Une Université Internationale dans une Ville du Savoir

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Le rapport est accessible sur le web en format PDF.

L’Université McGill s’apprête à lancer une série de projets ambitieux qui promettent d’avoir des retombées colossales pour la société Québecoise. En réponse à l’appel lancé aux universités par le ministre de l’Éducation, M. François Legault, pour qu’elles lui soumettent des documents de discussion sur les priorités et le financement des universités, l’Université McGill a préparé un document de travail intitulé McGill Tradition et Innovation : une Université Internationale dans une Ville du Savoir. Enchanté de l’initiative du ministre, le principal, M. Shapiro, se réjouit à la perspective "d’un partenariat renouvelé et renforcé avec le gouvernement du Québec". Et il ajoute "Si le gouvernement réinvestit dans le réseau des universités du Québec, McGill a préparé d’intéressantes propositions bourrées d’idées nouvelles pour une ère nouvelle."

Le document a été présenté mercredi dernier pour respecter l’échéance fixée par M. Legault. Les membres de l’Université analyseront les propositions et les recommandations au cours des semaines à venir, et l’on attend également les réactions du ministre à ce sujet.

Le document Tradition et Innovation commence par une description des points forts de McGill sur le plan international (de loin le pourcentage le plus élevé d’étudiants étrangers et la plus grosse part des subventions de recherche par professeur, par exemple) et de certaines de ses réalisations (par exemple le taux le plus élevé de diplomation au Canada), et souligne leurs retombées sur la société du Québec. "McGill attire de gros investissements de l’extérieur (plus de 5 milliards en 10 ans), elle fait découvrir aux Québécois les idées, les gens et les établissements d’autres pays, et elle crée une équipe d’ambassadeurs dans le monde entier", fait observer M. Shapiro. "Nous avons clairement indiqué au ministre que nous avions l’intention de faire fond de ces traditions pour créer encore plus de réseaux."

Les initiatives proposées dans le document Tradition et Innovation réuniront des membres de nombreuses disciplines différentes. "Ingénieurs, physiciens et chimistes s’occuperont de mettre au point de nouveaux matériaux légers et résistants pour la fabrication de toutes sortes d’objets depuis les voitures jusqu’aux aéronefs. Les experts en langues secondes des départements de linguistique et de sciences cognitives collaboreront avec des professeurs de sciences de l’éducation et de sciences humaines sur l’acquisition du langage. Des biologistes, des spécialistes de la faune, des économistes, des philosophes, des historiens, des ingénieurs, des architectes et des poètes se concentreront sur les solutions qu’il faut trouver aux problèmes de l’environnement grâce à l’agrandissement de l’École d’environnement de McGill. "Les possibilités sont infinies!", affirme le vice-principal (enseignement), M. Luc Vinet.

Et M. Vinet d’ajouter, "Partant du principe que les solutions résident souvent dans la comparaison de différents points de vue, nous voulons multiplier les occasions qui s’offrent aux nouveaux chercheurs, aux jeunes étudiants et aux chercheurs aguerris de repousser les frontières du savoir dans le meilleur environnement possible." Tradition et Innovation fait état de neuf priorités universitaires, notamment de plans visant à implanter des laboratoires de statistiques en sciences sociales qui permettront d’obtenir davantage de subventions de recherche de l’extérieur, de la promotion des stages d’étudiants dans le secteur privé afin d’améliorer la formation et le perfectionnement et de l’augmentation de l’aide aux études de 1er cycle pour la technologie, particulièrement dans les sciences humaines. "Nous sommes convaincus que ces propositions contribueront à transformer la société québécoise", affirme M. Vinet.

Pour illustrer l’engouement suscité par ce plan, le principal, M. Shapiro, attire l’attention sur une proposition visant un centre de médecine moléculaire. "Dès lors que nous connaîtrons la structure intégrale du génome humain (ce qui devrait survenir au cours des deux ou trois prochaines années), nous serons en mesure de décoder les messages sous-jacents. Nous disposerons alors de l’alphabet, pour ainsi dire, qui nous aidera à déchiffrer le sens de ces messages", ajoute-t-il. "Nous avons l’intention de demander à nos meilleurs chercheurs dans les domaines des sciences et de la médecine d’utiliser la technologie informatique pour manipuler les volumes considérables de données qui se sont accumulées. Nous pourrons ainsi par exemple concevoir de nouveaux médicaments, même des médicaments sur mesure pour chaque patient."

La formule de financement des universités est elle aussi examinée à la loupe dans Tradition et Innovation. Par souci d’équité, la haute administration de l’Université demande que le budget de base de l’Université soit immédiatement redressé pour compenser des années de sous-financement relatif. "Le traitement juste et équitable de toutes les universités du Québec est indispensable et nous espérons que le ministre débloquera de nouveaux fonds pour que cela soit possible", ajoute M. Shapiro.

Pour ce qui est de l’ensemble du réseau des universités, le document propose d’investir immédiatement 500 millions de dollars pour permettre aux établissements du Québec de soutenir la comparaison avec les autres universités du Canada. L’administration de McGill fait observer que les universités de l’Ontario ont entre 4 000 $ et 8 000 $ de plus à dépenser par étudiant que celles du Québec. "Nous devons tout bonnement combler cet écart dès maintenant, car nous ne pouvons plus nous permettre d’ajourner cela indéfiniment. Les risques sont trop grands", affirme M. Shapiro. Pour McGill, une augmentation minimum de 4 000 $ par étudiant se traduirait par 80 millions de dollars de plus par an.

"Nous sommes ravis de l’engagement pris par M. Legault de réviser la politique de son gouvernement sur les universités", conclut M. Shapiro. "Nous espérons que notre document de discussion stimulera le débat et la réflexion et créera en définitive de nouvelles possibilités pour les universités du Québec et toute la société.