Maladies cardiaques et les vers microscopiques

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Ces invertébrés permettent d'étudier les maladies humaines, indiquent les biologistes dans Science

Qu'est-ce qu'un ver? Plus que ce que l'on croit. Dans le dernier numéro de Science, Siegfried Hekimi, professeur de biologie à McGill, et son équipe de recherche, expliquent comment les scientifiques peuvent étudier l'effet d'une catégorie de molécules toxiques sur les maladies cardiaques de l'homme en prenant comme sujets des vers microscopiques.

Les molécules toxiques en question sont des radicaux libres ou des espèces réactives de l'oxygène (ERO), qui attaquent les constituants de la cellule et les endommagent par oxydation. Il semble que ces dommages soient à l'origine du processus de vieillissement. Des recherches antérieures ont montré que la durée de vie de l'espèce de ver étudiée par l'équipe de McGill, le caenorhabditis elegans, peut être substantiellement prolongée par des mutations qui entraînent une diminution des dommages causés par l'ERO.

Pour l'instant, les chercheurs de McGill n'ont étudié qu'un seul type d'oxydation destructrice - celui des lipoprotéines de faible densité (LDL). L'oxydation des LDL est largement responsable du développement de l'athérosclérose, une maladie qui cause de nombreux décès, notamment chez les personnes âgées.

« Les vers forment un système très intéressant dans l'identification et dans la compréhension des nouveaux gènes qui interviennent dans certains processus, a indiqué M. Hekimi. Le fait que nous puissions étudier la formation de LDL et l'oxydation chez les vers devrait nous permettre d'identifier de nouvelles façons de contrôler les niveaux de LDL et l'oxydation qu'il entraîne pour ainsi atténuer la maladie. »

Les biologistes ont aussi montré pour la première fois chez un animal complet, c'est-à-dire un ver vivant, que les radicaux libres ne sont pas seulement toxiques mais qu'ils jouent aussi un rôle physiologique important. « Nous montrons l'impact des radicaux libres sur les mécanismes génétiques qui sont importants dans le développement du cancer, a expliqué M. Hekimi. Jusqu'ici, nous n'avions que des hypothèses fondées sur des travaux in vitro, c'est-à-dire des cellules dans une boîte de Pétri. Nos études sur des vers vivants représentent une percée importante. »