Projet de recherche du Groupe

Modernité et savoir à Montréal, 1815-1985

Financement de la recherche

Depuis ses débuts comme collectif de recherche dans les années 1970, le Groupe d’histoire de Montréal a été régulièrement financé par les grands organismes subventionnaires fédéral et provincial. La subvention obtenue par le groupe pour la période 2012-2016, une subvention équipe d’infrastructure du FRQSC, pour son programme de recherche Modernité et Légitimité à Montréal, 1800-2010, a donné lieu à des publications majeures, incluant des monographies de même que des articles parus dans des ouvrages collectifs et des revues scientifiques. En plus de la recherche, le financement et la formation professionnelle des étudiants aux cycles supérieurs demeurent au cœur de la mission que s’est donnée le Groupe d’histoire de Montréal. Pour mieux établir des liens avec la communauté et diffuser les résultats de ses recherches, le groupe organise aussi chaque année un colloque qui se tient le Premier mai, une série de conférences baptisée « Les jeudis d’histoire » qui ont lieu en fin d’après-midi et un séminaire informel qui prend place à l’heure du lunch baptisé « Muffins and Methodology ».

L’équipe de recherche 2017

La dernière subvention équipe FRQSC obtenue par le GHM pour la période 2017-2021 comprend deux groupes de chercheurs : ceux qui travaillent dans des universités québécoises  et ceux qui oeuvrent à l’extérieur du Québec. Le chercheur principal de l’équipe est Jarrett Rudy (Université McGill) ; les chercheurs québécois, au nombre de cinq, proviennent de quatre universités différentes (Université McGill, Université du Québec à Montréal, Université du Québec à Trois-Rivières, et Université Concordia) et d’un cégep montréalais (Dawson College). Les cinq collaborateurs de l’extérieur du Québec sont rattachés à  trois universités canadiennes (University of Toronto,  Ryerson University, Simon Fraser University) et une université américaine (Lehigh University, Pennsylvania).

Le projet: Modernité et savoir à Montréal, 1815-1985  

 Le projet du groupe intitulé Modernité et Savoir à Montréal, 1815-1985, est centré sur une exploration du phénomène de la modernité à Montréal entre ces deux dates, une période qui selon Eric Hobsbawn se caractérise par une maturation du capitalisme industriel international. La modernité est un thème fondamental dans l’évolution des sociétés occidentales depuis l’époque des Lumières et la problématique de recherche du groupe s’inspire d’une riche historiographie qui va de Max Weber à Pierre Bourdieu, Mary Poovey, et Jacques Rancière. De manière synthétique, on peut dire que l’approche du groupe considère les « identités qui découlent de la classe, de la nationalité, du genre, de l’âge et de la religion comme des constructions interdépendantes et associées à des périodes particulières de l’histoire » (tiré de la traduction de l’introduction de notre ouvrage collectif, Negotiating Identity in 19th- and 20th- Century Montreal, Bettina Bradbury et Tamara Myers (dir.), Vancouver, UBC Presse, 2005, qui se trouve sur le site internet du groupe). Selon nous, Montréal doit être appréhendée comme un espace urbain particulier qui présente des caractéristiques de classe, nationales, religieuses, territoriales et symboliques spécifiques. Au cours de ses 375 ans d’histoire, Montréal a été un carrefour d’échanges d’abord pour les Autochtones, puis pour  le commerce et la production durant les périodes coloniales française et britannique et, finalement, le lieu où s’est développé le capitalisme commercial et industriel canadien au 19e siècle. Nous mettons tout particulièrement l’accent sur les tensions entre la modernité et les forces qui ont cherché à résister à sa rapide transformation des espaces urbains, des institutions, des bureaucraties, de la science, et des formes de savoirs.           

La programmation de recherche proposée par le groupe dans sa dernière demande de subvention est construite autour du thème des transformations des formes de savoir plus traditionnelles et plus ancrées dans les réalités locales (selon le texte de la demande). À cet égard, les travaux de Jacques Rancière qui attirent l’attention sur l’expérience des groupes populaires, marginalisés par les pouvoirs économique et politique, nous ont parus particulièrement instructifs. Cette programmation de recherche se divise en trois axes : « Technologie et Société »; « Économie et droit » et « Mobilisations politiques ».  L’axe « Technologie et société », dirigé par Magda Fahrni, étudiera le rôle des gares ferroviaires à Montréal comme lieu de contrôle social, les effets du trafic ferroviaire sur les émotions et les sens et les chemins de fer comme source de pollution urbaine, y compris le bruit, la fumée et les odeurs. Le second axe, «Économie et droit », supervisé par Sylvie Taschereau, se concentre sur les populations urbaines marginalisées du point de vue des lois concernant le crédit et la protection des consommateurs, l’expérience des femmes dans les auberges, les tavernes et les petites boutiques et la participation, grossièrement sous-estimée, des Mohawks à l’économie de Montréal. Enfin, l’axe « Mobilisations politiques », placé sous la responsabilité d’Elizabeth Kirkland, s’intéressera au thème des groupes locaux et des inégalités.  Ce thème inclut des recherches portant sur la participation des femmes dans des associations cherchant à transformer la conception de la citoyenneté et de l’identité canadienne; sur la dimension montréalaise de la « March of Millions » contre la faim; sur le Québec comme destination pour les réfugiés politiques et religieux au 19e siècle et, enfin, sur les liens internationaux des joueurs de jazz qui se produisaient à Montréal.

 

 

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