Étude : le test de dépistage du VPH est supérieur au test de Pap pour détecter le cancer du col de l'utérus

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Une importante étude épidémiologique indique que le test de Pap classique est beaucoup moins précis que le test de dépistage de l'ADN du VPH

Une nouvelle étude dirigée par les chercheurs de l'Université McGill indique que le test de dépistage du virus du papillome humain (VPH) est beaucoup plus précis que le test de Pap classique pour détecter le cancer du col de l'utérus. La première phase de l'Essai canadien de dépistage du cancer du col de l'utérus (Canadian Cervical Cancer Screening Trial - CCCaST) dirigé par le Dr Eduardo Franco, directeur de la Division d'épidémiologie du cancer de la Faculté de médecine de l'Université McGill, a conclu que l'aptitude du test de dépistage du VPH à détecter avec précision les lésions précancéreuses sans générer de faux résultats négatifs était de l'ordre de 94,6 % par rapport à 55,4 % pour le test de Pap.

Les résultats de l'essai sont publiés dans le numéro du 18 octobre de The New England Journal of Medicine. L'auteure principale de cet essai, ancienne étudiante au doctorat du Dr Franco à l'Université McGill, la Dre Marie-Hélène Mayrand du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), qui a travaillé en collaboration avec des collègues de l'Université McGill, de l'Université de Montréal, du Newfoundland and Labrador Public Health Laboratory et de l'Université McMaster.

L'essai CCCaST est le premier essai contrôlé randomisé en Amérique du Nord portant sur le test de dépistage du VPH comme test unique pour dépister le cancer du col de l'utérus. La première phase de l'essai a été menée auprès de 10 154 femmes âgées de 30 à 69 ans à Montréal (Québec) et à Saint-Jean (Terre-Neuve) de 2002 à 2005. L'étude a été financée par une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

L'étude a conclu que bien que la sensibilité du test de dépistage du VPH était près de 40 % supérieure à celle du test de Pap, le test de Pap supplantait toutefois légèrement le test du VPH en ce qui a trait à la précision sur l'échelle de la spécificité – son aptitude à détecter avec précision les lésions précancéreuses sans générer de faux résultats positifs – avec 96,8 % par rapport à 94,1 %.

« Nous savions déjà avant d'effectuer cette étude que la sensibilité du test de Pap laissait beaucoup à désirer », déclare le Dr Franco, professeur titulaire de la chaire James McGill du Département d'oncologie, d'épidémiologie et de biostatistique, et directeur de la Division d'épidémiologie du cancer de la Faculté de médecine de l'Université McGill. « Une précision de 55,4 % n'est guère qu'une simple question de hasard. Les chances sont déjà de 50 % en tirant à pile ou face. »

Le test de Papanicolaou (ou Pap) a été conçu par le Dr Georgios N. Papanicolaou au cours des années 1940 : les techniciens devaient chercher à l'aide d'un microscope des anomalies dans des échantillons de cellules prélevées sur le col de l'utérus. Il s'agit du test standard utilisé depuis près de 50 ans pour détecter le cancer du col de l'utérus. Le test de dépistage du VPH nécessite aussi le prélèvement d'échantillons sur le col de l'utérus, mais le processus d'analyse est automatisé et il détecte l'ADN des souches à haut risque du virus du papillome humain (VPH) connues pour être à l'origine du cancer du col de l'utérus.

La sensibilité d'un test de dépistage est en général considérée comme un paramètre plus important que la spécificité, selon le Dr Franco. « Un faux positif peut être très inquiétant et causer de la détresse psychologique chez la patiente, mais au bout du compte, elle n'est pas malade. Les faux négatifs sont toutefois beaucoup plus problématiques, car la patiente aura l'assurance qu'elle est négative alors qu'un précancer pourrait évoluer vers un cancer ou que son cancer existant risque de se développer. »

Bien que les résultats de l'essai CCCaST peuvent avoir une incidence sur le débat actuel sur la vaccination des jeunes femmes contre le VPH, le Dr Franco a souligné qu'il fallait examiner ces deux questions séparément. « La vaccination constitue une prévention primaire; la présente étude porte sur la prévention secondaire, c'est-à-dire le dépistage. Les femmes qui se font vacciner devront quand même subir les tests de dépistage, parce que les vaccins offerts actuellement servent seulement à prévenir environ 70 % de tous les cancers du col de l'utérus, et ces vaccins sont principalement destinés aux jeunes femmes. Le test de dépistage du VPH peut être idéal pour les femmes vaccinées une fois qu'elles auront atteint l'âge de dépistage, parce que cela nous donne l'occasion de vérifier la protection que le vaccin est censé leur procurer. »

Le Dr Franco a ajouté que même si le coût du test de dépistage du VPH est à l'heure actuelle considérablement beaucoup plus élevé que celui du test de Pap, cela pourrait probablement changer avec le temps. « Par ailleurs, en raison de sa plus grande sensibilité et de sa spécificité légèrement plus faible, les patientes devront seulement subir un test de dépistage du VPH tous les trois ans et non tous les ans, comme c'est le cas pour le test de Pap ».

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