Un changement d'alimentation alarmant

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Une recherche de l'Université McGill établit que la malbouffe gagne les poissons

Le phénomène de la malbouffe est rendu très loin ! Il a rejoint les eaux du Saint-Laurent. Selon des chercheurs de l'Université McGill, certains poissons d'eau douce délaissent leur alimentation courante d'insectes et de crustacés pour se nourrir de moules quagga. Cette espèce envahissante venue d'Europe est en passe de devenir la « malbouffe » des poissons du Saint-Laurent. Ce changement pourrait avoir des répercussions néfastes sur la croissance du poisson et sur d'autres animaux d'eau douce. La recherche a porté sur le Saint-Laurent, mais le problème pourrait être plus vaste et toucher d'autres écosystèmes d'eau douce.

« Nous avons trouvé des coquilles de moules et des moules entières dans l'estomac de près de 60 pour cent des poissons examinés », dit Anthony Ricciardi, biologiste de l'Université McGill et auteur principal de l'étude. « Cette constatation inquiète parce que les moules ne sont pas une source alimentaire appropriée pour le poisson. En outre, les moules contiennent des toxines, comme les BPC et la toxine du botulisme (intoxication alimentaire), susceptibles du tuer le poisson ou ses prédateurs. »

Ce type de mauvaise alimentation du poisson a également affecté les Grands Lacs. Dans ces systèmes, les poissons qui consomment des moules quagga ont été contaminés par les toxines qu'elles contiennent. Le phénomène a entraîné la mort de dizaines de milliers d'oiseaux se nourrissant de poisson, notamment les huards, les grands harles et les goélands.

« On observe un effet d'entraînement, c'est-à-dire qu'un changement, en l'occurrence le changement alimentaire du poisson, remonte dans la chaîne alimentaire et l'affecte », dit Anthony Ricciardi. « Nous pourrions donc observer une élévation de la contamination du poisson destiné à la consommation humaine. Nous espérons que nos observations aideront à mieux comprendre comment les modifications comportementales du poisson peuvent affecter les processus des écosystèmes. »