« Shared Spaces » brise la barrière du temps et fait le pont entre les continents

News

Le projet permet une interaction en temps réel malgré la distance. L'équipe de McGill se joint à Bill Gates et aux experts en superordinateurs lors de l'événement Supercomputing 2005.

Que ce soit dans les Jetsons ou dans Back to the Future, la vidéoconférence a toujours fait partie intégrante de la façon dont on imagine le monde de l'avenir. Toutefois, ce rêve de pouvoir interagir en direct avec des interlocuteurs par le biais d'un écran est demeuré jusqu'ici hors de notre portée, tout au plus une expérience artificielle restreinte par les limites de la technologie. Mais voilà que tout cela est sur le point de changer.

Comme le souligne le directeur des Services multimédia pédagogiques de l'Université McGill, monsieur John Roston, « La vidéoconférence moderne n'est pas encore tout à fait au point puisqu'elle ne permet pas aux interlocuteurs de s'interrompre et d'interagir de la même façon que dans la vie courante. Nous nous sommes donné comme objectif de changer cette réalité. »

« Notre technologie comprend un méga écran panoramique à haute définition qui permet de voir les interlocuteurs grandeur nature et qui donne l'impression qu'ils sont tous dans une même pièce divisée seulement par une fenêtre », d'ajouter le professeur Jeremy Cooperstock du Département de génie électrique et informatique.

Messieurs Roston et Cooperstock, tous deux membres du Centre de recherche interdisciplinaire en musique médias et technologie, estiment que cette nouvelle technologie pourrait s'avérer très utile dans les secteurs des affaires, de l'éducation et des soins de la santé, ainsi que dans plusieurs autres domaines. Ils sont à l'avant-garde d'une communauté de chercheurs qui sont déterminés à changer le contexte actuel de la vidéoconférence en permettant aux utilisateurs dans des villes différentes d'avoir l'impression qu'ils se trouvent ensemble dans la même pièce.

Pour démontrer l'ampleur de leur technologie, John Roston et son collègue Jeremy Cooperstock ont demandé au chef d'orchestre de jazz Gordon Foote d'enseigner à ses étudiants en musique de McGill depuis Seattle. Monsieur Foote dirigera leurs prestations en temps réel comme s'ils se produisaient tous dans la même salle de concert.

Cet événement se déroulera lors du Défi bande passante 2005, une compétition annuelle réservée à l'élite du monde des sciences où neuf équipes composées des meilleurs chercheurs du monde présentent des façons exceptionnelles d'utiliser de nouvelles technologies. Cette année, la compétition se tiendra à Seattle dans le cadre de Supercomputing 2005 où les experts du monde académique et de l'industrie, dont Bill Gates, se rassembleront pour discuter des ordinateurs à haut rendement et du réseautage.

La technologie Shared Spaces offre une vue panoramique sur trois méga écrans au plasma de 1,62 mètre (65 pouces). L'auditoire de Seattle pourra voir tous les musiciens à la fois et les regarder suivre la baguette de leur chef d'orchestre sans que l'on ne doive bouger ou manœuvrer la caméra pour obtenir un angle panoramique.

La percée de l'équipe de McGill dans le domaine de la vidéoconférence découle de sa capacité de réduire la latence, phénomène qu'on appelle aussi la friction Internet, à des niveaux imperceptibles. Ceci signifie qu'un son ou un mouvement à Seattle peut s'entendre ou se voir à Montréal sans délai perceptible, permettant ainsi aux interlocuteurs de communiquer entre eux avec les mêmes gestes, la même élocution et le même langage corporel que dans la vie courante.

À Seattle, l'équipe alliera ses techniques à faible latence à un volume considérable de bande passante afin de produire un véritable concert en direct. L'expérience sensorielle de l'auditoire culminera lors d'un spectacle enrichi d'une ambiophonie incomparable ainsi que de toute une gamme de détails visuels rendus possibles grâce à la haute définition.

Alors que les utilisateurs de l'Internet haute vitesse à domicile reçoivent généralement trois mégabits de données par seconde, les équipes à Seattle bénéficieront de vitesses de transfert des milliers de fois plus grandes. L'équipe de McGill sera en mesure de transmettre à une vitesse allant jusqu'à cinq gigabits par seconde grâce à un réseau de fibre optique pouvant véhiculer de l'information à une vitesse approchant celle de la lumière.

Shared Spaces n'est qu'une des nombreuses technologies utilisées par le Groupe de recherche en ultra-vidéoconférence de McGill. Le groupe s'appuie sur des experts œuvrant dans diverses disciplines qui utilisent la technologie pour comprendre et rehausser l'expérience humaine. Parmi les projets menés par le groupe, on retrouve une caméra vidéo sous-marine en direct à haute définition et l'interprétation du langage gestuel pour les sourds à distance.

L'équipe de McGill sera en compétition à Seattle le mardi 15 novembre 2005 de 17h00 à 18h00 (HNP). Vous la trouverez au kiosque 6017. Pour en savoir davantage sur sa technologie, visitez le site web.