique est tout bonnement incapable de les différencier les unes des autres.»

Selon le Pr Li, la nouvelle méthode est de loin meilleur marché que les techniques traditionnelles et, en outre, elle peut servir facilement à tous les laboratoires du monde.

«Il s’agit, sans l’ombre d’un doute, d’une nouvelle technologie habilitante, a-t-il conclu, et comme McGill a décidé de ne pas réclamer de brevet, nous mettons notre méthode à la disposition du monde entier. Nous assumons les frais d’accès à la revue en ligne, afin que n’importe qui, n’importe où, puisse prendre connaissance de notre communication.»

À PROPOS DE L’UNIVERSITÉ McGILL

Chef de file des institutions postsecondaires canadiennes, l’Université McGill a été fondée à Montréal, au Québec, en 1821. McGill compte deux campus, 11 facultés, 10écoles professionnelles, 300 programmes d’études et au-delà de 34 000 étudiants, originaires de 160 pays. Près de la moitié de ses étudiants ont une langue maternelle autre que l’anglais – dont 6 000 francophones – et les 6200 étudiants étrangers composent près de 20 pour cent de sa population étudiante.

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