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Ravitailler la prochaine génération de scientifiques

mai 26, 2015

À son arrivée au Canada en 1966 en vue de sa maîtrise en physique à l’Université McGill, Samir Kharusi, M. Sc. 1968, Ph. D. 1971, n’avait ni argent, ni passeport : la révolution de 1964 dans son Zanzibar natal l’en avait privé alors qu’il était au premier cycle à l’Université de Birmingham en Angleterre.

À défaut de passeport, Kharusi a voyagé muni d’un laissez-passer d’une page au verso duquel était apposé un visa étudiant du Haut-commissariat du Canada à Londres. À la vue du visa, le douanier montréalais a grommelé : « Qu’est-ce que c’est, une lettre d’amour? » La relation qui deviendrait solide et durable entre Kharusi et l’Université McGill était mal engagée.

Kharusi a mené à bien sa maîtrise et son doctorat et travaillé en étroite collaboration avec Gerry Farnell, Ph. D. 1957, professeur de physique appliquée, directeur du Département de génie électrique et futur doyen de la Faculté de génie. Il mettra à profit cette expérience pour faire carrière dans l’industrie pétrolière à Oman. À sa retraite en 2000, Kharusi coordonnait presque toute la production pétrolière et gazière de ce pays.

N’ayant jamais perdu de vue ses liens avec l’Université McGill, Kharusi a institué au cours de l’année la Bourse internationale en sciences de la famille Kharusi, qui soutient les activités d’étudiants aux cycles supérieurs de la Faculté des sciences.

La préférence sera accordée aux étudiants natifs ou résidents de régions en proie à l’instabilité de nature politique, sociale ou religieuse, comme l’occupation, la guerre civile, la violence généralisée ou le déplacement de populations.

« Connaissant par expérience la difficulté d’arriver en tant qu’étudiant étranger, j’ai choisi une catégorie d’étudiants qui ont besoin d’aide. À l’Université McGill, chacun était bienvenu, peu importe sa nationalité ou sa religion. Et on pouvait échanger intelligemment avec tout le monde », confie-t-il.

La dénomination de la bourse souligne la relation de sa famille avec l’Université McGill, qui a diplômé deux générations, y compris sa conjointe Jocelyne Beaudet-Kharusi, M.A. 1970, qu’il a rencontrée à l’Université, ainsi que ses filles Scheherazade Kharusi-Olivella, B.A. 1995, et Lubna Kharusi, B. Com. 1997. Son gendre Peter Olivella, B.A. 1995, est aussi un diplômé mcgillois et son fils Soud Kharusi est inscrit à la Faculté des sciences.

Samir Kharusi a aussi pris sa foi en considération, les musulmans devant faire l’aumône et soutenir les organismes caritatifs, et a créé la bourse dans cet esprit pour aider les étudiants dans le besoin. Il souhaite qu’elle ait valeur d’exemple.

« J’espère que la bourse aura un effet d’entraînement et que les personnes soutenues aujourd’hui apporteront leur aide à autrui plus tard, dit-il. »