Un chercheur de McGill en quête d'une cure pour une maladie parasitaire défigurante

News

De nouveaux résultats pourraient mener à un traitement ciblé et moins toxique pour le redoutable parasite Leishmania

Manger au restaurant est une activité banale dans les pays développés. Mais pour Louisette Pouliot, une travailleuse humanitaire canadienne, le simple fait de prendre une bouchée dans un restaurant extérieur d’Ouagadougou, capitale du Burkina Faso en Afrique, a eu d’importantes répercussions sur sa vie et sa santé.

«J’étais à Ouagadougou à l’automne 2006 et je mangeais sur la terrasse des restaurants sans avoir d’insecticide sur moi, se rappelle-t-elle. Et je me suis assise au moins une fois à proximité d’une piscine qui contenait probablement de l’eau contaminée.»

Quand M me Pouliot est rentrée à Montréal, au Québec, en 2007, elle a découvert qu’elle avait contracté la leishmaniose, une maladie parasitaire dévastatrice, défigurante et potentiellement mortelle qui est transmise par les insectes. Les quatre lésions de trois centimètres de long qui étaient apparues sur ses jambes ont résisté à un premier traitement médicamenteux oral prescrit par le Centre des maladies tropicales de l’Université McGill. Elle a finalement dû se faire injecter un puissant médicament chimiothérapeutique pendant 30jours d’affilée pour venir à bout de l’infection.

«Les effets secondaires du médicament étaient affreux, dit-elle. J’étais tellement courbaturée que je marchais comme une petite vieille.»

La leishmaniose est endémique en Afrique et dans d’autres régions du monde en développement. Comme tant d’autres maladies tropicales négligées, elle est difficile à traiter. Selon Armando Jardim, Ph.D., de l’Institut de parasitologie de l’Université McGill, il n’y a que quelques médicaments efficaces et ils ont des effets secondaires graves. Enoutre, on s’interroge sur leur efficacité future.

«Les médicaments eux-mêmes sont extrêmement toxiques, explique M. Jardim. Danscertaines parties du monde, on commence à observer une résistance aux médicaments. Il est donc urgent de trouver de nouvelles catégories de molécules pour traiter la leishmaniose.»

M. Jardim et un groupe de collègues de l’Université McGill et de l’Université de Victoria en Colombie-Britannique sont sur la piste d’une toute nouvelle approche dans le traitement de la leishmaniose et des maladies connexes comme la maladie du sommeil et la maladie de Chagas, selon une étude publiée dans le Journal of Biological Chemistry . Ils ciblent plus particulièrement un petit peroxysome – ou une organelle – à l’intérieur du parasite qui porte le nom de glycosome et que M. Jardim décrit comme«un petit sac contenant des protéines et des enzymes absolument essentielles à la survie du parasite».

«Nous croyons qu’une machinerie moléculaire intervient dans l’identification des protéines qui doivent spécifiquement entrer dans cette organelle, poursuit-il. Il doit y avoir une barrière qui s’ouvre pour permettre la pénétration sélective des protéines dans le glycosome. À long terme, notre hypothèse est que si nous arrivons à bloquer cette pénétration, le manque de protéines sera fatal pour le parasite. Pour l’instant, nous essayons de connaître la forme de cette barrière, de comprendre comment elle s’ouvre et se ferme et de voir s’il est possible d’empêcher l’entrée des protéines à l’aide de petites molécules ou de composés s’apparentant à des médicaments.»

M. Jardim rappelle toutefois que cette recherche se trouve encore à un stade embryonnaire et que les médicaments candidats aux essais n’ont pas encore été sélectionnés. Il croit néanmoins que si de nouveaux traitements sont mis au point, ils auront beaucoup moins d’effets secondaires que les médicaments actuels.

«Étant donné que l’organelle que nous visons ne se retrouve pas dans les cellules mammaliennes, nous croyons qu’un médicament qui cible précisément l’assemblage du glycosome sera peu toxique pour l’hôte.»

Pour M me Pouliot, plus vite il y aura de nouveaux traitements et mieux ce sera. «J’ai vu des lésions causées par la leishmaniose sur les jambes d’écoliers au Burkina Faso, dit-elle. Certains des adultes que j’ai rencontrés en étaient aussi atteints, dont notre chauffeur. Un autre travailleur humanitaire l’a attrapé comme moi. La maladie est partout là-bas.»

À PROPOS DE L’UNIVERSITÉ McGILL

Fondée à Montréal, au Québec, en 1821, l’Université McGill se classe comme chef de file parmi les universités canadiennes. McGill compte deux campus, 11facultés, 10écoles professionnelles, 300programmes d’études et au-delà de 33000étudiants, originaires de 160pays. L’Université accueille au-delà de 6200étudiants étrangers, qui composent près de 20pour cent de sa population étudiante. Près de la moitié de ses étudiants ont une langue maternelle autre que l’anglais – dont 6000francophones.

Contact Information

Contact: 
Mark Shainblum
Organization: 
Service des relations avec les médias
Email: 
mark.shainblum [at] mcgill.ca
Office Phone: 
514 398-2189