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Summary: Report 7

Health Care Utilization and Child Care Practices among Chinese-Canadian Women in a Pediatric Practice

Alice Chan-Yip, MD, FRCPC
Laurence J. Kirmayer, MD, FRCPC

(See French version below)

Summary

One hundred Chinese women who brought their child for a health check-up at a community-based pediatric practice, were given structured interviews on their own general health and health care utilization, and on infant and child care experiences. The objectives of the survey included:

  1. to assess the pattern of health care utilization among mothers in a pediatric practice;
  2. to assess the quality of the following maternal-child health maintenance issues:
    1. pattern of utilization of perinatal services
    2. family attitudes and practices concerning childbirth and infant care
    3. discipline styles
    4. family recreation
    5. school preparation;

  3. to identify: (a) the prevalence of beliefs in yin-yang and hot-cold concepts of balance in the body and food as contributing to health and illness; and (b) the pattern of utilization of traditional Chinese medicine including acupuncture, herbal and alternative medicine, in relation to acculturation style;
  4. to pilot test a series of instruments for use in future community surveys in the Montreal Chinese community.

More than half of the women in this study were employed. In encounters with health professionals or social workers, respondents were evenly divided in thirds into those who used exclusively Cantonese or only English and those who used a combination. There was little use of French in the group. The retention of Chinese language and its substantial use at work and with health professionals points to the need for linguistic and ethnospecific services to meet the needs of this population.

The most common somatic symptoms reported were fatigue (18%), dizziness (13%), and excessive gas or bloating (12%). On a scale of psychological symptoms of distress, the most frequently endorsed symptoms were felt unhappy and depressed (34%), constantly under strain (30%), and couldn't overcome difficulties (20%). A factor analysis of somatic and psychological symptoms yielded a dimension of distress corresponding to neurasthenia with principal symptoms of weakness; sickly for most of one's life; not able to concentrate; and fatigue.

While 26 women had scores of 3 or more on the General Health Questionnaire (GHQ) indicating significant levels of distress, only 2 had talked to their family doctors about mental health issues in the past 12 months, and none had visited a social worker, psychiatrist, psychologist or any other type of professional for a problem with nerves, worries, emotional or mental health or a stress-related problem. When women with at least one symptom on the GHQ were asked why they had not gone for help most of the reasons reflected a tendency to minimize and deal with problems on one's own, perhaps because the problems were mild or self-limited for many. It is of note, however, that time constraints were a common reason for not seeking help.

Almost 1/3 of the women made use of some Traditional Chinese Medicine at home in the last year and almost 1/4 saw a Chinese medical practitioner. Other forms of alternative or complementary medicine were not used by the women in this study. Chinese medicine (principally herbs) was used at similar rates for children's health problems. About 1/4 of respondents had taken their children to see a traditional Chinese doctor. The most common reasons for consultation were colds and stomach problems. One third of mothers used over-the-counter Chinese medicines for similar purposes.

Of the 100 Chinese women surveyed in this study, 51 had attended a prenatal course. While 12% claimed they had worried about childbirth often, 44% had worried at least some of the time. The most common reason for both mothers and fathers to not participate in a prenatal course was time limitation. This suggests the need to develop reading materials and brief courses that are practical and accessible for couples with heavy work or family obligations.

In this sample of mothers, 19% recalled being sad and depressed for up to 2 weeks or more after childbirth and 14% experienced prolonged fatigue during the postpartum period.

A majority of women (73%) had intended during at least one of their pregnancies to breast feed. Despite these intentions, however, almost half (43%) did not breast feed any of their children. Prenatal classes (29%) and reading materials (19%) were cited most frequently as factors that influenced the decision to initiate breast feeding.

In summary, the results of this study indicate (1) the continuing need for ethnospecific services among this group of recent immigrants, and (2) the need for further development and promotion of perinatal education. Postnatal distress appears to be expressed primarily in terms of depressed mood and a neurasthenic syndrome that may go unrecognized and under-treated in both mental health and primary care sectors. Further research with a community sample may clarify the nature and impact of this distress and lead to better identification and treatment by physicians.

Résumé

Une centaine de chinoises ayant amené leur-s enfant-s pour un examen de routine à une clinique communautaire prodiguant des soins pédiatriques ont été interrogées au sujet de leur santé en général, de leur utilisation des soins de santé, ainsi qu'au sujet de leurs expériences avec les soins de leur-s bébé-s et/ou enfant-s. Les buts de l'enquête inclus:

  1. l'évaluation des patterns d'utilisation des soins de santé chez les mères dans le cadre d'une pratique pédiatrique;

  2. l'évaluation des problèmes suivants associés à la qualité des maintients de la santé des mères et des enfants:
    1. pattern d'utilisation des services en périnatalité
    2. attitudes et pratiques familiales en ce qui a trait à l'accouchement et aux soins infantiles
    3. styles de discipline
    4. passe-temps familiaux
    5. préparation scolaire;
  3. identifier: (a) la prévalence des croyances concernant les notions de yin-yang et de chaud-froid (hot-cold), dans le corps et la nourriture, comme facteurs contribuant à la santé et à la maladie; et (b) les patterns d'utilisa-tion de la médecine traditionnelle chinoise, incluant l'acupuncture, les herbes et la médecine alternative et ce, en relation avec le style d'accultu-ration;

  4. tester une série d'instruments destinés à être utilisés dans des enquêtes communautaire chez la communauté chinoise montréalaise.

Plus de la moitié des femmes de l'étude occupait un emploi. Au niveau des rencontres avec des professionnels de la santé ou travailleurs sociaux, le nombre de répondantes se divisait également en trois groupes: celles qui utili-saient exclusivement le chinois, l'anglais et une combinaison des deux. Le français n'était pas utilisé fréquemment dans le groupe de femmes. Le fait de maintenir la langue chinoise et son importante utilisation au travail et avec les professionels de la santé viennent confirmer le besoins de services linguis-tiques et ethnospécifiques afin de satisfaire les besoins de cette population.

Les symptômes somatiques les plus répandus sont fatigue (18%), étourdis-sements (13%) et gazs excessifs et ballonnement (12%). Sur une échelle de symptômes psychologiques de détresse, les symptômes endossés le plus souvent sont sentiment d'être malheureux et déprimé (34%), constamment tendu ou stressé (30%), et sentiment de ne pas pouvoir surmonter les diffi-cultés (20%). Une analyse factorielle des symptômes somatiques et psycholo-giques a identifié une dimension de détresse s'apparentant à la neurasthénie, avec comme symptômes principaux faiblesse, impression d'avoir presque toujours eu une mauvaise santé, incapacité de se concentrer et fatigue.

Bien que 26 femmes avaient des scores de 3 ou plus à l'échelle du General Health Questionnaire (GHQ) indiquant une taux de détresse élevé, seulement 2 avaient parlé à leur omnipraticien de leurs problèmes de santé mentale au cours des 12 derniers mois, et aucune avait visité un travailleur social, psy-chiatre, psychologue ou autres types de professionnels pour un problème mental, émotionel ou de stress. Quand on a demandé aux femmes ayant au moins un symptôme à l'échelle du GHQ pourquoi elles n'avaient pas consul-té, la majorité des réponses reflétaient une tendance à minimizer et à faire face aux problèmes seules, peut-être parce que les problèmes n'étaient pas graves ou se règleraient par eux-mêmes. Il faut noter toutefois, que les limites dans le temps était une raison fréquemment invoquées afin de justifier la non-utilisation des soins de santé dans ce cas.

Presqu'un tier des femmes on utilisé une forme ou une autre de médecine chinoise traditionnelle à la maison au cours de la dernière année et un quart ont vu un médecin chinois. D'autres formes de médecine alternative ou complémentaire n'ont pas été utilisées par les participantes de l'étude. Des médicaments chinois (principalement des herbes) ont été utilisés de façon similaire afin de contrer les problèmes de santé chez les enfants. Environ un quart des participantes ont amené leurs enfants chez un médecin chinois traditionnel. La consultation était le plus souvent motivée par des grippes et des problèmes d'estomac. Un tier des mères ont utilisé des médicaments chinois disponibles sans ordonnance pour soulager des problèmes similaires.

Parmi les 100 femmes chinoises interrogées dans cette étude, 51 ont assisté à des cours prénatals. Douze pour cent des femmes avouent s'être inquiétées souvent au sujet de l'accouchement, et 44% se sont inquiètées au moins quel-ques fois. La raison la plus populaire invoquée par les mères et les pères afin d'expliquer pourquoi ils n'avaient pas participé à des cours prénatals était le manque de temps. Ceci suggère le besoin de développer du matériel écrit et des cours abrégés, pratiques et accessibles aux couples ayant d'importantes obligations au niveau du travail et de la famille. Dans cet échantillon de jeunes mères, 19% se souviennent avoir été déprimées ou dépressives jusqu'à 2 semaines ou plus suite à la naissance de leur enfant ou de l'un de leurs enfants et 14% ont expérimenté de la fatigue durant la période post-natale.

Une majorité de femmes (73%) ont envisagé d'allaiter au moins une fois au cours de leurs grossesses. Malgré ces intentions, toutefois, presque la moitié (43%) n'ont pas allaité aucun de leurs enfants. Les cours prénatals (29%) et le matériel de lecture (19%) sont les facteurs qui ont influencé le plus la décision d'initier l'allaitement.

En résumé, les résultats de cette étude indiquent (1) le besoin soutenu de ser-vices ethnospécifiques parmi ce groupe d'immigrants récents et (2) le besoin de développer et de promouvoir davantage l'éducation périnatale. La détresse post-natale semble s'exprimer principalement en terme d'humeur dépressive et d'un syndrome neurasthénique pouvant passer inaperçus et sous-traités, à la fois dans les secteurs de la santé mentale et des soins de premières lignes. Des recherches accrues à l'aide d'un échantillon cummunautaire pourront peut-être clarifier la nature et l'impact de cette détresse et aider les médecins à mieux identifier et traiter celle-ci.