McGill présente un mémoire devant la Commission parlementaire du Québec

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Qualifiant le gouvernement du Québec de « partenaire essentiel » si l'on veut que l'Université tienne ses promesses à l'égard de la société, le principal, M. Bernard Shapiro, a aujourd'hui pris la parole devant la Commission parlementaire sur l'éducation, aux côtés d'autres membres de la haute administration de l'Université et d'un représentant étudiant, à l'Assemblée nationale à Québec. Même s'il a remercié le gouvernement d'avoir commencé à réinvestir dans le système d'enseignement supérieur l'an dernier, M. Shapiro a fait observer que McGill n'avait toujours pas reçu sa juste part de Québec. « Le fait de nous obliger à attendre 15 ans pour bénéficier du redressement intégral dû à l'Université en vertu de la nouvelle formule coûte à McGill plus de 180 millions de dollars », a-t-il déclaré. En dépit d'allégations selon lesquelles il n'y a pas suffisamment d'argent dans le système pour venir en aide à McGill, l'Université fait observer dans son mémoire que le gouvernement a néanmoins trouvé des fonds ailleurs pour venir en aide à d'autres établissements du réseau du Québec.

En tant qu'université internationale à forte intensité de recherche, McGill doit se mesurer aux autres universités nord-américaines pour faire venir au Québec les meilleurs professeurs et mettre à leur disposition des infrastructures d'enseignement et de recherche modernes, et attirer des étudiants avides de s'instruire. Pour être concurrentielle à pareille échelle, il faut de gros moyens, en fait près de 80 millions de dollars de plus par an que ce que reçoit actuellement l'Université. Ce manque à recevoir de 80 millions de dollars représente l'écart moyen entre McGill et des établissements investis d'une mission analogue comme l'Université de Toronto ou l'Université du Michigan.

Que faire pour remédier à la situation? « Nous savons bien qu'il est impossible de s'attendre à ce que le gouvernement du Québec supporte à lui seul ce fardeau », a ajouté M. Shapiro. « Nous devons à tout prix trouver d'autres sources de revenus. » La levée du gel des droits de scolarité en vertu duquel les droits sont nettement inférieurs au Québec par rapport aux autres provinces, est une solution partielle, affirme-t-il, et l'expérience des autres juridictions nous prouve que la majoration des droits de scolarité « n'a aucune incidence sur le nombre d'inscriptions à temps plein ». L'Université a toujours préconisé l'affectation d'une large part d'une hausse des droits de scolarité à la création de bourses de recherche et d'études afin de venir en aide aux étudiants dans le besoin.

Les administrateurs de McGill constatent avec fierté que l'Univesité est en passe de s'acquitter du contrat de performance qu'elle a signé avec le gouvernement du Québec en décembre 2000. « Le recrutement de nouveaux professeurs, la baisse de notre proportion étudiants-professeur, la persistance d'un rôle national dirigeant au chapitre de la recherche et le maintien de taux élevés de rétention et de diplomation sont quelques-uns des points de repère qui nous permettent de mesurer les progrès réalisés », a déclaré le vice-principal exécutif, M. Luc Vinet, qui accompagnait M. Shapiro devant la Commission de l'éducation, avec M. Morty Yalovsky, vice-principal (administration et finances). « Notre déficit de fonctionnement en 2000-2001 a fort heureusement été compensé par la vente d'actions d'une entreprise dérivée de McGill, créée par un de nos professeurs. Mais il s'est agi d'une injection d'argent non renouvelable. Nous devons trouver d'autres sources pour atteindre notre cible d'un déficit nul à l'avenir. »

La volonté de McGill de trouver de nouveaux fonds de fonctionnement et les efforts qu'elle déploie pour atteindre chacune des cibles de performance fixées avec le gouvernement du Québec ont un rapport étroit avec la vision que l'Université se fait de son avenir. « Cette vision est façonnée par un objectif bien précis : être un chef de file de l'enseignement supérieur à l'échelle nationale et internationale », d'expliquer M. Shapiro. « Pour que cette vision puisse se concrétiser, l'Université doit d'abord se doter des infrastructures nécessaires et c'est précisément ce qu'elle fait avec les nouveaux projets de construction mis en chantier sur le campus. Ensuite, nous devons recruter des professeurs et chercheurs remarquables qui rempliront nos laboratoires, nos bibliothèques et nos salles de cours et, pour ce faire, nous avons besoin d'aide pour payer les salaires et d'incitatifs fiscaux. Enfin, lorsque nous aurons trouvé les ressources humaines et matérielles, nous serons alors en meilleure posture pour protéger nos disciplines générales et développer les programmes novateurs auxquels nous aspirons. Et qui profitera de cette vision? Les étudiants d'ici et la société qui dépend d'eux comme futurs dirigeants », a-t-il conclu.