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Rosalie Jukier: Diversifier les perspectives

Rosalie Jukier

« …les principes juridiques qu’ils apprennent sur les processus, la transparence, le raisonnement analytique et le traitement équitable leur seront également utiles dans d’autres sphères de leur vie. »

Rosalie Jukier enseigne à la Faculté de droit depuis 1985. Elle s'intéresse en particulier aux obligations contractuelles et aux recours. Rosalie a reçu en 2004 le Prix John W. Durnford d'excellence en enseignement de l'Association des étudiants et étudiantes en droit et en 2010, on lui a remis le Principal’s Prize for Excellence in Teaching.

Rosalie a été doyenne des affaires étudiantes de McGill (1995-2001) et conseillère senior à l’Institut national de la magistrature à Ottawa (2005-2007), oùl elle a participé au développement et à la mise en oeuvre de programmes d'éducation juridique destinés aux juges. Elle est actuellement vice-doyenne (études supérieures) à la Faculté.

Quelles expériences professionnelles importantes vous éclairent dans votre enseignement?

Au cours de mes 26 années de carrière comme enseignante, j’ai suivi un parcours qui semble moins traditionnel que les autres professeurs en droit. Pour diverses raisons, ma carrière a pris différents virages intéressants. Et en y réfléchissant, je me rends compte que ces détours ont fondamentalement changé ma méthode d’enseignement. Par exemple, en 1995, j’ai quitté la Faculté de droit et passé six ans comme doyenne des affaires étudiantes, une expérience instructive qui m’a appris que des études en droit peuvent dépasser le domaine juridique. Conséquemment, je dis souvent à mes étudiants que les règles et les principes juridiques qu’ils apprennent sur les processus, la transparence, le raisonnement analytique et le traitement équitable leur seront également utiles dans d’autres sphères de leur vie.

Les nombreux problèmes que j’ai dû régler en qualité de doyenne des affaires étudiantes m’ont permis d’acquérir une richesse de perspectives sur les questions légales, plus particulièrement dans le domaine disciplinaire. Lorsque j’ai recommencé à enseigner à temps plein, j’ai mis ces expériences à profit dans ma classe, mais sous un angle différent. Par exemple, j’ai enseigné une affaire émouvante de la Cour suprême du Canada qui traitait de la responsabilisation judiciaire et de la question suivante : est-il justifié ou non de demander à un juge de démissionner sous prétexte qu’il a commis un crime à l’âge de 19 ans et pour lequel il a reçu un pardon. Cette affaire a soulevé des discussions et débats très animés sur la manière dont nos actes façonnent qui nous sommes et leurs conséquences imprévisibles dans notre vie.

J’ai également enseigné à un large éventail de clientèles, notamment à des juges (à l’Institut national de la magistrature), à des étudiants de droit venus de Chine (dans le cadre de cours sur le droit canadien), au grand public (dans le cadre de minicours de droit) et à des juristes praticiens (dans le cadre de formation juridique continue). Ces diverses expériences pédagogiques ont modifié positivement ma manière d’enseigner à McGill. Le fait d’avoir adapté des sujets que je connais bien pour les rendre accessibles à différents publics m'a aidée à porter un regard radicalement différent sur mes connaissances. Cette façon de faire est en parfaite harmonie avec l’approche transsystémique de McGill, qui consiste à apprendre à voir le droit et le monde avec une perspective pluraliste. Nous enseignons à nos étudiants qu’il n’existe pas de solution unique à un problème juridique. Le droit repose sur une série d’hypothèses concernant la façon de résoudre des problèmes courants. Ces expériences m’ont aidée à enseigner cette notion.

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