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Quinze minutes de gloire seulement?

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Des sociologues estiment qu’Andy Warhol se trompait… ou qu’il n’avait qu’en partie raison
Publié: 28 Mar 2013

La véritable gloire n’est pas éphémère. C’est la conclusion à laquelle est arrivée une équipe de chercheurs dirigée par Eran Shor, du Département de sociologie de l’Université McGill, et Arnout van de Rijt, de l’Université Stony Brook.

La véritable gloire n’est pas éphémère. C’est la conclusion à laquelle est arrivée une équipe de chercheurs dirigée par Eran Shor, du Département de sociologie de l’Université McGill, et Arnout van de Rijt, de l’Université Stony Brook. Ces spécialistes ont étudié tous les noms mentionnés dans plus de 2 000 journaux de langue anglaise publiés aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni au cours de plusieurs décennies et découvert que, contrairement à la croyance populaire et aux conclusions de travaux d’érudits, les gens qui deviennent célèbres le demeurent pendant des dizaines d’années, et ce, peu importe leur domaine d’activité, qu’il s’agisse de sport ou de politique.

Talent, ressources ou événements fortuits peuvent propulser une personne sous les feux de la rampe. Toutefois, lorsqu’un individu devient célèbre, il le demeure généralement longtemps. La célébrité temporaire est rare, et on l’observe surtout dans le troisième et dernier degré de la hiérarchie de la gloire, lorsque des gens ‒ notamment des dénonciateurs ‒ deviennent momentanément célèbres après avoir pris part à des événements ponctuels.

Cette observation est également valable dans l’industrie du spectacle, où la gloire semble parfois plus éphémère. Ainsi, dans un échantillon aléatoire de 100 000 noms mentionnés dans la section des spectacles de journaux publiés entre 2004 et 2009, les dix plus populaires étaient Jamie Foxx, Bill Murray, Natalie Portman, Tommy Lee Jones, Naomi Watts, Howard Hughes, Phil Spector, John Malkovich, Adrien Brody et Steve Buscemi. Toutes ces vedettes ont tenu le haut du pavé pendant au moins une décennie et leur popularité ne se dément pas encore aujourd’hui.

Cette découverte va à l’encontre des conclusions de la plupart des travaux d’érudits réalisés jusqu’à maintenant. « Presque tous les scientifiques œuvrant dans le domaine de la sociologie de la gloire s’entendent pour dire que cette dernière est éphémère », affirme le professeur Shor. « Nos travaux sont révolutionnaires, car ils ont démontré que les gens que nous considérons comme célèbres, y compris les Kim Kardashian de ce monde, le demeurent longtemps. La gloire n’est pas un phénomène passager. »

En fait, le groupe de célébrités varie très peu d’une année à l’autre. Ainsi, quatre-vingt-seize pour cent des noms mentionnés plus de 100 fois dans les journaux au cours d’une même année faisaient déjà les manchettes au moins trois ans plus tôt. Selon les auteurs, ce phénomène tiendrait au fait que les médias et leurs auditoires sont prisonniers d’un équilibre auto-entretenu au sein duquel ils doivent continuer d’accorder de l’attention, du temps d’antenne et de l’espace dans les journaux aux mêmes figures connues parce que tout le monde le fait.

Règle générale, le mode de croissance, de persistance et de déclin progressif de la popularité des grands noms suit celui de leur carrière au fil des décennies. Selon le professeur Van de Rijt, « comme pour tout phénomène sociologique, notre affirmation n’est pas absolue. Nous avons tous en tête des exemples de célébrités qui n’ont fait que passer dans le paysage médiatique et d’autres dont la renommée semble éternelle. Leonard Cohen est encore bien connu aujourd’hui, plus de quarante ans après avoir accédé au rang de vedette. Toutefois, Chesley Sullenberger, le pilote qui a connu la gloire instantanée après avoir posé son avion en détresse sur le fleuve Hudson, tombera probablement dans l’oubli assez vite. Ce que nos travaux ont permis de démontrer, c’est que Leonard Cohen est la règle et Chesley Sullenberger, l’exception. »

Les chercheurs reconnaissent que des études plus poussées devront être réalisées, notamment sur les données tirées de blogues, d’émissions de télévision et de sites de partage de vidéos, comme YouTube, afin de vérifier si leurs conclusions demeurent valables pour ces véhicules.

Pour lire le résumé de l’article publié dans la revue spécialisée American Sociological Review : www.asanet.org

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Contact: Katherine Gombay
Organisation: Media Relations, McGill University
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