3e Colloque sur la compétition et l'innovation — « What Performance? From Economic Performance to Corporate Citizenship »
Conférenciers
Michel
Albouy, Université Pierre Mendès France, Grenoble
L'hon.
Mary K. Bush, Bush International
Jean-François Gascon, v.-p, Développement des capacités
SNC-Lavalin
Jean-François Gaudreault-DesBiens, Faculté de droit, Université
de Montréal
Richard Janda,
Faculté de droit, Université McGill
Pierre-Emmanuel
Moyse, Faculté de droit, Université McGill
Stéphane Rousseau, Faculté de droit, Université de Montréal
Formation reconnue par le Barreau du Québec - 4 heures
Résumé
Beaucoup a été dit et écrit sur les salaires et les primes
reçues par les dirigeants. Sans doute la crise actuelle met en
doute un certain nombre de pratiques visant à récompenser la
performance et à concilier la rémunération avec l'objectif de
maximisation du profit d’entreprise: ils mènent à l'excès. La
disparition d'Enron et de Lehman Brothers, les révélations qui ont
suivi, l'utilisation frauduleuse des mécanismes de comptabilité, le
rôle douteux des avocats et des conseillers – voilà qui place la
question de l'indemnisation au cœur d'une révision nécessaire de la
gouvernance d'entreprise. Les cadres et les conseillers
professionnels - y compris les avocats - sont sous surveillance et
la loi est un instrument par lequel l'Etat peut prendre des
mesures.
Les régimes d'indemnisation modernes ont longtemps reflété d’école
de pensée dominante, qui est ancrée dans la littérature juridique,
économique et politique provenant de l'École de Chicago. Dans cette
tradition, la gouvernance d'entreprise est examinée sous l'angle
des mécanismes de rapport coût-efficacité, à l'exclusion d'autres
paramètres. Cette approche est encore aujourd'hui prédominante. De
nombreux chercheurs en droit et économie continuent d'ignorer les
études de la gouvernance d'entreprise qui ne traitent pas avec la
performance économique (par exemple les approches sociales et
éthiques de la rémunération des administrateurs).
Une fois que le principe de base de la maximisation du profit est
contesté, la justification fréquente de compensation prend un jour
douteux. L'exercice ne peut consister seulement d'aligner la
performance de l'entreprise avec la rémunération. Même si on
suppose que ce mode de répartition est souhaitable, il ne reflète
pas la pratique de la rémunération et des primes. Les affaires
juridiques récentes et la littérature de gestion démontrent
clairement le découplage fréquent entre la rémunération des cadres
supérieurs et la performance financière d'une entreprise.
Cette conférence examinera les justifications théoriques et
pratiques qui sous-tendent les mécanismes de rémunération des
dirigeants à la lumière des questions plus vastes concernant le
rôle des sociétés dans la société et la gouvernance d'entreprise.
La question de la responsabilité d'entreprise et celle de ses
administrateurs et conseillers professionnels a relancé le débat
entourant le statut des sociétés, non seulement en tant que sujets
de droits, mais aussi d’obligations.
Organisé par le Centre sur les politiques de propriété intellectuelles de mcGill et le Centre de recherche en droit public de l'Université de Montréal.
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