Alfonso Mucci reçoit le Prix Acfas Michel-Jurdant

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L’environnementaliste est reconnu pour son habileté exceptionnelle à conjuguer des analyses de laboratoire rigoureuses avec un travail assidu sur le terrain

Par Fergus Grieve, stratège en communications, Faculté des sciences

Alfonso Mucci, professeur au Département des sciences de la Terre et des planètes, est l’un des neuf éminents universitaires québécois honorés pour leurs contributions exceptionnelles à la recherche lors du gala annuel de l’Association francophone pour le savoir (Acfas), qui s’est tenu à Montréal le 13 novembre dernier.

Le Pr Mucci a reçu le Prix Acfas Michel-Jurdant en reconnaissance de son travail remarquable sur l’état de santé de l’estuaire du Saint-Laurent et des océans de la planète.

Le Pr Mucci a acquis sa renommée au début des années 1980, par ses travaux de recherche sur la solubilité de minéraux composés de carbonate de calcium dans l’eau de mer, qui lui permettront d’établir des mesures fiables de l’acidification des océans. Encore aujourd’hui, son travail fournit des points de référence pour le suivi de l’acidification progressive des océans attribuable à l’absorption du dioxyde de carbone d’origine anthropique émis dans l’atmosphère – un processus qui constitue une sérieuse menace pour la vie marine.

Catastrophe en cours
Au tournant des années 2000, le Pr Mucci se penche sur le problème d’acidification des eaux profondes de l’estuaire du Saint-Laurent et de l’Arctique. Il est le premier à démontrer l’existence d’une zone d’eaux profondes de l’estuaire du Saint-Laurent appauvrie en oxygène, phénomène qui provoque la disparition de certaines espèces de poissons et de crustacés ainsi que d’autres formes de vie marine dans un environnement qui, auparavant, présentait une grande biodiversité.

« Il y a une catastrophe en cours, mais on ne la voit pas, on n’en parle pas », déplore le Pr Mucci, au sujet de l’état de santé de l’estuaire du Saint-Laurent et des océans de la planète.
Au cours de recherches ultérieures, le scientifique confirme le lien entre l’appauvrissement en oxygène observé dans la colonne d’eau et l’acidification de l’eau, transformation qui, d’ici la fin du siècle, risque d’avoir de très graves conséquences sur l’état de santé des écosystèmes marins à la surface des océans.

Captation du mercure
Le Pr Alfonso Mucci apporte une autre contribution importante aux sciences de l’environnement, par les travaux qu’il a menés avant et après le déluge du Saguenay de 1996. Les sédiments du fjord du Saguenay renferment de grandes quantités de mercure, vestiges de l’activité industrielle qui a eu cours de 1947 à 1976. Grâce à un travail de terrain méticuleux échelonné sur une période de dix ans, l’équipe de recherche du Pr Mucci a découvert que le mercure est désormais piégé sous des couches sédimentaires remobilisées par le déluge. Ces résultats nous fournissent de précieux renseignements sur les modes de captation durable de cet important contaminant des écosystèmes marins.

Le Pr Mucci participe également à de nombreux programmes de recherche nationaux et internationaux, notamment l’étude JGOFS (Joint Global Ocean Flux Study). Depuis 2003, accompagné de ses étudiants, il prend part aux activités en mer d’ArticNet. À bord du brise-glace de recherche NGCC Amundsen, ils étudient l’incidence de la fonte des glaces sur le flux de dioxyde de carbone à l’interface air-mer et les mécanismes d’acidification des eaux arctiques.

Le Pr Alfonso Mucci reçoit le Prix Acfas Michel-Jurdant en reconnaissance de son travail remarquable sur l’état de santé de l’estuaire du Saint-Laurent et des océans de la planète.
(Photo : Hombeline Dumas)

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