Historique du GHM

Le Groupe d’histoire de Montréal (GHM) a pour ancêtre le Groupe de recherche sur l'histoire des milieux d'affaires de Montréal, un groupe de recherche fondé en 1976 à l’Université McGill par Richard Rice, Robert Sweeny et Brian Young. Les recherches du Groupe conduisirent, en 1978, à la publication d’un ouvrage signé par Robert Sweeny, Guide pour l'étude d'entreprises montréalaises et leurs archives avant 1947. Par la suite, le Groupe entreprit une analyse globale des archives notariales montréalaises du début du 19e siècle. Ce projet de recherche permit la réalisation de multiples thèses et mémoires, d’articles et de monographies incluant entre autres l’ouvrage de Brian Young, In its Corporate Capacity (1986), une étude du Séminaire de Montréal, de même que Les relations ville/campagne. Le cas du bois de chauffage (1988) de Robert Sweeny. Subséquemment, plusieurs projets de recherches se sont fondés sur les archives judiciaires, menant, notamment, à la publication de l’ouvrage collectif Sources in the Law Library of McGill University for a Reconstruction of the Legal Culture of Quebec, 1760-1890 (1987).

Dès sa première décennie d’existence, le Groupe de recherche sur l'histoire des milieux d'affaires de Montréal s’est illustré en tant que collectif de recherche où on accordait une attention croissante aux questions d’ordres méthodologique, historiographique et pédagogique. La problématique de la transition d’une économie préindustrielle à une économie capitaliste qui s'est opérée au 19e siècle, à Montréal, était alors au coeur des questionnements du Groupe qui s’inspirait du modèle du History Workshop en Angleterre. C’est également pendant cette période que furent établis les Jeudis d’histoire. Pour toute une génération d’historiennes et d’historiens, ces soirées, tenues à la saison hivernale et suivies d’un goûter, offraient et offrent toujours une tribune officieuse pour présenter leurs recherches en cours et pour échanger des idées. Vers la même époque, les conférences, colloques et exposés du Premier Mai ont été organisés dans un effort pour jeter des ponts entre la communauté et le milieu universitaire. Le séminaire sur l’Histoire de Montréal — cours figurant au programme des cycles supérieurs en histoire de l’Université McGill —, articulé chaque année autour d’un thème particulier de l’histoire de Montréal et dans lequel les participants mènent collectivement des recherches à l’aide de sources – s’est avéré et s'avère toujours une avenue importante pour la formation des étudiants aux deuxième et troisième cycles. Mary Anne Poutanen et Donald Fyson figurent parmi les historiens recrutés par le Groupe à travers ces séminaires. Dans le cadre des débats publics d’alors qui portaient sur la question nationale et sur l’adoption de la loi 101, le Groupe de recherche sur l'histoire des milieux d'affaires de Montréal, basé dans une université anglophone, appuya les efforts pour faire reconnaître le français en tant que langue nationale du Québec. De même, le Groupe entreprit de faciliter l’adaptation de ses membres étudiants et d’enchâsser ses recherches et ses publications à l’intérieur de cette nouvelle réalité intellectuelle québécoise.

En 1989, la plupart des membres du Groupe de recherche sur l'histoire des milieux d'affaires de Montréal se sont regroupés autour du Groupe d’histoire de Montréal. Bien qu’à l’intérieur de cette nouvelle équipe de recherche les principes de socialisme et de travail collectif demeurent fondamentaux, on attribua progressivement plus d’importance aux questions féministes tant dans la recherche que dans l’enseignement de l’histoire. Témoin du massacre de l’École Polytechnique de Montréal où 14 femmes furent tuées (1989), du référendum de 1995 et du Sommet de Québec de 2001, le GHM a toujours maintenu son souci d’aborder, à travers les recherches historiques et les écrits de ses membres, des questions sociales portant sur le genre, la classe, la nation et l’ethnie. Les forces qui demeurent encore des traits caractéristiques du Groupe d’histoire de Montréal, se trouvaient dans l’attention constante que portaient ses membres aux questions théoriques autant qu'à leurs recherches dans les riches collections d’archives montréalaises. Tout au long de son histoire, le Groupe a porté un intérêt particulier aux institutions, à l’État ainsi qu’au domaine du politique. Aussi, les ouvrages de Bettina Bradbury ( Working Families : Age, Gender and Daily Survival in Industrializing Montreal , 1993; traduit en français sous le titre Familles ouvrières à Montréal : âge, genre et survie quotidienne pendant la phase d'industrialisation parut en 1995), de Donald Fyson ( The Court Structure of Quebec and Lower Canada 1764-1860 , 1994) et de Brian Young ( The Politics of Codification : The Lower Canadian Civil Code of 1866 , 1994) démontrent l’attention grandissante du Groupe d’histoire de Montréal pour des analyses basées sur les concepts de genre, de classe et du droit.

Lorsque Suzanne Morton, Denyse Baillargeon, Andrée Lévesque et Tamara Myers joignirent le Groupe, de nouveaux objets de recherche tels la famille, la jeunesse, la sexualité et la régulation du corps féminin s’ajoutèrent aux thèmes abordés par le GHM (pour une liste complète de leurs publications, consulter la Liste de publications). Les recherches du Groupe, solidement appuyées sur son expertise en matière d’analyse des documents notariés, se sont pareillement élargies à une plus vaste gamme de sources judiciaires de même qu’à des sources culturelles qui témoignent également de l’intérêt grandissant du Groupe pour l’histoire culturelle et matérielle, ainsi que pour l’espace historique et la spécificité montréalaise. Parmi les publications qui se rapportent aux recherches des années 1990, notons celle de Tamara Myers, Kate Boyer, Mary Anne Poutanen et de Steve Watt qui ont collectivement dirigé Power, Place and Identity. Historical Studies of Social and Legal Regulation in Quebec (1998). Une plus jeune génération d’historiens, dont Jarrett Rudy, Sylvie Taschereau, Karine Hébert, Lorraine O’Donnell et Magda Fahrni, a aussi contribué au renouvellement des intérêts de recherche du GHM en l’amenant à pousser plus loin dans l’exploration de la culture, de la consommation et de la question des identités. En 2005, sous la direction de Bettina Bradbury et de Tamara Myers, le Groupe d’histoire de Montréal publie un ouvrage collectif intitulé Regulating and Negotiating Identities in 19th- and 20th-century Montreal.

D’un groupe composé de huit à dix membres dans les années 1980, le Groupe d’histoire de Montréal a maintenant doublé ses effectifs constitués de professeurs, d’étudiants et d'étudiantes aux cycles supérieurs et de chercheurs indépendants. En 2005, les étudiants aux cycles supérieurs et les professeurs membres du GHM proviennent d’universités réparties à travers le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique: McGill University, l'Université de Montréal, l'UQAM, Concordia University, l'Université Laval, l'UQTR, l'UQAR, Queen’s University, York University et University of British Columbia. Originalement vouées à l’étude du 19e siècle, les recherches du Groupe comptent aujourd’hui un nombre égal de projets se penchant sur les 19e et 20e siècles. Ainsi, les membres du GHM se réunissent actuellement en équipe de recherche autour de projets d’une durée de trois ou quatre années. Le Groupe de recherche sur l'histoire des milieux d'affaires de Montréal fut d’abord subventionné par la Fondation de la famille de Samuel et Saidye Bronfman et Phyllis Lambert, ensuite par la Fondation Max Bell et le Ministère de l’Éducation du Québec. La majorité des subventions du Groupe d’histoire de Montréal provient du CRSH et du FQRSC (anciennement le FCAR). L’aide financière de ces deux organismes subventionnaires a été essentielle aux projets individuels et collectifs des membres du GHM, de même que pour l’appui aux étudiants qui y ont été associés. Le Groupe encourage la participation des étudiants et du public dans ses activités en mettant également à leur disposition ses bases de données et son centre de documentation.

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