Quelles sont les superbactéries les plus inquiétantes ?
L’Agence de santé publique du Canada (ASPC) a publié en septembre son deuxième rapport sur les « agents pathogènes prioritaires », c’est-à-dire les supermicrobes à surveiller.
« Les premières sur la liste de la nouvelle classification de l’ASPC sont les entérobactéries résistantes aux antibiotiques carbapénèmes, dit Makeda Semret, de l’Institut de recherche du CUSM. Ça nous fait toujours peur. S’il y a une infection sévère, on est vraiment mal pris. Et on prend des mesures pour que cette biorésistance ne se propage pas ailleurs dans l’hôpital. » Les entérobactéries se trouvent dans l’intestin, mais peuvent donner des infections urinaires, sanguines ou pulmonaires.
Quatre autres familles de bactéries sont dans le groupe prioritaire de l’ASPC. Candida auris est le seul champignon, mais il n’y a pas beaucoup de cas au Canada, selon la Dre Semret. Responsable de la candidose, une infection des muqueuses (dont fait partie le muguet des bébés), ce champignon est sur la liste parce qu’il est particulièrement dangereux pour les patients immunosupprimés.
Parmi les autres superbactéries, on trouve l’acinétobacter, souvent transmis par la peau et pouvant frapper plusieurs organes, la gonorrhée, une maladie transmise sexuellement, et Pseudomonas aeruginosa, responsable de 20 % des pneumonies.
Pourquoi ces superbactéries suscitent-elles l’inquiétude maintenant ?
Parce que chez les personnes âgées au Canada, elles font 60 % plus de morts qu’il y a 30 ans et que le bilan va doubler d’ici 2040, selon une étude américaine. Cette montée est attribuable à la résistance aux antibiotiques.
Les antibiotiques sont classés en différentes catégories selon leur efficacité. Les antibiotiques de première ligne, par exemple, ne fonctionnent pas contre certains microbes résistants aux antibiotiques. Les antibiotiques « à large spectre » sont réservés aux patients chez qui les autres antibiotiques sont inefficaces.
La Dre Semret note que les infections urinaires et les maux de gorge sont souvent traités par des antibiotiques à large spectre dans des pays pauvres, ce qui génère de la résistance à ces antibiotiques ici réservés aux cas graves d’antibiorésistance.
Des recherches sur des tests rapides permettant d’identifier l’antibiorésistance dès l’entrée à l’hôpital sont en cours, dit la Dre Semret.
Où risque-t-on le plus d’attraper des bactéries résistantes aux antibiotiques ?