Les scientifiques pensent à l'existence d'un processus central du vieillissement

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Siegfried Hekimi, biologiste à McGill, dont les recherches sur les « gènes de l'horloge interne » de vers minuscules ont provoqué un profond émoi il y a plusieurs années, est l'auteur principal d'une étude publiée dans Science qui suggère l'existence d'un processus central du vieillissement. L'étude, frappée d'un embargo jusqu'à 14 h le 26 février 2003, peut être visionnée à Science Magazine.

Jusqu'à aujourd'hui, il semblait que pour nettement rallonger l'espérance de vie de l'être humain, la médecine devrait trouver des moyens de guérir chaque maladie, écrivent les auteurs, Siegfried Hekimi et son collègue du MIT, Leonard Guarente. Pourtant, en analysant les effets de mutations dans des cellules de levure et dans de minuscules vers, ces deux chercheurs ont découvert que le bricolage des mutations d'un seul gène peut quintupler la durée de vie des vers, des levures et sans doute des souris par rapport à ce que l'on peut attendre d'organismes normaux. La clé est la concentration d'espèces oxygénées radicalaires (ROS), molécules toxiques qui réagissent au contact des macromolécules et entravent ou détruisent leurs fonctions. Les ROS sont en fait un produit dérivé normal du métabolisme, et pour ralentir leur effet sur le processus de vieillissement, médecins et nutritionnistes préconisent souvent la consommation de certains légumes comme le brocoli et les épinards, riches en antioxydants. L'efficacité de cette solution continue néanmoins de prêter à controverse. De nombreuses maladies liées à l'âge (comme les maladies de Parkinson et d'Alzheimer, le cancer et le diabète) font intervenir le stress oxydatif causé par les ROS. Si l'on arrive à réduire les concentrations de ROS, on prolonge du même coup la durée de vie, d'après les recherches de MM. Hekimi et Guarente.

Ces résultats incitent les biologistes à croire que d'autres recherches pourraient aboutir à de nouvelles thérapies géniques pour tout un éventail de maladies liées à l'âge. Ils en déduisent que les mécanismes du vieillissement sont plus spécifiques que ce que l'on pensait jusque là, que la mort n'est pas forcément le résultat de processus dégénératifs essentiellement indépendants et que si l'on arrive à réduire le stress oxydatif causé par les ROS, on devrait pouvoir prolonger l'espérance de vie.

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