Experts: Coronavirus : l'OMS déclare l'état d'urgence de santé publique internationale

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Publié: 21jan2020

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré, le 30 janvier dernier, l'état d'urgence de santé publique internationale en raison du nombre croissant de pays dans lesquels se répand l'épidémie de coronavirus. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a expliqué que cette déclaration d’urgence sanitaire internationale ne constitue pas un vote de non-confiance envers la Chine qui déploie des efforts jamais vus pour tenter de contenir l’épidémie. (Radio-Canada)

Voici des experts de l’Université McGill qui peuvent s’exprimer à ce sujet :

Santé et médecine 

Anne Gatignol, professeure titulaire, Département de médecine, Division de médecine expérimentale

« La transmission interhumaine du CoVN 2019 se fait à un rythme plus rapide que le CoV SRAS. Bien qu’il soit moins pathogène, la période d’incubation reste incertaine (deux à quatorze jours). Alors que la région de Wuhan est sous contrôle pour tenter de bloquer la transmission, de nombreux pays insistent sur la nécessité de ramener leurs citoyens. Les mesures pour éviter une pandémie mondiale comprennent une surveillance étroite et la limitation des contacts avec les personnes exposées durant un courte période suivant leur retour dans leur pays d’origine ».

Anne Gatignol est professeure titulaire au Département de médecine et membre associé du Département de microbiologie et d’immunologie. Elle enseigne la virologie et la pathogenèse virale, y compris les virus émergents. Ses recherches portent principalement sur les interactions entre les virus et les cellules appliquées au virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et au virus Zika.

anne.gatignol [at] mcgill.ca (français, anglais)

Matthew Oughton, professeur adjoint, Département de médecine, Division des maladies infectieuses

« Il existe un coronavirus émergent qui semble avoir la possibilité de se transmettre d'homme à homme. Sa capacité à infecter les gens et les conséquences de cette transmission ne sont pas encore clairement comprises. Cependant, nous pouvons tirer de nombreuses leçons d'autres épidémies similaires, notamment le SRAS et le MERS, pour orienter notre réponse à l'épidémie de 2019-nCoV et prévenir une épidémie secondaire de peur. ».

Matthew Oughton est professeur adjoint au Département de médecine et spécialiste des maladies infectieuses et de microbiologie médicale. Il est basé à l'Hôpital général juif, où il supervise les laboratoires de bactériologie et de microbiologie moléculaire. Ses recherches visent à améliorer les tests de diagnostic en milieux clinique à l’aide de techniques moléculaires et ses travaux sur C. difficile, le Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (MRSA), la grippe et d'autres agents pathogènes.

matthew.oughton [at] mcgill.ca (anglais)

Raymond Tellier, professeur agrégé, Département de médecine, Division des maladies infectieuses

« Le cas actuel, qui implique un virus passant d’une autre espèce animale à l'homme, similaire au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), est un exemple classique d'un « virus émergent ». Il faut noter que depuis le SRAS, il y a eu d'autres cas impliquant des coronavirus, tels que le MERS au Moyen-Orient, le SADS (une maladie affectant les porcs) en Chine et maintenant le coronavirus de Wuhan ».

Raymond Tellier a récemment joint à l'équipe de recherche des maladies infectieuses du Centre universitaire de santé McGill et était auparavant professeur agrégé au Département de microbiologie, d’immunologie et de maladies infectieuses de l’Université de Calgary. Il a fait partie de l’équipe de recherche qui a identifié pour la première fois le coronavirus associé au SRAS à Toronto durant l'épidémie de 2003, en collaboration avec plusieurs chercheurs de Toronto, Hamilton et Vancouver.

raymond.tellier [at] muhc.mcgill.ca (anglais, français)

Donald Vinh, professeur agrégé, Département de microbiologie et d'immunologie

« Les coronavirus sont une vaste famille de virus qui peuvent infecter les humains et les animaux. La longue histoire de ces virus montre qu’ils provoquent principalement des maladies respiratoires ou gastro-intestinales légères, mais qu’une variante plus virulente apparaît parfois, ce qui peut provoquer des maladies graves chez humain. Ce qui se passe à Wuhan n'est pas surprenant, mais ce n'est pas forcément aussi catastrophique qu’on le pense ».

Donald Vinh est professeur agrégé au Département de microbiologie et d’immunologie et membre associé des Départements de génétique humaine et de médecine expérimentale. Ses recherches se concentrent sur l’identification de défauts génétiques du système immunitaire pouvant expliquer pourquoi certains individus sont sujets aux infections.

donald.vinh [at] mcgill.ca (anglais, français)

Politiques et processus

John Gradek, chargé de cours, École d’éducation permanente

« Alors que le monde attend de voir comment évoluera cette crise de santé publique en Chine, l'industrie de l'aviation commerciale élabore des plans pour minimiser la propagation du virus. Les compagnies aériennes et les aéroports seront à l'avant-plan des mesures qui pourraient être adoptées en matière de transport. Quelles leçons l'industrie a-t-elle tirées des événements liés au SRAS de en 2002-2003 et à quoi les passagers peuvent-ils s'attendre en 2020? »

John Gradek est chargé de cours dans le programme de diplôme en gestion intégrée de l'aviation ainsi que dans les programmes de certificat et de diplôme en logistique et gestion de la chaîne d'approvisionnement. Il a occupé des postes de haute direction chez Air Canada dans les domaines du marketing et de la planification et a travaillé à l’élaboration et à la prestation de programmes de gestion des lignes aériennes commerciales pour l’Institut international de formation en gestion aéronautique civile.

john.gradek [at] mcgill.ca (anglais, français)

Sandra Hyde, professeure agrégée, Département d’anthropologie

« Ce qui a changé, c’est que de nombreux membres de notre communauté réagissent de manière excessive face au virus. Il ne s’agit plus seulement de la réaction de la Chine, mais de notre propre xénophobie. Ironiquement, le quartier chinois de Montréal perd des clients alors qu’une grande partie du quartier chinois est gérée par des commerçants vietnamiens. Il n’y a pas de cas au Québec et ce n’est pas une maladie liée à une ethnie spécifique. Nous avons une « infodémie » qui se rapproche de l'ampleur de l’épidémie réelle et qui met inutilement beaucoup de gens en mode panique. Nous devons faire preuve de compassion et ne pas attaquer les autres simplement parce que leur pays d’origine n’est peut-être pas le Québec. »

Sandra Hyde est professeure agrégée au Département d’anthropologie et est affiliée aux Départements d’études sociales de médecine, de psychiatrie transculturelle et d'études de l’Asie de l’Est. Ses recherches font usage de méthodes anthropologiques dans le domaine de la santé publique et de la politique culturelle des épidémies, qui sont des domaines clés ayant des implications pratiques pour la compréhension du pouvoir, de l’inégalité, du genre, de l’ethnicité et de la sexualité.

sandra.hyde [at] mcgill.ca (anglais)

Juan Wang, professeure agrégée, Département de science politique

« Le dossier du coronavirus met en évidence les défis auxquels le gouvernement chinois est confronté à l’ère des médias sociaux en tant que source d’information, mais également en tant que source de rumeur qui renforcit la perception des fonctionnaires publics comme étant malhonnêtes. La bataille pour le gouvernement chinois ne consiste pas seulement à contenir la propagation du virus, mais aussi à s’attaquer à l’origine politique de cette panique sociale ».

Juan Wang est professeure agrégée au Département de science politique. Ses domaines d’intérêt touchent la construction de l’État, les institutions informelles, la politique litigieuse, l’autoritarisme, le droit et la politique et la politique chinoise.

juan.wang2 [at] mcgill.ca (anglais)

Désinformation et fausses nouvelles

Tina Montreuil, professeure adjointe, Département de psychopédagogie et de psychologie du counseling

« Il existe d'importantes différences entre l'anxiété dite névrotique ou basée sur l’actualité, caractérisée par l’hypervigilance, la rumination, des pensées récurrentes, des sentiments d’inquiétude et d’impuissance excessifs, s’avèrent contre-productifs, et l’anxiété dite normale, qui nous aide à devenir plus alertes, capables de faire faire face à des situations difficiles, comme dans le cas du dernier coronavirus chinois. La solution n’est pas d’éviter ou de s’éloigner des nouvelles, mais plutôt de s’assurer que nous consultons des sources d’information fiables et, surtout, d’éviter les commentaires souvent toxiques et les fausses nouvelles. Lisez, restez informé et concentrez-vous sur ce que vous pouvez faire pour vous protéger, sans toutefois tomber dans l’excès en ne prêtant pas attention à d’autres domaines importants de votre vie. C'est une question d'équilibre ».

Tina Montreuil est professeure adjointe au Département de psychopédagogie et de psychologie du counseling et membre associée du Département de psychiatrie. Ses recherches portent sur le rôle de la maîtrise des émotions, des attitudes et des croyances sur le développement et la transmission intergénérationnelle de la psychopathologie et sur la manière dont les symptômes des problèmes de santé mentale peuvent interférer avec l’apprentissage autonome dans un contexte de groupe et avec la réussite scolaire.

tina.montreuil [at] mcgill.ca (anglais, français)

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