Exhibition | A Gay Revolution? The 50th Anniversary of the Partial Decriminalization of Queer Sex in Canada

Event

10Oct201910:30
to
24Dec201918:00
McLennan Library Building Main floor lobby, 3459 rue McTavish, Montreal, QC, H3A 0C9, CA

 

La version française suit

This exhibition marks the 50th anniversary of the passage of Omnibus Bill C-150—often seen as a major milestone for gay rights in Canada. Before 1969, sex between men was illegal. Being homosexual/gay/queer was not a crime. Acting on illicit sexual desires could result in imprisonment under the terms of English-derived Victorian legislation targeting “unnatural offences” (sodomy or buggery) and “gross indecency.” There was no legal prohibition on sex between women. 

In Great Britain, the Wolfenden Report of 1957 recommended that sex between two men over the age of 21 in private be decriminalized. A decade later, the British Parliament acted on this recommendation in the Sexual Offences Act 1967. In Canada, homophile organizations
such as the Association for Social Knowledge in Vancouver, activists working through the liberal churches, and some elements of the media and the legal profession, drew heavily on Wolfenden to make a claim for a legal private space for homosexuals.

The 1969 Act partially decriminalized gay male sex on Wolfendenian lines. This was progress of a sort, but it wasn’t gay liberation. The language of the debates in the parliaments on both sides of the Atlantic had been steeped in notions of sickness, perversion, and moral corruption. The stigma against homosexuality remained. Arrests for homosexual offences increased after decriminalization as the authorities rigorously policed the now more sharply defined public space. And it was still quite legal to discriminate against men and women because of their sexual orientation.

Gay liberation was to come from gays and lesbians themselves. It dates its immediate origin to 28 June 1969—the Stonewall Riots in New York City. Within weeks, gays and lesbians in New York had formed the Gay Liberation Front, which spawned imitators elsewhere, such as the Front de libération homosexuelle in Montreal. The battle for rights since the 1970s has been long and hard — especially with the enormity of the AIDS pandemic in the 1980s and 90s. Grass-roots organization, the militancy of gay rights’ activists, the resistance to police oppression (the push-back against the police raids of the Truxx bar in 1977 and of Sex Garage in 1990 in Montreal, for example), the annual Pride parades, the individual acts of bravery in coming out and standing proud: all have contributed to progress. So has the amorality of capitalism: the realization by business that there was money to be made from the “pink dollar”—the cultivation of queer consumers.

Progress in gay civil rights, epitomized by the full legalization of gay marriage across Canada in 2005, is undeniable. But, as the final part of this exhibition emphasizes, there is still much work to be done to ensure full rights and acceptance for all members of the queer community. The gay revolution continues!

Curated by Brian Lewis, Christopher Lyons & Michael David Miller


Exposition : Une révolution gay ? Le 50e anniversaire de la décriminalisation partielle des relations homosexuelles au Canada

Cette exposition marque le 50e anniversaire de l’adoption du projet de loi omnibus C-150, souvent considéré comme un tournant important pour les droits des gai-e-s au Canada. Avant 1969, les relations sexuelles entre hommes étaient illégales. Le fait d’être homosexuel-le, gai-e ou queer n’était pas un crime. Le fait d’agir sur des désirs sexuels illicites pourrait entraîner une peine d’emprisonnement en vertu des dispositions de la législation victorienne d’origine anglaise visant les « infractions contre nature » (sodomie) et la « grossière indécence ». Il n’y a pas d’interdiction légale des rapports sexuels entre femmes.

En Grande-Bretagne, le rapport Wolfenden de 1957 recommandait la décriminalisation des relations sexuelles entre deux hommes de plus de 21 ans en privé. Dix ans plus tard, le Parlement britannique a donné suite à cette recommandation dans le Sexual Offences Act de 1967. Au Canada, des organisations homophiles comme l’Association for Social Knowledge de Vancouver, des militant-e-s travaillant par l’intermédiaire des églises libérales et certains éléments des médias et de la profession juridique se sont fortement inspiré-e-s de Wolfenden pour réclamer un espace privé légal pour les homosexuel-le-s.

La loi de 1969 a partiellement décriminalisé le sexe entre hommes sur des lignes Wolfendeniennes. C’était une sorte de progrès, mais ce n’était pas une libération gaie. Le langage des débats dans les parlements des deux côtés de l’Atlantique était imprégné de notions de maladie, de perversion et de corruption morale. La stigmatisation à l’égard de l’homosexualité demeure. Les arrestations pour délits homosexuels ont augmenté après la dépénalisation en raison d’une hausse de surveillance de l’espace public par des autorités. Il était encore tout à fait légal de discriminer les hommes et les femmes en raison de leur orientation sexuelle. La libération homosexuelle devait venir des gais et des lesbiennes eux et ellesmêmes. Elle remonte à son origine immédiate au 28 juin 1969 - les émeutes de Stonewall à New York. En quelques semaines, les gais et les lesbiennes de New York avaient formé le Gay Liberation Front, qui a inspiré la fondation d’organisations similaires, comme le Front de libération homosexuelle à Montréal.


La lutte pour les droits depuis les années 1970 a été longue et difficile, surtout avec l’énormité de la pandémie du sida dans les années 1980 et 1990. L’organisation populaire, le militantisme des militant-e-s des droits des gai-e-s, la résistance à l’oppression policière (la répression des descentes policières du Bar Truxx en 1977 et du Sex Garage en 1990 à Montréal, par exemple), les défilés annuels de la fierté, les actes individuels de courage pour se manifester et être fiers et fières : tous ont contribué au progrès. Il en va de même de l’amoralité du capitalisme : la prise de conscience par les entreprises qu’il y avait de l’argent à faire avec le « dollar rose » - la culture des consommat-eur-rice-s queer.


Les progrès en matière de droits civils des gai-e-s, illustré par la pleine légalisation du mariage gai au Canada en 2005, sont indéniables. Mais, comme le souligne la dernière partie de cette exposition, il y a encore beaucoup de travail à faire pour assurer les droits et l’acceptation de tou-te-s les membres de la communauté queer. Que la révolution continue ! 


Commissaires : Brian Lewis, Christopher Lyons et Michael David Miller