Un réchauffement climatique antérieur a donné naissance à une toute nouvelle forme de vie

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Des chercheurs découvrent des fossiles magnétiques « géants » formés par des microorganismes qui vivaient il y a 55 millions d’années

Des chercheurs de l’Université McGill, en collaboration avec des collègues de divers organismes, et notamment le California Institute of Technology et l’Institut Curie de Paris, ont mis au jour des fossiles magnétiques de structure cristalline produits par des microorganismes inconnus qui vivaient à la limite du Paléocène et de l’Éocène, il y a environ 55 millions d’années. Les résultats de leur recherche ont été publiés le 21 octobre dans le magazine scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences.

Ces résultats peuvent aider les savants à améliorer leur compréhension des effets que peuvent avoir des changements importants dans le climat terrestre.

Les fossiles que l’on a découverts au cours de fouilles au New-Jersey, aux États-Unis, sont constitués de cristaux de magnétite en forme de pointes de flèches. Bien que ces fossiles magnétiques mesurent quatre microns de longueur seulement, ils n’en sont pas moins huit fois plus gros que les fossiles magnétiques connus jusqu’à maintenant. Ce sont des restes de cristaux de magnétite produits par un type de bactéries dites magnétotactiques qui pouvaient se placer dans l’axe du champ magnétique terrestre.

D’après les révélations que Dirk Schumann, auteur principal de l’étude et étudiant diplômé du Département des sciences de la Terre et des planètes de McGill, a fait au magazine Nature News, ces nouveaux fossiles sont « différents des cristaux de magnétite décrits jusqu’à maintenant. »

« Selon les rapports passé, la magnétite pourrait être une sorte de magnétite formée par la collision d’une comète avec la terre, a précisé le Dr Hojatollah Vali, chercheur principal, auteur-ressource et professeur agrégé aux facultés d’Anatomie et biologie cellulaire ainsi que de Sciences de la Terre et des planètes de McGill. Dans notre article précédent, nous avons prouvé que la magnétite est d’origine biologique.

« Elle est produite par une toute nouvelle classe de microorganismes dont on n’avait jamais fait état, a-t-il poursuivi. Quand mes collègues et moi avons découvert ces fossiles magnétiques dans des sédiments provenant de la haute mer au milieu des années 1980, nous savions que des bactéries magnétotactiques pouvaient produire de la magnétite et nous cherchions alors des fossiles magnétiques. Dans notre toute dernière recherche, nous avons découvert les fossiles magnétiques avant les microorganismes qui les ont produits. »

Et M. Vali d’expliquer que ce type de microorganismes vivaient à une époque de réchauffement climatique soudain appelée maximum thermique Paléocène-Éocène. Durant cette période qui a duré 20 000 ans, la température terrestre s’est élevée de 5 à 6° C.

« Le plus intéressant, c’est que nous savons à quelle période exactement ces microorganismes ont vécu, a-t-il indiqué. On ne les trouve ni avant, ni après cette période. Un réchauffement de cinq degrés, cela peut sembler bien peu. Et pourtant, un tel réchauffement a grandement fait augmenter la quantité de fer libre. Les microorganismes qui ont produit les fossiles magnétiques géants avaient besoin de grandes quantités de fer. Il est donc évident qu’un réchauffement rapide de cette ampleur à l’échelle de la planète pourrait avoir des effets marqués sur la biosphère. »

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