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Un supplément nutritif stimule la productivité des plantes

On trouve dans la nature beaucoup d’exemples d’espèces différentes qui coopèrent pour survivre.  Le plus connu est sans doute le pluvian fluviatile – ce minuscule oiseau réputé pour se nourrir des débris de nourriture entre les dents des crocodiles du Nil.  Si vous trouvez insensé qu’un oiseau de 50 grammes s’aventure dans la gueule d’un crocodile, songez plutôt que le pluvian se procure facilement un repas, et que le crocodile qui tolère l’oiseau (plutôt que de s’en régaler) obtient en échange un nettoyage dentaire gratuit.  Dans une telle interaction — une symbiose — chacun y gagne.

Professeur à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement, Don Smith  est à l’avant-garde du mouvement mondial qui cherche des façons vertes et propres de nourrir une population en pleine croissance.  L’objet de ses travaux est aussi une symbiose, mais une symbiose qui associe des légumineuses (comme du soya, des pois et des lentilles) et certains types de bactéries vivant dans leurs racines.

« Les bactéries fixent l’azote de l’atmosphère, explique le chercheur, et en nourrissent les plantes qui peuvent ainsi croître sans apport d’engrais azoté.  Les plantes produisent aussi des composés dont les bactéries ont besoin pour amorcer la symbiose.  Les plantes et les bactéries s’échangent alternativement des composés de signalisation, en une sorte de bavardage moléculaire qui ressemble à un échange de mots de passe.  Or il se trouve que les signaux qui vont du microbe à la plante ont aussi pour effet de stimuler directement la croissance végétale – et cela ne s’observe pas uniquement chez les légumineuses, mais aussi chez beaucoup de plantes. »

Toutefois, un climat froid (comme celui du Canada) et différents autres facteurs peuvent empêcher les plantes et les bactéries d’échanger.  Il en résulte des plantes plus petites, de moissons moins abondantes et moins de nourriture pour tout le monde.  Pour pallier ce problème, Don Smith et son équipe ont décidé de cultiver eux-mêmes le « mot de passe » chimique des bactéries et de le distribuer sous forme de supplément végétal.

« Les signaux de la plante au microbe étaient déjà disponibles sur le marché, explique Don Smith, au contraire des signaux inverses, indispensables pour stimuler la croissance.  Nous avons obtenu un brevet pour notre supplément qui sera disponible au Canada la saison prochaine. »

Les agriculteurs qui utiliseront le nouveau supplément peuvent s’attendre à une augmentation d’environ 5 % du rendement de leurs cultures, à un coût d’à peine quelques cents par hectare.  Si 5 % semblent peu, songez qu’en un an, on cultive quelque 212 millions de tonnes métriques de soya dans le monde. Une augmentation de 5 % se traduirait par 10,6 millions tonnes de plus.

Le supplément réduit aussi les besoins en engrais azotés, sources de gaz à effet de serre. « À chaque épandage d’engrais azoté, il s’en évapore 1 ou 2 % dans l’atmosphère sous forme d’oxyde nitreux – un puissant gaz à effet de serre qui capte la chaleur 310 fois plus efficacement que le gaz carbonique », précise Don Smith.

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