Les météorologues au septième ciel grâce à la recherche à la fine pointe de la science

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Une étude menée à l'Université McGill, récemment publiée dans la revue Physical Review, pourrait améliorer considérablement les prévisions météorologiques à court terme et permettre de régler des préoccupations importantes liées au réchauffement de la planète.

Pendant des années, les météorologues ont été frustrés par l'échec de leurs tentatives visant à mesurer le volume des nuages. Comment mesure-t-on une chose visible, mais intangible? Les satellites permettent d'estimer la longueur et la largeur des nuages; cependant, afin d'évaluer leur épaisseur, nous continuons d'utiliser des ballons-sondes, d'une précision discutable car ils se déplacent rarement en ligne droite.

« Les météorologues doivent donc fonctionner selon des paramètres bidimensionnels pour prévoir les conditions météorologiques, affirme M. Shaun Lovejoy, un physicien de l'Université McGill à la tête d'un groupe de scientifiques qui repoussent les horizons de la recherche sur les nuages. L'hypothèse selon laquelle les nuages sont plats réduit largement notre capacité en matière de prévisions du temps. »

Grâce à la nouvelle technologie « lidar » — c'est-à-dire, un dispositif à laser embarqué à bord d'un avion et qui permet de mesurer la taille, la vitesse et la composition chimique des nuages — M. Lovejoy et ses collègues ont entrepris la plus vaste étude visant à mesurer les nuages jamais mise en oeuvre, qui comporte près de 1 000 fois plus de données que la plus importante expérience comparable réalisée à l'aide de ballons-sondes.

L'équipe a mesuré les nuages un peu partout dans l'ouest canadien et aux États-Unis et a élaboré une formule qui permet de définir la fluctuation de l'épaisseur des nuages selon leur longueur et leur largeur, un rapport qui a échappé aux météorologues pendant des décennies.

« Les scientifiques sont maintenant en mesure d'évaluer les paramètres de tous les nuages, du plus gros cyclone à la plus infirme bouffée de gaz d'échappement de voiture », a révélé M. Lovejoy.

De la vapeur d'eau, sous forme de nuages, représente plus de la moitié de l'effet de serre. L'élaboration de modèles réalistes relatifs aux nuages constitue un facteur essentiel à la prévision de leur incidence sur la planète, par le biais du réchauffement terrestre.

L'étude relative aux nuages de l'équipe de M. Lovejoy a été menée en collaboration avec des scientifiques du Service météorologique du Canada, d'Environnement Canada et de l'École Nationale des Ponts et Chaussées de Paris.