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Scolarité de la mère et dépression chez l’enfant

Nouvelles

Publié: 31 Mai 2013

Une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de l’Université McGill indique que les enfants dont la mère n’a pas terminé son cours secondaire courent un  risque deux fois plus élevé de souffrir d’un épisode dépressif majeur au début de l’âge adulte que ceux dont la mère a terminé avec succès ses études secondaires.

« Les résultats que nous avons obtenus indiquent que l’absence d’études secondaires chez la mère influe considérablement sur le risque d’épisode dépressif majeur chez ses enfants au début de l’âge adulte », affirme Amélie Quesnel-Vallée, auteure principale de l’étude. Selon les chercheurs, cette augmentation du risque de dépression ne peut être attribuable à des antécédents parentaux de dépression, à l’adversité en début de vie, au niveau de scolarité de l’enfant, ni au revenu de ce dernier au début de l’âge adulte.  

Cette étude est la première au Canada à établir la distinction entre l’effet exercé par le niveau de scolarité de la mère et celui du père sur l’augmentation du risque de dépression au début de l’âge adulte. Elle porte sur une cohorte de 1 267 personnes ayant participé à l’Enquête nationale sur la santé de la population. Les participants ont d’abord été interrogés en 1994, lorsqu’ils étaient âgés de 12 à 24 ans et habitaient avec leurs parents. Ils ont ensuite fait l’objet d’un suivi pendant 12 ans, après quoi les chercheurs ont évalué le risque d’épisode dépressif majeur auquel ils étaient exposés entre 22 et 36 ans.  

« La dépression au début de l’âge adulte survient à un moment critique, lorsque la personne qui en souffre est encore aux études ou en formation, elle amorce sa carrière ou fonde une famille. Les perturbations causées par cette maladie peuvent parfois entraîner une interruption du fil de ces événements de la vie qui risque d’avoir des répercussions permanentes », précise la professeure Quesnel-Vallée.

Fait intéressant, les données recueillies ont permis de conclure que le niveau de scolarité du père n’avait aucune incidence sur le risque de dépression. « Ces résultats, ainsi que les conclusions selon lesquelles l’effet exercé par le niveau de scolarité de la mère ne pouvait s’expliquer par la scolarité de l’enfant ni son revenu, semblent indiquer que les compétences parentales de la mère pourraient être en cause », affirme l’auteure principale de l’étude.

« L’éducation permet d’acquérir des compétences pratiques ‒ notamment dans les domaines de la communication, de l’analyse et de la résolution de problèmes ‒ et procure le sentiment d’avoir une plus grande emprise sur sa vie », affirme Alison Park, chercheuse à l’Institut national de santé publique du Québec, qui a contribué à cette étude dans le cadre de son programme de maîtrise, sous la supervision de la professeure Quesnel-Vallée. « Il se peut qu’une mère mieux instruite compose plus facilement avec les difficultés associées à l’éducation d’un enfant. Cette confiance accrue et ce sentiment de maîtrise peuvent aussi servir de modèle à ses enfants. »

L’article des chercheurs mcgillois, intitulé Life course socioeconomic position and major depression in Canada, a été publié dans la revue scientifique Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology (http://bit.ly/Parketal_2013).

Cette étude est financée par une bourse du Fonds de recherche en santé du Québec, les Instituts de recherche en santé du Canada et le programme de subventions de contrepartie du Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales.

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Contact: Cynthia Lee
Organisation: Relations avec les médias, Université McGill
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