Les antidépresseurs peuvent réduire le risque de cancer colorectal

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Des chercheurs de l'Université McGill ont confirmé, pour la première fois chez l'humain, que la prise d'inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (ISRS) - les antidépresseurs les plus prescrits - peut réduire le risque de tumeurs colorectales.

Près de 10 000 sujets ont pris part à l'étude menée auprès de résidents de la Saskatchewan ayant reçu un diagnostic de cancer colorectal cancer entre le 1er janvier 1981 et le 31 décembre 2000. Les données recueillies indiquent que la prise d'ISRS, avant qu'un diagnostic de cancer colorectal n'ait été posé, peut réduire le risque de développer la maladie, et ce, fort probablement en limitant la croissance des tumeurs. Jean-Paul Collet et Stan Shapiro, professeurs au Département d'épidémiologie, biostatistique et santé au travail de la Faculté de médecine, et Wanning Xu et Hani Tamim, étudiants aux cycles supérieurs de l'Université McGill, sont les auteurs de cette étude devant paraître dans le numéro d'avril du Lancet Oncology Journal, qui sera disponible en ligne à compter du 8 mars.

« Chez les sujets qui prennent des ISRS, le risque de développer un cancer ne représente que 70 pour cent du risque auquel sont exposés les sujets qui n'en prennent pas », a indiqué le Dr Collet. Le chercheur a ajouté que les données recueillies démontrent que la fréquence et la quantité d'ISRS pris ont également une incidence sur les effets positifs qui y sont associés. « Nous constatons qu'il y a une courbe dose-effet. C'est-à-dire que l'ampleur de l'effet protecteur dépend de la quantité de médicament prise », a-t-il souligné.

Les inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine sont les médicaments les plus souvent prescrits dans le traitement de la dépression. L'étude n'en recommande pas l'utilisation dans la prévention de la survenue du cancer colorectal.

Selon le Dr Collet, les constatations qui se dégagent de l'étude seront principalement utiles dans la poursuite de la recherche sur le mécanisme d'action des médicaments. « Les résultats obtenus sont importants parce qu'ils viennent confirmer chez l'humain des observations déjà recueillies chez l'animal et qu'ils fournissent des arguments solides en faveur de la poursuite de notre recherche », a-t-il indiqué.

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