Lutte contre l'obésité : pourquoi les régimes ne suffisent pas

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Des experts discutent à l'Université McGill des façons de résister à la surconsommation

L'obésité est une épidémie : plus de 47,9 pour cent des Canadiens affichent un surplus de poids et 15 pour cent d'entre eux sont obèses. Pour combattre cette épidémie, les régimes et l'exercice ne suffisent pas. Il nous faut mieux comprendre comment le cerveau et le corps répondent à la nourriture. Des neuroscientifiques, des psychologues ainsi que des experts en marketing et en santé figurent parmi les experts qui ont discuté des réponses satisfaisantes à la nourriture et des moyens permettant de résister à la surconsommation lors d'une conférence de presse qui se tenait à l'Université McGill aujourd'hui.

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Dr David Ludwig, directeur, Programme de recherche sur l'obésité de l'Hôpital pour enfants de Boston et professeur agrégé en pédiatrie à l'École de médecine de l'Université Harvard, a discuté du lien entre les aliments hypercaloriques, la surconsommation et le poids corporel. Il a expliqué que le fait de combiner une alimentation hypercalorique à un faible taux de réponses satisfaisantes à la nourriture peut s'avérer dangereux.

Pr Antoine Bechara, du Département de neurologie de l'Université de l'Iowa, a décrit la réaction du cerveau à la consommation d'aliments hypercaloriques et les défis liés au fait de devoir faire appel à la raison afin de contrôler les impulsions à cet égard.

Pre Janet Polivy, du Département de psychologie et de psychiatrie de l'Université de Toronto, a laissé entendre que ceux ayant le plus de difficulté à contrôler leur tendance à consommer des aliments hypercaloriques en trop grande quantité sont ceux-là mêmes qui ont recours à la raison lorsque appelés à contrôler ce qu'ils mangent.

Mme Laurette Dubé, de la Faculté de gestion de l'Université McGill, a discuté de la satisfaction dans l'alimentation et de ses bienfaits potentiels dans la lutte contre l'obésité, lesquels demeurent méconnus. Elle a souligné que la consommation d'aliments sains et satisfaisants peut constituer un moyen de contrer la surconsommation. La Pre Dubé est l'organisatrice de la conférence Energy is Delight qui se tient à l'Université McGill du 6 au 8 avril et au cours de laquelle des experts sont invités à discuter des solutions en réponse à l'épidémie d'obésité qui sévit actuellement. Parmi les participants à la conférence, mentionnons des professionnels de la science et de la santé, des dirigeants gouvernementaux ainsi que des chefs de file du milieu des affaires.

Dr Marquis Fortin, médecin et professeur à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal, s'est entretenu de la nécessité d'apporter un changement aux pratiques des professionnels de la santé afin de promouvoir l'adoption d'habitudes alimentaires quotidiennes à la fois saines et satisfaisantes.

Pre Deborah Buszard, doyenne de la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'environnement de l'Université McGill, a décrit les changements à apporter dans les domaines de l'agriculture et de l'alimentation dans le but de produire des aliments hypocaloriques et satisfaisants.

Pre Diane Finegood, directrice scientifique de l'IRSC-INMD, a abordé les modifications à faire dans le secteur de la recherche afin de favoriser une alimentation qui soit plus saine.

Pr Karl Moore, de la Faculté de gestion de l'Université McGill, a fait part des données issues de sa recherche portant sur la façon dont les entreprises alimentaires les plus importantes offrent désormais aux Canadiens des choix davantage axés sur la santé. Dans son propos, le Pr Moore a mis l'accent sur les moyens que prennent les entreprises pour reformuler des produits, proposer un choix plus varié et adopter de nouvelles approches en matière de marketing. Parmi les exemples de modèles à suivre, il a souligné le Programme Seasons 52 mis en place par l'Institut américain de recherche sur le cancer qui vise à modifier les habitudes alimentaires des Américains ainsi que Weight of the World Challenge de la société CBC.