Des chercheurs de McGill découvrent le « centre d’ordonnancement » du cerveau

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On sait maintenant que la zone du cerveau qui assure la planification de haut niveau et le traitement mental se trouve dans le cortex préfrontal

Des chercheurs de l’Institut neurologique de Montréal (INM) de l’Université McGill ont réussi à localiser la zone du cerveau humain auparavant inconnue qui permet de percevoir et d’entreposer des données visuelles ordonnées. Selon le coauteur de l’étude, le Dr Michael Petrides, qui est aussi directeur de l’Unité de neuropsychologie et de neurosciences cognitives à l’Institut neurologique de Montréal, cette capacité est fondamentale pour assurer la planification de haut niveau et est propre aux être humains et autres primates tels que les singes et les chimpanzés.

« Notre capacité de planifier et de traiter des informations mentalement dépend de notre aptitude à comprendre avec précision l’ordre des choses », explique le Dr Petrides. Bien que les chiens, les chats, les rats et les écureuils aient une grande capacité de mémoire, leur cerveau n’est probablement pas capable de saisir l’ordre séquentiel précis d’éléments. Un ordre approximatif est perçu en fonction de caractéristiques fondamentales comme l’impression plus forte laissée par le dernier objet observé. »

Menée conjointement par Céline Amiez, titulaire d'une bourse de recherche postdoctorale, et le Dr Petrides, l’étude est publiée préalablement en ligne dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences durant la semaine du 13 août. Dans le cadre de l’étude, dix-sept sujets volontaires ont été scannés à l’aide de la technologie d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF) alors qu’on leur présentait des séries d’images abstraites en noir et blanc.

« Immédiatement après leur avoir montré la première série d’images, on leur a présenté les première et deuxième images ou les troisième et première images, et ainsi de suite. Par la suite, ils ont dû indiquer quelle image, selon eux, était apparue en premier », comme l’explique le Dr Petrides. Les chercheurs ont surveillé l’activité cérébrale des sujets pendant l’exécution de cette tâche et on pu localiser la zone spécifique dans le cortex préfrontal mi-dorsolatéral qui permet de saisir et de mémoriser l’ordre précis de stimuli visuels ou d’événements perçus par l’observateur.

Afin d’éliminer les effets de la mémoire verbale, les images abstraites à la Mondrian utilisées dans le cadre de l’étude ont été spécialement choisies parce qu’elles ne pouvaient pas être facilement verbalisées. « Nous tenions à étudier la capacité de l’esprit de retenir des éléments qui ne font pas partie de la mémoire verbale, poursuit le Dr Petrides. Fait intéressant, nous avons pu constater que cette capacité n’est pas très grande. En effet, si on peut décrire des éléments à l’aide de mots, on réussit à en mémoriser de sept à huit, mais s’il s’agit d’éléments visuels abstraits, on ne peut en retenir que quatre ou cinq. »

Selon le Dr Petrides, bien que l’étude ait été menée d’un point de vue purement axé sur la recherche, on peut s’attendre à certaines retombées d’ordre pratique. En effet, les conclusions de l’étude s’avèrent pertinentes pour la compréhension de problèmes neurologiques tels que le trouble déficitaire de l’attention, et la méthodologie utilisée pour l’étude peut aider les chirurgiens à définir et éviter cette zone particulière au cours d’interventions chirurgicales.

Veuillez prendre note : L’étude sera publiée préalablement en ligne durant la semaine du 13 au 17 août à www.pnas.org.

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Mark Shainblum
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