Paul-Etienne Rainville

B.A. Histoire, Université du Québec à Trois-Rivières

M.A. Études québécoises, Université du Québec à Trois-Rivières

Ph.D. Études québécoises, Université du Québec à Trois-Rivières

Stagiaire postdoctoral, Département d’histoire et d’études classiques, Université McGill

Stagiaire postdoctoral, Département d’histoire, Université de Toronto

 
Paul-Etienne a complété en 2018 une thèse de doctorat portant sur l’histoire des luttes en faveur des droits humains au Québec, des années d’après-guerre à la Révolution tranquille (1945-1960). Il travaille actuellement à transformer sa thèse en manuscrit, tout en supervisant la rédaction d’un ouvrage synthèse portant sur l’histoire des identités montréalaises, destiné au développement du Centre des mémoires montréalaises (MEM), une institution muséale qui ouvrira ses portes à l’automne 2021. Après avoir complété un postdoctorat au Département d’histoire de l’Université McGill (Groupe d’histoire de Montréal, 2019), il entame actuellement un stage postdoctorat à l’Université de Toronto (CRSH-FRQSC, 2020-2022), au cours duquel il étudiera les débats entourant l’adoption des premières lois antidiscrimination au Québec, au début des années 1960.
 
 

Projet de recherche : « Entre droit des peuples et droits de la personne : les premières lois antidiscrimination (1963-1964) et l’évolution des débats sur le racisme et les droits humains au Québec »


Les enjeux liés au racisme et aux droits humains revêtent un caractère particulièrement complexe dans une société comme le Québec, historiquement marquée par les débats sur la question nationale et sur la reconnaissance des droits linguistiques, culturels et constitutionnels des Canadiens français. Les récents débats sur la laïcité de l’État, l’accueil des réfugiés, les politiques d’immigration et la création d’une commission sur le racisme systémique ont mis en lumièreles profondes divisions au sujet de l’existence du racisme au Québec et la croyance populaire selon laquelle les droits des minorités seraient opposables, voire préjudiciables, aux droits collectifs des Québécois. Mon projet postdoctoral se penche sur cette question socialement vive, en analysant les divisions linguistiques, religieuses, culturelles et identitaires qui structurent les débats sur le racisme et les droits humains au Québec, dans le contexte des tensions nationalistes et constitutionnelles des premières années de la Révolution tranquille (1960-66). Je m’intéresse en particulier aux débats entourant l’adoption des deux premières lois interdisant les discriminations raciales et religieuses dans l’accès aux hôtels et restaurants (1963) et dans l’emploi (1964). Ignorées des historiens et absentes des récits sur la Révolution tranquille, ces lois offrent une fenêtre unique pour étudier l’impact du mouvement international des droits humains sur la société québécoise.

Ma problématique de recherches’articule autour de trois volets complémentaires. Le premier analyse les modes d’appropriation et de mobilisation du discours universaliste des droits humains dans le cadre des luttes antiracistes menées par les acteurs sociaux à l’échelle locale et internationale. Je m’intéresse en particulier aux trajectoires des membres des minorités ethniques/racisées et des militants nationalistes qui luttent contre les violations de droits dont ils se disent victimes. Le second volet porte sur l’influence locale du contexte mondial des années 1960, marqué par les débats sur la mise en œuvre du droit international des droits de l’homme, par les premières campagnes transnationales d’appui à des luttes antiracistes et par les mouvements d’émancipation des peuples du Sud global. Le troisième volet s’intéresse aux facteurs locaux propres au Québec qui influencent les débats sur les droits humains. Il s’agit en particulier d’étudier la manière dont les débats sur les droits des individus et des minorités s’articulent aux enjeux liés à la reconnaissance des droits culturels, linguistiques et constitutionnels des Canadiens français. À travers ces trois volets, mon projet proposera une interprétation nouvelle des interactions complexes, à la fois convergentes et conflictuelles, qui existent entre le mouvement des droits humains et les luttes nationalistes, antiracistes et anticoloniales qui secouent le Québec et le monde au début des années 1960.

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