La composition bactérienne du lait maternel change au fil du temps

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Une technologie génomique lève le voile sur un écosystème bactérien complexe et dynamique
Publié: 16mar2021

Les bactéries bénéfiques que la mère transmet à son enfant par le lait maternel changent considérablement au fil du temps et pourraient stimuler le système immunitaire et le métabolisme des nourrissons. C’est ce que révèle une étude publiée dans Frontiers in Microbiology et menée à Montréal et au Guatemala. Ces constats pourraient avoir d’importantes répercussions sur le développement et la santé des nourrissons.

Les chercheurs ont découvert des espèces bactériennes jamais détectées auparavant dans le lait maternel. Jusqu’à présent, nous savions peu de choses sur le rôle de ces bactéries, qui protégeraient le tube digestif du nourrisson et auraient des effets bénéfiques sur la santé à long terme, notamment une protection contre les allergies.

« Nous avons remarqué que des espèces bactériennes présentes dans nos échantillons de lait maternel avaient une fonction commune de destruction de substances étrangères, ou xénobiotiques, qui pourrait jouer un rôle de protection contre des toxines et des substances polluantes », explique Emmanuel Gonzalez, coauteur de l’article et bio-informaticien à l’Université McGill. Cette découverte nous éclaire sur le rôle des mères dans la construction du système immunitaire de leur nourrisson.

Des différences selon le moment de la période d’allaitement

Pour en savoir plus sur le microbiote du lait maternel, les scientifiques ont analysé des échantillons à l’aide d’une technologie d’imagerie haute résolution mise au point par l’Université McGill et l’Université de Montréal pour la détection de bactéries dans la Station spatiale internationale.

Ils ont analysé le lait de mères mayas mam vivant dans huit communautés rurales éloignées des hautes terres de l’ouest du Guatemala, et ont comparé la composition du microbiote à deux moments de la période d’allaitement, soit au début (du 6e au 46e jour après la naissance) et à la fin (du 109e au 184e jour).

Presque toutes les mères mayas mam allaitent pendant la période de six mois recommandée par l’Organisation mondiale de la santé, alors que seulement 26 % des mères nord-américaines le font. « Grâce à cette période d’allaitement plus longue, nous avons pu constater des changements importants dans les bactéries qui sont transmises aux nourrissons au fil du temps et qui pourraient avoir des effets sur leur santé à long terme », précise Emmanuel Gonzalez.

La technologie génomique utilisée par les scientifiques a révélé des espèces bactériennes présentes chez toutes les mères mayas mam et a donné un aperçu des diverses bactéries transmises aux bébés.

Pour Kristine Koski, coauteure et professeure agrégée à l’École de nutrition humaine de l’Université McGill, il faut étudier les microbiotes de diverses communautés pour comprendre les différences chez les humains. « Comme la plupart des études sur le microbiote du lait maternel ont été réalisées dans des pays à revenu élevé, nous avons un tableau incomplet des bactéries importantes transmises aux nourrissons. »

Les chercheurs estiment qu’il faudra travailler auprès de populations sous-représentées pour bien comprendre le microbiote du lait maternel et les facteurs qui influent sur sa composition, et ils espèrent que leurs découvertes favoriseront une recherche plus inclusive et plus exhaustive.

 À propos de l'étude

L’article « Distinct Changes Occur in the Human Breast Milk Microbiome Between Early and Established Lactation in Breastfeeding Guatemalan Mothers », par Emmanuel Gonzalez, Nicholas J. B. Brereton, Chen Li, Lilian Lopez Leyva, Noel W. Solomons, Luis B. Agellon, Marilyn E. Scott et Kristine G. Koski, a été publié dans la revue Frontiers in Microbiology.

DOI : https://doi.org/10.3389/fmicb.2021.557180


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