L'analyse des puces à signaux mixtes... une perspective très, très réduite

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Gordon Roberts, titulaire de la chaire James McGill de génie électronique et informatique de l'Université McGill, est un chef de file mondial du domaine de l'analyse des puces à signaux mixtes. Pour l'industrie croissante des circuits à signaux mixtes, l'analyse des puces est un marché de milliards de dollars. Les fabricants constatent en effet que pour les puces à signaux analogiques et mixtes, qui sont en voie de supplanter les puces numériques, les coûts d'analyse dépassent les coûts de production.

Professeur-né, Gordon Roberts se présente en entrevue avec tous les matériels dont il a besoin pour illustrer ses propos. Il évite ainsi de simplifier exagérément ses explications et d'embrouiller ses auditeurs profanes. Selon lui, compte tenu du rétrécissement des puces, il n'est pas logique de continuer à les analyser au moyen de machines énormes. C'est maintenant le processus d'analyse lui-même qu'il faut miniaturiser, soutient-il. À McGill, ses étudiants et lui travaillent à l'intégration de toutes les fonctions de mesure du rendement dans un minuscule morceau de silicium pouvant être intégré dans la puce.

« Il s'agit d'améliorer le processus d'analyse et d'en réduire le coût, précise-t-il. Et ces recherches sont passionnantes, car elles nous propulsent dans l'ère atomique. »

Les travaux de Gordon Roberts sont subventionnés par des partenaires industriels ainsi que des organismes financés par le gouvernement, comme le réseau de centres d'excellence Micronet. Le chercheur reconnaît toutefois que l'adoption de nouvelles méthodes d'analyse des puces à signaux mixtes se fera lentement. « Nous sommes en avance sur l'industrie, et les enjeux financiers sont énormes. » En effet, des sommes importantes ont été investies dans les équipements d'analyse actuels, qui coûtent entre 5 et 20 millions de dollars, et toute modification importante des méthodes de production présente des risques. Selon Gordon Roberts, l'industrie des puces à signaux mixtes prend graduellement conscience de la nécessité d'une modernisation du processus d'analyse.

Gordon Roberts n'exclut pas la possibilité de fonder une société dérivée pour commercialiser le fruit des travaux qu'il mène à McGill. Il n'a cependant aucune intention de quitter l'Université, même si bon nombre de ses étudiants de 2e/3e cycle se sont vu faire un pont d'or par l'industrie.

« J'adore enseigner – c'est dans ma nature. L'enseignement aide à voir les choses avec lucidité. » De toute évidence, Gordon Roberts sait transmettre ce regard à ses étudiants. Il a en effet reçu un prix d'excellence en enseignement du principal de McGill, et ses étudiants l'ont loué d'avoir su leur exposer clairement les fondements théoriques de sa discipline et d'avoir suscité leur enthousiasme pour une matière qui aurait pu autrement paraître aride.

Gordon Roberts est une véritable sommité en matière d'analyse de puces, ayant publié sur le sujet divers manuels et autres textes et élaboré un cours exclusif.

Financement : Les activités de recherche de Gordon Roberts sont appuyées par diverses entreprises, dont Texas Instruments, Teradyne, IBM Canada et Wavecrest. Ces sociétés lui ont fourni plusieurs équipements dont la valeur individuelle varie de 200 000 à un million de dollars. Gordon Roberts bénéficie également d'une subvention du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie et a reçu un soutien régulier de la Société canadienne de micro-électronique. Son laboratoire fait partie du réseau de centres d'excellence Micronet, et l'équipe dont il est membre a reçu plus de 20 millions de dollars de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI). Le laboratoire d'analyse de puces à signaux mixtes qui abrite les équipements de recherche de Gordon Roberts obtiendra entre 2 et 3 millions de dollars en vertu de cette subvention de la FCI.