Les tout-petits comprennent-ils vraiment ce qui se passe?

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Des chercheuses de l'Illinois et de McGill découvrent que les tout-petits sont très conscients

Un préjugé favorable est maintenu, soit celui selon lequel les tout-petits sont beaucoup plus conscients des idées fausses que ce que pouvaient penser parents et scientifiques. Une équipe de recherche canado-américaine a découvert que de très jeunes enfants sont parfaitement en mesure de comprendre que d'autres peuvent croire en quelque chose qui est faux.

« Des enfants âgés de 15 mois seulement comprennent que les actions de certaines personnes peuvent dépendre d'idées fausses », notent Mme Kristine Onishi, professeure de psychologie à l'Université McGill et sa collègue Renée Baillargeon, coauteure de l'étude et professeure de psychologie à l'Université de l'Illinois.

En effet, dans l'édition du 7 avril de la revue Science, les chercheuses s'attaquent aux théories scientifiques bien implantées voulant que les jeunes enfants ne soient pas en mesure de distinguer les idées fausses. Les données colligées par les scientifiques sont issues de mises en situation au cours desquelles des petits pouvaient voir un acteur qui s'amusait avec un jouet et qui le cachait par la suite dans une boîte. La mise en scène visait à vérifier leur compréhension des idées fausses.

Mme Onishi souligne que les données qu'elle a recueillies peuvent être observées lors de situations de la vie quotidienne. Imaginez un scénario dans lequel deux frères dissimulent un sac de biscuits dans le garde-manger. Par la suite, Vincent, l'aîné des deux, sort jouer pendant que le plus jeune, Josh, mange tous les biscuits. Qu'arrive-t-il ensuite? Vincent revient-il plus tard récupérer les biscuits? « Notre recherche indique qu'un enfant âgé de 15 mois tout au plus est en mesure de comprendre que Vincent est effectivement à la recherche des biscuits — bien qu'il n'en reste plus un seul », explique la Pre Onishi.

Les enfants voient au-delà de ce qui est apparent — ils perçoivent les raisons et les motifs cachés. « Les résultats de nos recherches permettront aux parents et aux éducateurs de mieux comprennent le schème de pensée des enfants », souligne Mme Onishi. « Les enfants s'efforcent sans cesse de comprendre les raisons de vos actions. Dans une certaine mesure, on peut dire qu'ils songent à ce que les membres de leur entourage voient, pensent et ce qui à quoi ils croient », d'ajouter la chercheuse.

« Ces données peuvent ouvrir la voie à la réalisation de recherches fructueuses menées par des scientifiques auprès d'enfants autistes ou dans le cadre d'études sur le comportement animal », conclut la Pre Onishi.