Plus de glace sur l'océan Arctique en été dès 2040, selon une étude

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Une recherche financée par la NASA révèle que le retrait pourrait être plus spectaculaire qu'on le croyait

Le retrait de la glace récemment amorcé dans l'océan Arctique semble s'accélérer à une vitesse telle que, dès 2040, il pourrait n'y avoir presque plus de glace en été, conclut une récente étude menée par trois chercheurs, dont Bruno Tremblay du Département de sciences atmosphériques et océaniques de l'Université McGill. L'étude a été dirigée par Marika M. Holland, chercheuse auprès du National Center for Atmospheric Research (NCAR) et Cecilia M. Bitz de l'Université de Washington, et paraît dans le numéro du 12 décembre de la revue Geophysical Research Letters.

Dans le contexte de cette étude, qui analyse l'impact des émissions de gaz à effet de serre sur l'océan Arctique, des scénarios réalisés par de puissants ordinateurs montrent que la couche de glace, dont l'épaisseur est calculée chaque année en septembre, pourrait diminuer si abruptement que, d'ici une vingtaine d'années, elle disparaîtrait à un rythme quatre fois plus élevé que tout ce qu'on a pu enregistrer depuis que les données sont consignées. Les modèles informatiques indiquent que, si les gaz à effet de serre continuent de s'accumuler au rythme actuel, la couverture de glace connaîtra des périodes de stabilité relative suivies de retraits abrupts. Une simulation entre autres montre qu'en 2040, il ne resterait plus qu'une mince quantité de glace éternelle le long des côtes septentrionales du Groenland et du Canada durant les mois d'été.

« L'eau en haute mer absorbe les rayons du soleil plus facilement que la glace, explique Bruno Tremblay, et voilà pourquoi plus la glace disparaît, plus le réchauffement s'accentue. » On craint aussi que le changement climatique ne détourne les courants marins pour faire aboutir des courants plus chauds dans l'Arctique.

Les scientifiques, après avoir passé en revue 15 autres modèles climatiques importants, concluent que si on parvenait à réduire les émissions de dioxyde de carbone et d'autres gaz à effet de serre, la perte de glace serait moins grande et la glace de mer fondrait en été à un rythme beaucoup plus lent.

L'étude a été financée par la Fondation nationale des sciences et la NASA.

Bruno Tremblay s'est joint au Département de sciences atmosphériques et océaniques de l'Université McGill en 2006, après avoir passé 10 ans à l'Université Columbia comme chercheur et membre du corps enseignant. Il a reçu plusieurs distinctions, dont le prix de la Société canadienne de météorologie et d'océanographie pour la meilleure thèse de doctorat en sciences atmosphériques et océaniques; le prix d'excellence de l'Académie des Grands Montréalais; une bourse de la National Oceanic and Atmospheric Administration aux Etats-Unis; et le poste de chargé de cours Storke Doherty à l'Université Columbia.

Trouver des images du retrait de la glace de mer sur le site www.ucar.edu/news/releases/2006/arcticvisuals.shtml

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