Importante découverte sur le 2e cancer mortel

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Une équipe internationale composée de chercheurs du milieu médical a réalisé une percée importante dans la compréhension de la deuxième plus importante forme mortelle de cancer du monde industrialisé. Le professeur Jeremy R. Jass, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en pathologie gastro-intestinale de l'Université McGill à Montréal, de concert avec ses collègues de l'Australie et du Japon, a étayé une nouvelle forme de cancer familial colorectal, qui présente des caractéristiques distinctives sur le plan clinique, pathologique et moléculaire :

  • début précoce de la maladie
  • prévalence accrue chez la femme
  • localisation plus fréquente sur le côté droit du colon
  • faible taux de preuves d'immunité tumorale
  • mutation répétée d'un oncogène appelé BRAF (la mutation s'opère également dans les cas de cancer thyroïdien, ovarien et de mélanome)
  • méthylation fréquente de l'ADN (variation chimique inactivant de nombreux gènes)
  • fréquence et variation des niveaux d'instabilité de l'ADN parmi différentes formes de cancer colorectal dont sont atteints les membres d'une même famille
  • formation dans un polype dentelé (considéré préalablement comme complètement bénin)

Le cancer colorectal est la deuxième plus importante cause de mortalité attribuable au cancer (derrière le cancer du poumon) au Canada et dans le monde industrialisé. Au cours des dernières années, les chercheurs ont constaté que le cancer colorectal n'est pas attribuable à une seule maladie mais plutôt à un groupe de maladies, chacune étant liée à une cause différente et entraînant des conséquences spécifiques. La base génétique de ce nouveau syndrome demeure inconnue. Toutefois, des hypothèses ont été avancées selon lesquelles les familles atteintes de cette forme de cancer ont une prédisposition génétique à développer une méthylation de l'ADN. Des données probantes ont été recueillies selon lesquelles les personnes atteintes de cancer colorectal chez qui l'on observe une méthylation de l'ADN sont plus susceptibles d'avoir des antécédents familiaux de cancer du colon ou d'autres formes de cancer. Un fait important à mentionner est que le cancer colorectal semble se développer dans des polypes ayant, jusqu'à ce jour, été considérés comme entièrement inoffensifs et dont par conséquent l'on n'avait pas tenu compte. Ces polypes indiquent en outre une mutation de l'oncogène BRAF alliée à une méthylation de l'ADN. Il est probable que ces mêmes polypes puissent devenir malins chez des patients ne faisant pas partie de familles à risque élevé.

Selon le Dr Jass, bien que les formes familiales ou héréditaires de cancer soient plutôt peu communes, leur importance est capitale pour trois raisons :

  1. de telles formes de cancer touchent, dans bien des cas, de jeunes sujets au début de leur vie. Une véritable compréhension du problème pourrait contribuer à la prévention de la maladie par le biais d'activités de sensibilisation ou de programmes de dépistage;
  2. les familles à risque élevé constituent une population de choix au sein de laquelle mener des recherches à l'aide d'approches novatrices en matière de prévention du cancer par l'entremise d'un régime alimentaire particulier ou de l'administration de composés chimiques. Les résultats issus de telles recherches peuvent ensuite être généralisés et appliqués auprès de la population à risque moyen;
  3. la compréhension du défaut génétique peut offrir une perspective importante quant à la cause basique courante non héréditaire de la même forme de cancer.

Les données issues des recherches effectuées par le Dr Jass et ses collègues paraissent dans l'édition de mars 2005 de Clinical Gastroenterology and Hepatology, publié par l'Association américaine de gastroentérologie.