Des chercheurs de McGill scrutent la couverture des élections

Nouvelles

Un nouveau projet se sert des données tirées de quotidiens pour analyser l'impact des médias

La couverture médiatique de la campagne électorale en cours fait l'objet d'un examen soigneux à l'Université McGill. Une équipe de chercheurs et de professeurs de l'Institut d'études canadiennes de McGill (IECM) a mis sur pied un projet de suivi en temps réel, durant toute la campagne électorale, de la couverture médiatique des élections fédérales canadiennes de 2004. Ce groupe, l'Observatoire sur les médias et la politique publique (OMPP), passera les contenus de sept importants quotidiens canadiens au peigne fin afin d'établir une perspective sur le rôle que joue la presse écrite et les différents médias dans les campagnes électorales.

Chaque jour, une équipe de codeurs examinera les principales sections des nouvelles des quotidiens The Globe and Mail, National Post, Toronto Star, Calgary Herald, Vancouver Sun, La Presse et Le Devoir. Ils noteront les articles — reportages, analyses, opinions et éditoriaux — ayant trait à la politique fédérale. Ce contenu sera codé en fonction de la préséance et de la prédominance des différents chefs, acteurs clés, partis et enjeux et de la nature positive, négative ou neutre du traitement qui leur est réservé, puis il sera versé dans une base de données. Les résultats, qu'on pourra consulter au site Web de l'observatoire, feront l'objet d'une mise à jour quotidienne.

La base de données sur le contenu indiquera comment les partis et les chefs sont présentés et quels enjeux occupent l'avant-scène de la campagne. Un groupe d'experts constitué d'analystes canadiens interprétera les données et évaluera l'impact des différents partis et enjeux sur l'orientation de la couverture médiatique, les différences entre la couverture des différents quotidiens et les différences de couverture d'une région à l'autre.

« Les médias jouent un important rôle dans les campagnes électorales. Ils contribuent à l'essor et à la dégringolade de chefs et à l'établissement de l'importance des enjeux électoraux, explique Stuart Soroka, codirecteur de l'OMPP. Les travaux de l'OMPP constitueront un examen systématique de la couverture électorale, permettront de valider ou d'infirmer certaines hypothèses classiques ayant trait à l'impact des médias sur les campagnes électorales et fourniront une analyse en temps réel de la couverture de la campagne. »

En comparant les tendances de couverture positive et négative des différents partis à des données provenant de sondages d'opinion, l'étude de l'OMPP permettra également aux analystes de déterminer si la couverture médiatique suit l'opinion publique durant la campagne — ou la définit. « Le projet vient combler une lacune de longue date », affirme Ken Whyte, ancien éditeur du National Post et chercheur invité à l'IECM. « L'approche d'examen systématique, fiable et en temps réel de l'OMPP permettra de faire la lumière sur le rôle des médias durant les campagnes électorales fédérales. »

Les directeurs du projet de l'Observatoire sur les médias et la politique publiques sont Stuart Soroka, professeur adjoint au Département de sciences politiques de l'Université McGill, Ken Whyte, chercheur invité à l'Institut d'études canadiennes de McGill, et Antonia Maioni, directrice de l'Institut d'études canadiennes de McGill.

Les analystes en ligne sont Barry Cooper, professeur de sciences politiques à l'Université de Calgary, Donna Logan, directrice et professeure à l'école des études supérieures en journalisme de l'Université de la Colombie-Britannique, Lydia Miljan, professeure adjointe de sciences politiques à l'Université de Windsor, Hugh Segal, président de l'Institut de recherche en politiques publiques, Michel Vastel, chroniqueur au journal Le Soleil, William Watson, professeur agrégé au Département de sciences économiques de l'Université McGill, et Paul Wells, chroniqueur à la revue Macleans.