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Nandini Ramanujam: Apprendre sur le terrain

Nandini Ramanujam

« Je me rends compte à quel point l’expérience a eu un effet catalyseur sur moi aussi. Vivre et enseigner à Kaunas pendant une période de transformation socio-économique – où l’on mettait à l’épreuve les concepts de bases de l’économie… »

Nandini Ramanujam a étudié l’économie à Oxford. Elle a participé directement à la refonte du système d’enseignement supérieur dans les pays autrefois communistes de l’Europe de l’Est et de l’ancienne Union soviétique. Les cours qu’elle enseigne portent sur l’État de droit, ainsi que sur les droits patrimoniaux et de la personne.

Elle a été nommée directrice générale du Centre sur les droits de la personne et le pluralisme juridique à la Faculté de droit en 2006. Nandini a été consultante au Centre cambodgien pour les droits de l’homme et, depuis 2001, elle siège au conseil d’administration de la Commission canadienne des droits de la personne, dont elle assure la présidence depuis 2003.

Quel est votre meilleur souvenir lié à l’enseignement?

En 1993, j’étudiais au doctorat à Oxford. J’étais plutôt découragée par mes travaux, à un point tel que j’en remettais le sens en question. C’est à cette époque que j’ai été embauchée par le Civic Education Project, lequel réunissait environ 120 jeunes spécialistes en sciences sociales qui iraient enseigner dans des universités en Europe de l’Est après la chute du mur de Berlin. On m’a envoyée en Lituanie, qui venait d’obtenir son indépendance de l’Union soviétique. C’était une période de grande transition, durant laquelle beaucoup espéraient des changements considérables. Le pays n’avait pas de monnaie – on utilisait des coupons – et il y avait une pénurie chronique de carburant et d’électricité, la Russie ayant cessé d’en fournir faute de paiement.

Quand je suis arrivée pour donner mon premier cours d’économie, les 30 étudiants devant moi portaient des vêtements d’hiver. Il faisait tellement froid que j’ai donné mon cours avec mes mitaines, ma tuque et mon manteau! Pourtant, les étudiants étaient enthousiasmés par les promesses d’une nouvelle façon d’apprendre, d’un espace pour la pensée critique et des discussions passionnantes. Les températures sous zéro à l’intérieur et à l’extérieur de la classe n’étouffaient en rien leur ardeur et leur motivation. À la fin des cours, la réciprocité de la relation établie avec eux était si chaleureuse qu’ils m’ont convaincue de revenir l’année suivante.

Lorsque je me remémore ces souvenirs, je me rends compte à quel point l’expérience a eu un effet catalyseur sur moi aussi. Vivre et enseigner à Kaunas pendant une période de transformation socio-économique – où l’on mettait à l’épreuve les concepts de bases de l’économie – m’a donné un éclairage réel sur ma recherche sur la transformation macroéconomique de l’économie russe postsoviétique. Je suis retournée à Oxford déterminée et les idées plus claires. J’ai terminé mon doctorat avec la satisfaction du travail accompli. Même si c’était une période turbulente, mon expérience a néanmoins été stimulante à plusieurs points de vue : j’ai appris que l’enseignement et l’apprentissage s’imbriquent l’un dans l’autre et qu’il est essentiel de comprendre un contexte dans son ensemble pour être un bon professeur.

 

Photos: Owen Egan

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