Les pinsons de Darwin parcourent quotidiennement l’équivalent de 30 terrains de soccer

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Une étude jette un nouvel éclairage sur le comportement des célèbres pinsons de Darwin
Published: 8Jun2022

Grâce à des émetteurs radio, les scientifiques ont maintenant une nouvelle compréhension du comportement des pinsons terrestres moyens des îles Galapagos. Une étude dirigée par des chercheurs de l’Université McGill révèle que ces oiseaux parcourent quotidiennement une distance équivalente à 30 terrains de soccer.

Jusqu’à maintenant, les chercheurs en savaient peu sur la vie secrète des pinsons de Darwin en raison, notamment, de la difficulté de les étudier dans leur habitat naturel, caractérisé par un terrain accidenté de roche volcanique et des conditions climatiques extrêmes. À l’aide de minuscules sacs à dos électroniques d’un demi-gramme qu’ils ont posés sur ces oiseaux, les scientifiques ont pu, pour la première fois, suivre jour et nuit le mouvement des pinsons. Les recherches ont été menées dans une région côtière éloignée de l’île de Santa Cruz et l’étude a été publiée dans Ecology and Evolution.

Un habitat menacé par l’expansion urbaine

L’étude a montré non seulement que les pinsons parcouraient des distances extraordinaires, mais aussi que leur zone de recherche de nourriture s’élargissait pendant la phase de séjour au nid et d’alimentation des oisillons, durant laquelle les parents doivent rapporter de plus grandes quantités de nourriture. « Il est essentiel de comprendre les besoins réels de ces oiseaux en matière d’espace afin qu’on puisse, d’une part, mieux interpréter les études précédentes et, d’autre part, assurer la conservation de ces oiseaux dans un contexte naturel de plus en plus menacé par l’expansion des zones urbaines », souligne Marc-Olivier Beausoleil, auteur principal et doctorant travaillant sous la direction de Rowan Barrett, professeur au Département de biologie de l’Université McGill.

Les pinsons ont établi leur arène de reproduction dans une forêt aride composée de cactus arborescents et d’un type d’arbre à encens (Bursera graveolens). Les mâles consacraient la majorité de leur temps à la recherche de matériaux et à la construction du nid, travaillant à un rythme effréné, tandis que les femelles assumaient seules la tâche d’incubation. Les appareils de localisation ont montré que, de jour, les pinsons dépassaient rarement un rayon de 100 mètres autour de leur nid pour chercher de la nourriture ou des matériaux de construction. Pourquoi alors avaient-ils besoin de tant d’espace?

L’union (nocturne) fait la force

En période de reproduction, les oiseaux se rassemblent rarement, à moins qu’ils ne nichent ensemble, comme les manchots qui vivent en colonies ou les étourneaux sansonnets, qui forment un dortoir. L’équipe a été surprise de constater que les pinsons de Darwin font exception à la règle. « Presque tous les pinsons porteurs du dispositif de repérage quittaient leur territoire de reproduction après le coucher du soleil et se déplaçaient sur une distance quatre fois supérieure à celle qu’ils parcouraient de jour. La destination mystérieuse? Un bosquet luxuriant de mancenilliers (Hippomane mancinella) au bord de la mer, où près d’un millier de pinsons se réunissaient chaque nuit pour se reposer », explique le doctorant.

Bien qu’on observe souvent de grands groupes de pinsons dans les hautes terres des îles, en dehors de la saison de reproduction, les chercheurs ne s’attendaient pas à retrouver de tels comportements sociaux en pleine période de reproduction.

« En dormant ensemble, les oiseaux combattent mieux le froid et sont moins vulnérables à la prédation. Mais les avantages de ce comportement sont moins évidents dans un contexte où les températures sont douces et où les prédateurs sont rares. Nous en concluons qu’il pourrait s’agir d’un comportement hérité de leurs ancêtres continentaux », avance Carlos Camacho, chercheur à l’Instituto Pirenaico de Ecología et coordonnateur de l’étude.

L’héritage des célèbres pinsons de Darwin

Les pinsons de Darwin ne cessent de fasciner les scientifiques, même 140 ans après la mort de celui qui leur a donné son nom. Cette espèce est devenue indissociable du naturaliste britannique depuis que ce dernier a publié, il y a plus de 160 ans, sa théorie de la sélection naturelle après avoir visité les îles Galapagos, où il a découvert une biodiversité surprenante. À l’heure actuelle, les pinsons de Darwin font partie des organismes les plus étudiés de la planète. Grâce à eux, nous comprenons comment peuvent survenir des changements évolutifs rapides et comment l’échange de matériel génétique entre différentes populations peut faire émerger de nouvelles espèces.

Les résultats de ces travaux soulèvent de nouvelles questions fort intéressantes pour les chercheurs, tout en offrant des données utiles aux efforts de conservation de la biodiversité et des écosystèmes exceptionnels de notre planète.

L'étude

L’article « Where did the finch go? Insights from radio telemetry of the medium ground finch (Geospiza fortis) », par Marc‑Olivier Beausoleil, Carlos Camacho, Julio Rabadán‑González, Kristen Lalla, Roxanne Richard, Paola Carrion‑Avilés, Andrew P. Hendry et Rowan D. H. Barrett, a été publié dans Ecology and Evolution.

DOI : https://doi.org/10.1002/ece3.8768


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