Entretien avec la Pre Shari Baum au sujet du Plan de recherche stratégique de la Faculté

Nouvelles

Publié: 26avr2019

La Faculté de médecine de l’Université McGill a dévoilé en 2014 son nouveau Plan de recherche stratégique (PRS), qui a ensuite été mis à jour en 2017 dans le cadre de son exercice de planification stratégique intitulé Projet Renaissance. La Pre Shari Baum, récemment nommée vice-doyenne exécutive, Sciences de la vie de la Faculté de médecine, a joué un rôle important dans l’élaboration de la version actuelle du plan. Elle nous a accordé un entretien au sujet de l’état actuel d’avancement du plan, de l’orientation stratégique facultaire en matière de recherche, et de l’impact du plan pour les nombreux chercheurs de grand talent que compte la Faculté.

La Faculté a dévoilé son nouveau Plan de recherche stratégique en 2014. Pourquoi a-t-on dû le revisiter deux ans plus tard, et pourquoi continue-t-il d’évoluer?

Dès le début, le Plan de recherche stratégique (PRS) de la Faculté se voulait un document « évolutif ». Nous voulions être en mesure de réagir avec souplesse à l’émergence de nouveaux domaines d’importance stratégique, et d’évaluer de façon continue les progrès par rapport à nos objectifs initiaux et à nos priorités d’investissement stratégique. Après deux ans et demi, nous avons décidé de réexaminer nos priorités, ce qui a bien coïncidé avec le Projet Renaissance du doyen Eidelman.

Comment avez-vous sélectionné les nouveaux éléments du plan?

Pour examiner de nouveaux domaines d’importance stratégique en recherche, nous avons formé un comité composé de membres du corps professoral représentant les divers domaines de recherche à la Faculté. Nous avons aussi consulté les leaders en recherche pour connaître les secteurs émergents jugés importants et les domaines où il fallait investir. À partir des avis recueillis, nous avons retenu les domaines qui, selon le comité et les leaders consultés, nous permettraient non seulement de consolider les forces de la Faculté, mais aussi d’emprunter des avenues innovantes, à l’avant-garde des sciences biomédicales.

Quels sont quelques-uns des grands défis du monde de la recherche auxquels font face nos chercheurs, et comment le PRS aide-t-il à les aborder?

Notre PRS cible certains des défis les plus pressants à l’heure actuelle. Les neurosciences sont depuis longtemps l’une des forces de McGill, comme en témoigne la grande initiative Cerveau en santé, vie en santé, subventionnée par le Fonds d’excellence en recherche Apogée Canada. Comprendre le cerveau ainsi que les troubles développementaux et dégénératifs qui l’affectent représente assurément l’un des grands défis actuels en recherche. Nous essayons non seulement de combattre des maladies qui ont un énorme impact sur la vie des gens, mais aussi de comprendre les fondements du fonctionnement humain.

Le cancer et les maladies infectieuses sont deux autres domaines qui posent les plus grands défis pour la santé de la population. En investissant dans la recherche sur les cellules souches et la médecine régénératrice, nous cherchons à développer de nouvelles approches thérapeutiques pour ces types de maladies.

Par ailleurs, avec l’importance grandissante de la recherche en génomique et en imagerie à différentes échelles, des quantités phénoménales de données sont générées et exigent des méthodes d’analyse à la fine pointe de la technologie. Pour pouvoir tirer parti de techniques d’avant-garde, nous avons donc également choisi d’investir en médecine computationnelle. Les méthodes qui seront mises au point s’appliqueront dans divers domaines de recherche et nous aideront à passer du travail en laboratoire aux applications cliniques.

Le PRS crée-t-il des possibilités de financement pour la communauté de recherche de la Faculté de médecine?

En déterminant les priorités stratégiques de la Faculté, nous pouvons canaliser nos investissements et soutenir des idées innovantes dans ces secteurs d’importance stratégique. Les projets de recherche qui cadrent avec le PRS peuvent être admissibles à un certain soutien financier et à des programmes de financement externes qui exigent un soutien institutionnel. Des priorités de recherche clairement établies dans des domaines représentant des forces particulières de la Faculté ouvrent également la voie à des initiatives philanthropiques, puisque nous communiquons davantage avec des partenaires externes et avec la communauté au sujet de nos priorités stratégiques.

Quels peuvent être les avantages de cet exercice et de la mise à jour du PRS pour les patients ou la société en général?

Comme je l’ai mentionné précédemment, nous estimons qu’en réunissant une masse critique de chercheurs qui travaillent sur des priorités stratégiques, nous pourrons mettre au point des approches novatrices de diagnostic et de traitement de plusieurs types de maladies, tout en faisant progresser les connaissances fondamentales qui sont la pierre d’assise de toutes les innovations cliniques.

Comment pouvons-nous assurer la pertinence continue de McGill sur la scène internationale, et quel rôle le PRS joue-t-il à cet égard?

Beaucoup (voire la plupart) des chercheurs à la Faculté participent déjà à des collaborations et partenariats internationaux, lesquels sont essentiels pour faire avancer la science dans un contexte mondialisé. En énonçant clairement nos priorités stratégiques, nous indiquons à nos collaborateurs et au monde entier les domaines dans lesquels nous excellons, que nous souhaitons développer et pour lesquels nous cherchons à conclure des partenariats internationaux en recherche et avec l’industrie. Cela dit, les secteurs qui ne sont pas explicitement mentionnés dans le PRS ne sont pas moins pertinents sur la scène internationale, mais les domaines qui y sont identifiés signalent où nous concentrons nos investissements à l’heure actuelle, ce qui peut donner lieu à des partenariats à une échelle différente de celle d’un laboratoire individuel ou d’un groupe de recherche.