Selon une étude des universités McGill et Cornell, dépistage et traitement précoces accentuent sensiblement la survie au cancer du poumon

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Un programme international résolument novateur dirigé par un chercheur de l'Université McGill montre qu'un dépistage adéquat suivi d'un traitement précoce pourrait réduire considérablement le nombre de décès attribuables au cancer du poumon. Le Dr Olli S. Miettinen, professeur au département d'épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail, et au département de médecine de la Faculté de médecine de McGill, a amorcé la recherche il y 13 ans avec des collègues du Collège médical Weill de l'Université Cornell à New York, à la suite du plan de son étude qui différencie, pour la première fois, les éléments de diagnostic et de pronostic dans une recherche sur le dépistage.

Les résultats, publiés dans la livraison du 26 octobre du New England Journal of Medicine, indiquent qu'il est possible de dépister le premier stade du cancer du poumon chez environ 85 % des patients qui passent un examen annuel de TDM (tomodensitométrie ou TACO), et qu'un traitement chirurgical effectué au bon moment est curatif dans quelque 92 % de ces cas.

« Ces diagnostics de stade I constituaient des cas de cancer réel », souligne le Dr Miettinen. « Tous les cas ont été confirmés par un groupe d'éminents spécialistes en pathologie pulmonaire; 95 % des lésions étaient déjà invasives; et les huit patients qui ont refusé une chirurgie sont décédés en l'espace de cinq ans. »

L'étude d'origine a mené au Programme international d'action précoce contre le cancer du poumon (I-ELCAP). Cette collaboration entre 38 établissements situés dans sept pays forme le programme de recherche le plus important et le plus exhaustif sur les questions entourant le dépistage par TDM du cancer du poumon. Les travaux ont bénéficié de nombreuses subventions privées et publiques, notamment de l'Institut national du cancer (NCI) des États-Unis et de la Société américaine du cancer (ACS).

Le cancer du poumon demeure la cause première de mortalité par cancer au Canada, tant chez l'homme que la femme. Le taux de létalité associé au cancer du poumon demeure tragiquement élevé, près de 90 % – les décès dus au cancer du poumon étant plus fréquents que l'ensemble des décès attribuables au cancer du sein, au cancer de la prostate et au cancer colorectal. En l'absence de dépistage, la grande majorité des cancers du poumon sont diagnostiqués aux derniers stades, alors qu'ils sont incurables.

Parmi les 31 567 participants au programme, le dépistage par TDM a mené au diagnostic de cancer du poumon chez 484 individus, dont 412 cancers de stage I. En général, le taux de guérison estimé pour les 484 patients atteints de cancer du poumon était de 80 %. Tous les participants étaient âgés de 40 ans ou plus et présentaient des risques relativement élevés en raison de leurs antécédents de tabagisme, d'exposition professionnelle (à l'amiante, au béryllium, à l'uranium ou au radon) ou d'exposition à la fumée secondaire.

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