L'action humaine modifie la théorie des célèbres pinsons de Darwin

Nouvelles

Selon une nouvelle étude, les changements causés par l'homme dans l'environnement des îles Galapagos, à l'endroit où Charles Darwin a élaboré sa théorie sur l'évolution, modifient désormais l'essence même de cette théorie.

Les oiseaux de Darwin sont un exemple classique de la radiation évolutive née de la division d'une seule espèce colonisatrice en quatorze espèces différentes ayant les formes et les grosseurs de becs les mieux adaptés pour certains types d'aliments. L'activité humaine semble brouiller les distinctions parmi les ressources de remplacement, ce qui accroît la survie des oiseaux à bec moyen, et entraîne les espèces divergentes à se fusionner à nouveau.

L'étude « Possible human impacts on adaptive radiation: beak size bimodality in Darwin's finches » devant paraître le 3 mai dans le numéro en ligne de la revue britannique Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, a été menée par Andrew Hendry, professeur au Département de biologie et au musée Redpath de l'Université McGill et par une équipe de scientifiques du Royaume-Uni, des États-Unis et de l'Australie.

Les chercheurs ont étudié des populations de pinsons, au sein d'une seule espèce, qui semblait vouloir se diviser en deux espèces, et ils ont peut-être eu l'occasion d'entrevoir le processus d'une radiation évolutive au complet. La division observée par les scientifiques est apparue comme une division de la population en oiseaux à bec large ou petit, avec très peu d'oiseaux à bec moyen.

Cependant, l'équipe du professeur Hendry a observé que lorsque l'une des populations d'oiseaux entrait en contact avec une population humaine en expansion rapide, la fréquence des oiseaux à bec moyen augmentait, arrêtant ainsi le processus, pas toujours manifeste, de spéciation continue.

On sait depuis longtemps que l'activité humaine diminue la diversité biologique en accélérant la disparition des espèces. La recherche menée par l'équipe du professeur Hendry révèle que les humains peuvent également ralentir ou inverser le processus évolutif de la diversité.

Pour de plus amples renseignements :

Université McGill
Proceedings of the Royal Society of London B: Biological Sciences

Coordonnées

Contact: 
Cynthia Lee
Organisation: 
Service des affaires universitaires de l'Université McGill
Courriel: 
cynthia.lee [at] mcgill.ca
Téléphone au bureau: 
514-398-6754