Des chercheurs de McGill identifient des facteurs génétiques clés pouvant mener au cancer

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La relation nouvellement établie entre certains gènes pourrait conduire à des traitements « personnalisés » affichant un meilleur taux de réussite

Des chercheurs de l'Université McGill ont découvert une série jusqu'ici inconnue d'interactions entre les gènes qui déterminent si des cellules deviendront cancéreuses ou non. La découverte pourrait conduire à une nouvelle génération de thérapies ciblées adaptées à chaque patient, ont déclaré les chercheurs. Leurs résultats viennent d'être publiés dans la revue Cancer Cell.

Les chercheurs ont étudié des souris génétiquement modifiées qui ne possédaient pas la capacité de produire les gènes 4E-BP1 et 4E-BP2. Étant donné le rôle important d'inhibiteurs du cancer que l'on attribuait à ces gènes, les chercheurs s'attendaient à ce que les souris knock-out (appelées ainsi parce que leurs gènes 4E-BP qui codent ces protéines sont désactivés) affichent une croissance très accélérée du cancer.

À leur étonnement, cela ne s'est tout simplement pas produit.

« Nous n'avons pas compris ce qui se passait », a déclaré Emmanuel Petroulakis, chercheur postdoctoral au Laboratoire Sonenberg de la Faculté de médecine de l'Université McGill et premier auteur de l'étude. « Nous avons mené d'autres expériences non concluantes pour essayer de transformer les cellules de ces souris en cellules malignes. Nous étions en état de choc. »

Monsieur Petroulakis et le Pr Nahum Sonenberg, auteur correspondant de l'étude et lauréat du Prix Gairdner 2008 pour ses découvertes liées à la synthèse protéique des cellules humaines, ont conclu que des voies génétiques entièrement inconnues devaient y être pour quelque chose et ont croisé leurs souris avec un autre gène sans souche, le p53, déjà reconnu pour son efficacité éprouvée quant à la suppression tumorale.

« Nous avons alors obtenu ce à quoi nous nous attendions, et même plus », a expliqué monsieur Petroulakis. « Les souris knock-out dont les gènes 4E-BP et p53 étaient désactivés affichaient une augmentation de la croissance tumorale supérieure à ce que nous aurions observé chez des souris dont on aurait désactivé uniquement le gène p53. Cela prouve que les gènes 4E-BP suppriment effectivement les tumeurs, mais seulement en présence de ce suppresseur de tumeur performant. Il s'agit d'un effet complètement nouveau, un concept tout récent dans la documentation. »

La signification de cette découverte pourrait être profonde, a poursuivi monsieur Petroulakis, et pourrait expliquer pourquoi certaines thérapies contre le cancer fonctionnent bien chez certains patients et pas du tout chez d'autres.

« Le p53 est l'un des gènes les plus couramment mutés », a-t-il déclaré. « Par conséquent, s'il est essentiellement absent ou non fonctionnel dans environ 50 pour cent des cas, les thérapies qui ciblent l'activité du gène 4E-BP, dont les inhibiteurs mTOR, ne fonctionneront pas chez ces patients. Nous savons maintenant que nous devons d'abord comprendre le statut du p53 d'une tumeur avant d'entreprendre le traitement à l'aide de ces inhibiteurs. »

« Les choses évoluent vers la médecine personnalisée », a-t-il ajouté. « En utilisant ces techniques, si nous comprenons les autres signatures moléculaires actives au même moment, nous pouvons mieux concevoir des thérapies sur mesure pour chaque patient. »

« Il s'agit d'un autre bon exemple de la manière dont la recherche pure, dont l'objectif est de fournir des réponses aux questions fondamentales sur les mécanismes moléculaires de la prolifération cellulaire, conduit à des découvertes inattendues qui font progresser notre capacité de comprendre et de guérir les maladies humaines », a déclaré le Pr Sonenberg.

 

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