Un tableau de bord interactif pour le développement durable dans la grande région de Montréal

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Publié: 25avr.2022

Ne serait-il pas formidable de réunir toute l’information sur le développement durable d’une ville et de s’en servir pour créer un site Web interactif destiné à un public large et diversifié? C’est essentiellement ce qu’ont fait trois professeurs mcgillois en créant la plateforme Sus. Ce tableau de bord interactif bilingue, qui porte sur la grande région de Montréal, sera lancé le 25 avril (en français) et le 26 avril (en anglais). Le nom de la plateforme est un diminutif du mot sustainability (« durabilité » en anglais), mais son potentiel s’exprime en superlatifs.

Le code source de la plateforme Sus étant ouvert, cette dernière pourra facilement être adaptée aux ensembles de données provenant d’autres villes et municipalités canadiennes; des collaborations sont d’ailleurs déjà en cours avec les universités Concordia et Laval ainsi qu’avec l’Université de Toronto.

« Nous souhaitons offrir un outil qui permet d’explorer les questions de développement durable à Montréal », explique David Wachsmuth, professeur agrégé à l’École d’urbanisme de l’Université McGill, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en gouvernance urbaine et l’un des trois chercheurs principaux du projet Sus. « On trouve dans Internet un tas de tableaux de bord qui superposent des couches sur un plan, mais notre objectif était de créer une plateforme qui met en relief les liens entre les diverses facettes du développement durable. Par exemple, la plateforme Sus vous montrera un plan sur l’accessibilité à la vie active dans la région montréalaise, mais elle vous renseignera aussi sur l’intersectionnalité entre ces données et le revenu des ménages, la concentration de nouveaux arrivants, ou la proportion de gens qui se rendent au travail en voiture par rapport à ceux qui s’y rendent à vélo. La plateforme présente toutes ces informations dans un environnement interactif et dynamique. »

Cette plateforme sera utile à un grand nombre d’utilisateurs qui s’intéressent au développement durable : chercheurs et professeurs, décideurs à des échelons divers, journalistes et grand public. « Nous l’avons conçue pour qu’elle soit utile à monsieur et madame Tout-le-Monde, par exemple à un citadin qui veut se familiariser avec son quartier et s’intéresse à certaines questions liées au développement durable, comme la présence d’espaces verts », précise Kevin Manaugh, professeur agrégé au Département de géographie et à l’École de l’environnement Bieler de McGill. « Nous souhaitons qu’à terme, les décideurs s’en servent aussi. »

Le moteur du projet n’est pas simplement la diffusion de connaissances, mais plutôt l’attachement à la justice environnementale et distributive, à des formes de gouvernance urbaine et à des processus décisionnels fondés sur l’équilibre entre des conceptions divergentes de la ville, dans l’espace comme dans le temps, le tout dans le but de dégager des solutions réellement durables. « La plateforme Sus peut faire ressortir des disparités : le risque d’exposition aux îlots de chaleur, par exemple, ou les quartiers où une personne âgée peut marcher en toute sécurité pour se rendre à un commerce de proximité, dit Kevin Manaugh. Elle peut aussi faire ressortir des tendances, comme une concentration de personnes à faible revenu vivant dans des zones où il est difficile de trouver des soins de santé ou des aliments sains. Il s’agit de données très concrètes qui peuvent orienter le décideur dans sa quête de solutions à des problèmes de territoire ou de transport. »

Le développement durable au cœur de la collectivité

La plateforme Sus est financée par le Pôle des systèmes de développement durable de l’Université McGill, qui soutient l’engagement de l’Université à l’égard de la durabilité et crée un point de convergence pour des chercheurs de différentes disciplines, qui peuvent ainsi faire valoir divers points de vue dans l’élaboration commune de solutions à des problèmes complexes. Les trois chercheurs principaux du projet, David Wachsmuth, Kevin Manaugh et Andrew Gonzalez, professeur titulaire de la Chaire Liber Ero au Département de biologie de l’Université McGill et directeur fondateur du Centre de la science de la biodiversité du Québec, ont été sélectionnés par le Pôle pour diriger le thème de recherche Adaptation des milieux urbains.

« Andy est un biologiste qui s’intéresse à la biodiversité et aux services écosystémiques. David possède une grande expertise en habitation et en gouvernance urbaine; quant à moi, mes recherches sont principalement axées sur la justice environnementale et l’équité en matière de transports », indique Kevin Manaugh. La plateforme Sus réunit les points forts de chacun et produit un résultat supérieur à la valeur de ses éléments.

« Les chercheurs ont reçu 1,2 million de dollars sur cinq ans pour créer une communauté virtuelle centrée sur le développement durable dans le cadre bâti », précise Heather McShane, directrice du Pôle des systèmes de développement durable. Les trois chercheurs principaux comptent également au sein de leur équipe des étudiants aux cycles supérieurs, un boursier postdoctoral et un chercheur à temps plein qui collaborent à différents aspects du tableau de bord, notamment la programmation et l’ajout de nouvelles données à mesure qu’elles sont publiées par des sources publiques et privées. « Pour moi, l’attrait de la plateforme Sus est sa capacité à réunir en un tout des ensembles de données qui seraient autrement incompatibles les unes avec les autres. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut observer le savoir en action. Mais cette fois, c’est vraiment réussi. »

Le succès d’une application ou d’un outil en ligne dépend de sa facilité d’utilisation, mais aussi de la communauté d’utilisateurs qu’il arrive à créer. La plateforme Sus est déjà dotée d’une interface simple et conviviale; elle doit maintenant assurer sa longévité en fidélisant son public cible. « Nous sommes tous les trois très actifs au sein de différentes communautés d’utilisateurs. Je passe beaucoup de temps en conversation avec des maires, des gens qui rédigent des plans de conservation, des représentants d’ONG, de fondations, de mouvements citoyens comme les ruelles vertes à Montréal : tous posent à leur manière la question “comment pouvons-nous faire progresser le développement durable?”, dit Andrew Gonzalez. De plus en plus de villes voient la biodiversité comme un élément clé de la solution. Les espaces verts multifonctionnels gérés et restaurés en milieu urbain peuvent avoir des effets très salutaires sur la population et la nature. L’étroite relation entre l’humain et la nature ressort très nettement en ville. Pour une ville comme Montréal, qui aspire à protéger 17 % de ses espaces naturels mais n’en a protégé que 10 % jusqu’à maintenant, un outil comme la plateforme Sus pourrait se révéler des plus utiles. »


L'Université McGill

Fondée en 1821, à Montréal, au Québec, l’Université McGill figure au premier rang des universités canadiennes offrant des programmes de médecine et de doctorat et se classe parmi les meilleures universités au Canada et dans le monde. Institution d’enseignement supérieur de renommée mondiale, l’Université McGill exerce ses activités de recherche dans trois campus, 11 facultés et 13 écoles professionnelles; elle compte 300 programmes d’études et au-delà de 39 000 étudiants, dont plus de 10 400 aux cycles supérieurs. Elle accueille des étudiants originaires de plus de 150 pays, ses 12 000 étudiants internationaux représentant 30 % de sa population étudiante. Au-delà de la moitié des étudiants de l’Université McGill ont une langue maternelle autre que l’anglais, et environ 20 % sont francophones.

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