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Réduire la pénurie d’eau dès 2050

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L’amélioration du recyclage de l’eau et des techniques d’irrigation parmi six stratégies clés pour atténuer la pénurie hydrique
Publié: 29aoû2014

Les techniques d’irrigation, les habitudes industrielles et résidentielles et le changement climatique sont en cause. Si le problème peut nous paraître insurmontable, ce n’est toutefois pas ainsi que le perçoivent deux chercheurs des universités McGill et Utrecht. Ces derniers croient qu’il faudrait un peu plus de 35 ans pour réduire considérablement la pénurie d’eau.

Dans un article qu’ils ont fait paraître dans Nature Geoscience, les chercheurs ont présenté des stratégies dans six domaines clés. Selon eux, en combinant ces dernières dans diverses régions du monde, il est possible de réduire le stress hydrique de façon considérable. (Le stress hydrique est présent dans les secteurs où plus de 40 pour cent de la réserve en eau utile des rivières n’est pas disponible parce qu’elle est déjà utilisée. Dans le monde, environ un tiers de la population est confronté à cette situation, laquelle touchera la moitié de la planète d’ici la fin du siècle si le modèle actuel d’utilisation de l’eau est maintenu.)

La réduction du stress hydrique passe par des mesures concrètes, comme la création de réservoirs et l’accroissement d’opérations de dessalement de l’eau de mer. Des mesures progressives ont également été présentées. Celles-ci mettent davantage l’accent sur la réduction des besoins en eau plutôt que sur l’augmentation de l’approvisionnement, grâce notamment à un effort collectif et à la mise sur pied de politiques, alliant efficacité technologique et préservation de l’environnement. Selon les chercheurs, malgré la présence de facteurs économiques, culturels et sociaux risquant de compliquer le déploiement de mesures progressives telles que la régulation démographique, ces dernières sont plus susceptibles de permettre l’atteinte d’objectifs relativement à la réduction du stress hydrique.

(Les six stratégies clés sont décrites de manière détaillée ci-dessous.)

« Il n’existe pas de solution magique qui permette de régler le problème à l’échelle mondiale », précise Tom Gleeson, professeur du Département de génie civil de l’Université McGill et auteur de l’article. « Toutefois, en étudiant le problème dans une perspective planétaire, on constate qu’en instaurant quatre des six stratégies à la fois, il est possible de stabiliser le nombre d’individus confrontés au problème du stress hydrique, plutôt que d’assister tout simplement à leur augmentation; ce qui se produira d’ailleurs si rien n’est fait. »

« D’ici 2050, il est possible de réduire la taille des populations touchées par le stress hydrique », ajoute Yoshihide Wada, professeur au Département de géographie physique à l’Université d’Utrecht. « Pour ce faire, il faut cependant que des efforts stratégiques soient déployés. »

Stratégies visant à réduire le stress hydrique

Mesures progressives 

1. Amélioration de la productivité des eaux agricoles dans les bassins soumis au stress hydrique, où l’irrigation est omniprésente. Notamment, de nouveaux cultivars et des nutriments à efficacité accrue permettront de réduire le stress hydrique de deux pour cent d’ici 2050. Parmi les préoccupations soulevées, mentionnons l’impact de la modification génétique et de l’eutrophisation.

2. Amélioration du rendement de l’irrigation dans les bassins agricoles irrigués, notamment en remplaçant l’irrigation par submersion par l’utilisation de pulvérisateurs ou de dispositifs à perfusion. En revanche, les frais d’investissement sont élevés et on risque d’assister à la salinisation du sol.  

3. Réduction de la consommation d’eau résidentielle et industrielle, notamment en diminuant les fuites d’eau d’infrastructures hydrauliques et en optimisant les installations vouées au recyclage de l’eau.

4. Si la limite du taux de la croissance démographique est un outil important, l’objectif ultime serait de maintenir la population mondiale sous la barre des 8,5 milliards d’habitants d’ici 2050, notamment grâce à l’adoption de politiques de planification familiales et de mesures d’incitation fiscale. Cela semble plutôt difficile à faire, si l’on tient compte des tendances actuelles.

Mesures concrètes 

5. En principe, l’augmentation du stockage de l’eau dans les réservoirs en rehausserait la capacité de 600 km3, notamment en agrandissant ces derniers, en en réduisant la sédimentation ou en en construisant de nouveaux. Une telle stratégie pourrait entraîner des répercussions négatives sur les plans écologique et social, et exiger d’importants investissements de capitaux.

6. Le dessalement de l’eau de mer des bassins côtiers pourrait être amélioré grâce à la construction de nouvelles usines de dessalement ou en optimisant la capacité des installations existantes. Pour générer une différence importante, une augmentation du rendement par 50 fois serait nécessaire, laquelle entraînerait une importante quantité d’eaux usées qu’il faudrait détruire de façon sécuritaire ainsi que des investissements et des coûts énergétiques considérables.

Pour lire l’article dans Nature Geoscience : http://www.nature.com/ngeo/journal/v7/n9/full/ngeo2241.html?WT.ec_id=NGEO-201409

Les travaux ont été financés par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et l’Institut canadien de recherches avancées.

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