Soigner les mauvais souvenirs, préserver les bons

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Un chercheur de l'Université McGill, réputé pour ses travaux destinés à extraire et à enrayer les souvenirs traumatiques, a conclu que les images les plus difficiles à supporter retenues par le cerveau peuvent être dissociées de souvenirs moins traumatisants associés à une expérience spécifique.

De concert avec ses collègues de l'Université de New York et de l'Université Paris-Sud, Karim Nader, professeur de psychologie de l'Université McGill, a découvert que le traitement destiné à réduire l'intensité de souvenirs douloureux souvent associés au syndrome de stress post-traumatique (SSPT), peut effacer les images sources d'anxiété et ainsi atténuer leur intensité, sans toutefois avoir une incidence sur les souvenirs indirects servant à façonner le contexte entourant l'événement en question. Les découvertes des chercheurs sont publiées dans le numéro de cette semaine du Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

« Si vous amenez un patient souffrant d'un SSPT à réfléchir au traumatisme dont il est victime, il s'en souviendra, mais il est également possible qu'il pense indirectement à sa mère ou à ses amis. Il n'est pas souhaitable que nos interventions aient à la fois une incidence sur les souvenirs directement associés à un choc et sur ceux dont on se rappelle indirectement », a mentionné le Pr Nader.

Le groupe de chercheurs a mené des expériences sur des rats conditionnés à associer certaines expériences à un traumatisme, qui était, dans ce cas, un conditionnement pavlovien à la peur, par le biais duquel les animaux recevaient un choc à la patte. Les conclusions recueillies donnent à penser que la réactivation de souvenirs entraîne des changements à l'égard de leur contenu, plutôt que des changements systématiques sur ces derniers et les données qui y sont liées. Les résultats expliquent pourquoi, chaque fois qu'un souvenir est extrait et mis à jour, l'ensemble du contexte associatif n'est pas modifié.

Auparavant, le Pr Nader s'est penché sur l'extraction de souvenirs douloureux et sur la façon dont les médicaments inhibiteurs de la protéogenèse qui bâtit les neurones à mémoire fixe peuvent réduire l'intensité du traumatisme. Ce processus a été décrit en 2000 dans le journal Nature et a inspiré le scénario du film Eternal Sunshine of the Spotless Mind, en 2004.

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