Véritables agents doubles, les cellules gliales peuvent protéger ou détruire les neurones de la vision

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Une découverte de l’Université de Montréal et de l’Institut neurologique de Montréal de l’Université McGill

Montréal, le 1er février 2010 – Des chercheurs ont démasqué un agent double dans l’œil qui, une fois activé, perd sa fonction protectrice et se transforme en véritable tueur. Cette découverte revêt une importance considérable pour la santé puisque cette transformation entraîne la destruction des neurones et peut occasionner la perte de la vue et la cécité.  

Cette étude, dont les résultats sont publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), est le fruit d’une collaboration entre l’Université de Montréal, l’Université McGill et l’Institut neurologique de Montréal, au Canada, et l’Université de Namur en Belgique. Les chercheurs ont démontré comment une molécule inhabituelle, pro-NGF, active les cellules gliales qui protègent normalement les neurones de la rétine et du cerveau.

« Nous avons découvert que les cellules gliales attaquent et détruisent les neurones après avoir été activées par pro-NGF, explique l’un des co-auteurs de cette étude, le Dr Philip Barker, neuroscientifique à l’Institut neurologique de Montréal et professeur au Département de neurologie et de neurochirurgie de l’Université McGill. Normalement les cellules gliales protègent les neurones. Nous avons donc été surpris de découvrir que pro-NGF peut transformer ces cellules en tueuses qui détruisent les neurones présents dans la rétine.» 

Pour la Dre Adriana Di Polo, co-auteure de l’étude et professeure au Département de pathologie et de biologie cellulaire de l’Université de Montréal, la molécule pro-NGF est un véritable pirate. « Avant cette étude, nous ignorions le rôle physiologique que la molécule pro-NGF pouvait jouer dans l’œil, explique-t-elle. Aujourd’hui, nous savons qu’à l’issue d’une lésion cérébrale ou d’une maladie neurodégénérative, la molécule pro-NGF altère le réseau des cellules gliales et modifie leurs fonctions.  Elle désactive en quelque sorte leur fonction protectrice et les amène à se retourner contre les neurones et à les détruire.»

Dorénavant, les scientifiques doivent prêter davantage attention aux lésions que pro-NGF peut occasionner, souligne la Dre Di Polo : « La destruction des neurones de la rétine est un processus irréversible et leur disparition peut provoquer la cécité. »

« Il faut maintenant que les chercheurs déterminent si les signaux de pro-NGF peuvent être contrôlés et comment », indique Frédéric Lebrun-Julien, premier auteur de l’étude et doctorant au Département de pathologie et de biologie cellulaire de l’Université de Montréal.

« En effet, si nous parvenons à bloquer l’action de pro-NGF, nous pourrons protéger les neurones menacés. Les résultats de cette recherche se traduiront éventuellement par des bénéfices cliniques pour les personnes atteintes de maladies tels que le glaucome », renchérit le Dr Barker.

Partenaires de recherche :
Cette étude a bénéficié d’une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada et du Fonds de Recherche en Santé du Québec.

À propos de l’étude :
L’article « ProNGF induces TNFα-dependent death of retinal ganglion cells through a p75NTR non-cell-autonomous signaling pathway », publié dans la revue PNAS, est signé par Frédéric Lebrun-Julien et Adriana Di Polo de l’Université de Montréal; Olivier De Backer de l’Université de Namur en Belgique; David Stellwagen, Mathieu J. Bertrand, Carlos R. Morales et Philip A. Barker de l’Institut neurologique de Montréal et l’Université McGill.

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